Alerte !

 Les sociétés de lecteurs se mobilisent pour être partie prenante des états généraux de la presse. Très bien … il était temps !Mais ce combat, certes nécessaire et honorable, n’est il pas un combat hémiplégique ?

 

Les sociétés de lecteurs se mobilisent pour être partie prenante des états généraux de la presse. Très bien … il était temps !

Mais ce combat, certes nécessaire et honorable, n’est il pas un combat hémiplégique ?

 

Nicolas est habile. Voilà l’image d’un homme d’action présent sur tous les fronts.

Nous, français, serions, embourbés dans nos habitudes du passé. Lui nous parle de changement, de rupture, d’adaptation au monde de demain.

La crise est là. Lui, qui ne l’avait pas vu venir, compte bien embrayer pour accélérer les réformes qui, d’après lui, sont plus nécessaires que jamais.

 

Nous, citoyens, sommes plus modestes … nous demandons simplement à être librement informés. Lui, nous entend, et prépare ses réformes aux petits oignons pour nous rassurer.

 

Il nous segmente les dossiers en rondelles … ni vu ni connu je t’embrouille

 

Il y aurait d’un côté la télévision. Pour faire face à la crise qui s’annonce avec une perte des recettes publicitaires, il assure les revenus des chaînes privées, au moins momentanément et l’avenir économique de son cercle d’amitiés. Suppression de la publicité sur les chaînes publiques qui seront financées à partir d’autres sources. (incertaines !) N’hésitant devant aucun sacrifice, lui le champion de la baisse des impôts, instaure de nouvelles taxes. Le raisonnement tient la route et laisse ses adversaires, qui voient bien la magouille, pantois.

 

Au passage il en profite pour revenir à la télévision de grand papa.

Dorénavant il nommera lui-même le président de France télévision avec un cahier d’objectifs qui vaudra sanction s’il n’est pas rempli. Le bon vouloir du prince qui nomme et renvoi le cas échéant. On aurait pu imaginer qu’un homme, épris comme lui de liberté, modifie le mode d’élection du CSA pour le rendre plus indépendant. Ca, cela aurait été la vraie rupture comme celle appelée de ses vœux.

 

Au passage qu’est ce qu’on apprend déjà de la bouche de Thierry Saussez, son conseiller en communication : qu’il est envisagé de créer des émissions destinées à l’information gouvernementale sur les futures chaînes publiques. Sans doute pour occuper, à moindre coût, les espaces laissés libres par la suppression de la publicité. Comme la communication gouvernementale occupe déjà les journaux et différentes émissions par l’omniprésence de notre président quand ce n’est pas celle de ses ministres, on peut être certains que notre temps de cerveau disponible sera bien occupé. Nous voici revenu non plus à la com mais à la propagande de la pire espèce. Bonjour l’homme moderne !

 

Je n’entends pour l’instant aucun hurlement à l’annonce de cette monstruosité.

 

Et puis de l’autre côté il y aurait la presse. Dans son esprit, il s’agit d’un autre débat. Du moins essaye t –il de nous le faire croire. La presse et ses problèmes économiques. D’où la nécessité de consulter les propriétaires de journaux et les équipes de direction car enfin ce sont bien eux qui sont confrontés à ces problèmes de survie. Toujours en gros le même cercle d’amitiés. Les journalistes, les lecteurs ils n’ont qu’à bien se tenir car il faut bien que la presse survive s’ils veulent avoir un travail ou être informés.

Je l’entends déjà dire : « est-il normal que les journaux ne puissent assurer leur avenir économique ? Moi je m’en préoccupe. Ainsi je pense aux journalistes qui souhaitent conserver un travail en ces temps difficiles et vous lecteurs qui avez envie d’acheter des journaux, j’assure votre liberté»

 

Et la démocratie … l’indépendance des rédactions, la liberté de l’information dans tout cela.

A l’époque où la télévision était « la voix de la France », la presse écrite était riche et diversifiée : Le Figaro, la Monde, France Soir, Le Parisien libéré, Combat, L’aurore, l’Humanité et j’en passe. La presse magazine se développait et gagnait en succès. La presse de province était multiple … les lecteurs plus nombreux qu’aujourd’hui. Non la situation n’a rien de comparable.

 

Que les sociétés de lecteurs se mobilisent … voici un premier pas de franchi et l’on ne peut que s’en féliciter.

 

Mais allons plus loin. Ne tombons pas dans le piège du tout économique. Les dossiers doivent être réunis :information audiovisuelle, presse écrite, web. Exigeons que la question soit traitée dans sa globalité. Que tous les acteurs concernés entrent dans le débat.

Il en va de la survie de notre démocratie.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.