La fin de l’Europe ou l’Europe sans fin ?

 

 

On chuchote ici et là que beaucoup de Français nourrissent des sentiments défaitistes vis-à-vis de l’Union européenne, que la gloire de l’Europe est révolue, que l’empire américain dirige déjà le monde avant de passer la main aux Chinois ou aux Indiens.

 

Tout ceci s'appuie sur une conception dépassée de la notion de pouvoir.

 

On observait autrefois deux types de pouvoir : Le pouvoir coercitif, ou pouvoir de dissuasion, qui mettait en jeu les moyens militaires d’une nation, et le pouvoir attractif qui se mettait en place lorsque, face à un État devenu trop puissant, ses voisins se coalisaient pour faire contrepoids.

 

L’Union européenne propose une troisième voie, qui pourrait s'intituler « pouvoir du ralliement ».

 

Cette voie alternative consiste à donner à ces voisins des raisons de changer durablement pour ne plus avoir à aborder des solutions potentiellement violentes. La démocratie, les Droits de l’Homme, la primauté du droit international, la plus grande économie du monde, des institutions reconnaissant la souveraineté des petits pays à l'égal de celle des grands, la stabilité et la paix ont joué ce rôle, permettant aux nouveaux membres de cesser d’investir dans l’armement pour se concentrer sur le bien-être de leurs citoyens.

 

Le pouvoir du ralliement est provoqué par les États situés aux frontières extérieures de l’Union européenne et qui, ne souhaitant pas être environnés par le chaos, provoquent l’entrée dans l’Union de leurs voisins. De même que les Allemands ont voulu l’intégration de la Pologne, les Polonais voudront à leur tour l’intégration de l'Ukraine et de la Biélorussie.

 

Ce pouvoir du ralliement autour des valeurs communes de l’Union fera de l’Europe un centre de réflexions et d’innovations pour pacifier les humains, instaurer le dialogue et civiliser notre Terre Patrie.

C’est ainsi que l’Europe deviendra durablement la zone la plus influente du monde.

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