Deux poids, deux mesures

Le poids de l’information en ligne va monter en puissance. Ne continuons pas à trouver normal que les sites professionnels d’information ne bénéficient pas d’une égalité de traitement.

Le poids de l’information en ligne va monter en puissance. Ne continuons pas à trouver normal que les sites professionnels d’information ne bénéficient pas d’une égalité de traitement.

Le site arrêt sur Images relate que les participants de la commission Web des états généraux ont eu la surprise d’apprendre, incidemment, que des aides publiques auraient été attribuées aux sites d’information en ligne issus des grands titres de la presse papier (Le Monde, Libération, le Figaro). Combien, par qui ? L’attribution des aides publiques à la presse étant faite dans la plus grande opacité, laissons à d’autres le soin d’éclaircir ce mystère pour répondre à notre besoin de transparence.

Les sites professionnels d’information indépendants tels que Médiapart, Rue89, Backchich, Arrêt sur Images en ont été exclus. Et ceci doit nous interpeller.

 

A l’évidence et très rapidement l’information va monter en puissance sur le net au détriment des journaux traditionnels papier.

 

Les sites issus des grands titres bénéficient déjà de multiples avantages : notoriété du titre, une TVA de 2,1 ou 2,5 % (19,6% pour les autres) et si l’on comprend bien des aides publiques opaques en prime.

 

Et pourtant ces titres appartiennent à de grands groupes puissants (Dassault, Rothschild, Lagardère etc…) qui ne manquent pas d’argent et dont la philosophie politique officielle est : « moins d’état ». Tel est leur credo et l’anomalie de la situation.

 

Avec la montée en puissance de l’info sur le net, de jeunes et nouveaux titres vont arriver (il y en a déjà, les abonnés de Médiapart sont bien placés pour le savoir) Créés et animés par des journalistes leurs moyens sont plus limités. Et pourtant , ces nouveaux titres sont déjà créateurs d’emplois.
Que nous dit-on à longueur d’année : il faut favoriser l’initiative, la création d’entreprises, pas assez de PME en France. Si tout cela a un sens, alors, il faut que nos gouvernants accordent leurs déclarations et leurs actes.

 

La constitution de grands groupes puissants, que notre président appelle de ses vœux, ne doit pas contrecarrer l’esprit d’initiative, l’émergence de nouveaux titres, de nouveaux talents.

 

Des règles sont sans doute à définir. On peut suggérer : tout site d’information en ligne, employant au moins 20 personnes, dont les dirigeants ont la carte de journalistes, dont les effectifs comportent au moins 70% de journalistes encartés doivent pouvoir bénéficier d’une TVA identique à celle des autres organes de presse et bien entendu : bénéficier des aides publiques leur permettant de se moderniser et donc de se développer. Conditions à débattre par les professionnels !

 

 

On peut légitimement considérer que les blogs aussi talentueux soient-ils n’entrent pas dans la même catégorie. Ils sont souvent animés par des individualités qui tirent leur revenus d’autres activités et n’emploient pas de salariés journalistes.

 

Est-ce une revendication monstrueuse, aberrante, injustifiée ? Si oui que l’on viennent nous l’expliquer mais il faudra y mettre plus que du talent pour nous convaincre.

 

C’est bien la profession de journalistes qui est en jeu, la création d’emplois, la modernisation de la France avec une pluralité enrichissante de titres Il ne s’agit pas d’une revendication abusive. C'est d’équité dont il est ici question.

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