Une Europe érotique et charmeuse

L’érotisme se manifeste comme visible/invisible, dans l’ambiguïté, l’évanescence. En ce sens, l’Europe est érotique : Elle se révèle à nous, mais garde son énigme, elle se dissout dès qu’on veut la penser de façon claire et distincte, elle se morcelle dès qu’on veut reconnaître son unité, elle est un concept géographique sans frontières et une notion historique aux limites changeantes, elle vous signifie en permanence qu’on ne doit ni la posséder ni l’enfermer. L’Europe est charmeuse car elle prend la forme du regard que lui porte chacun de ses peuples : le regard des français est porté par l’orgueil du nationalisme culturel et intellectuelle, celui des Anglais par l’empirisme, celui des Allemands par le sens du devoir, celui des slaves par le mysticisme, celui des italiens par la subtilité rhétorique, celui des Espagnols par les sombres passions. Faut-il pour autant abandonner l’idée d’une Europe unie et réfuter le concept d’une identité européenne ?Répondre oui reviendrait à abandonner la notion d’une Europe puissante car la puissance ne naît pas de l’accumulation des richesses ni des moyens de destruction mais uniquement de l’accord entre les hommes. Or, l’empire des bureaux, des ordinateurs et de la technocratie de l’Union ne remplira pas la fonction de lien entre les différents peuples européens.Pour donner un sens profond à sa construction, l’Europe ne doit-elle pas se tourner résolument vers se qu’elle a inventé de mieux : un modèle philosophique de réconciliation, d’action concerté et de reconnaissance de l’autre qui a abouti, pacifiquement, et pour première fois dans l’histoire de l’humanité, au plus grand empire du monde ?Cet héritage ne représente-t-il pas une immense réalisation historique dont les ressources inépuisables sont à la disposition de l’humanité ?Pour l’Europe, ce patrimoine philosophique ne pourrait-il pas fournir les valeurs où l’unité pourrait se combiner à la diversité ? Signer la pétition "Cinq jours pour l'Europe"

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