L’Europe et les États-Unis face à la démocratie

Promouvoir un ordre mondial démocratique répond aux intérêts et à la vocation à la fois de l’Europe et des États-Unis. L’approche proposée par les États-Unis et l’Union européenne pour essaimer le modèle démocratique de notre société reste cependant très différente. Les États-Unis développent une vue dogmatique et hégémonique de la démocratie. Cette approche présuppose la certitude de la connaissance du bien. Or, le ressort le plus constant du passage de l’incompréhension au conflit est la certitude. Cette vision est porteuse d’arrogance et conduit l’Amérique à affirmer la primauté du droit national sur le droit international et, de ce fait, à nier la pluralité de la condition humaine. Depuis la fin des grandes guerres du XX siècle, l’Europe propose, non pas de supprimer les conflits, mais, au contraire, d’inventer les procédures qui permettent leur expression dans le registre de la parole que l’on appelle la négociation. Cette reconnaissance de l’autre à conduit l’Union européenne à appréhender la démocratie comme une expérience à laquelle elle associe le dialogue, c’est-à-dire la part de l’incertitude, de la difficulté et de l’évolution qui mène au compromis. Son approche, plus modeste et paisible, permet l’instauration d’un comportement égalitaire entre les nations. Les Institutions mises en place dans ce nouveau cadre accordent toujours la primauté du droit international sur le droit national.

 

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