FMDS: faut-il naviguer ou bien dialoguer ?

Le forum est le vénérable nom latin de l’espace public ouvert à la discussion, qu’elle soit politique ou commerciale : de ce neutre dérive le joyeux terme féminin de foire. Or, pour la seconde fois, le Forum Mondial de la Démocratie transforme Strasbourg, malgré le froid et simultanément, d’une part en une vaste agora d’accès libre, d’autre part en un studieux laboratoire pour ceux qui s’y seront inscrits à partir de tous les continents.

Le forum est le vénérable nom latin de l’espace public ouvert à la discussion, qu’elle soit politique ou commerciale : de ce neutre dérive le joyeux terme féminin de foireOr, pour la seconde fois, le Forum Mondial de la Démocratie transforme Strasbourg, malgré le froid et simultanément, d’une part en une vaste agora d’accès libre, d’autre part en un studieux laboratoire pour ceux qui s’y seront inscrits à partir de tous les continents. D’ailleurs, l’In et l’Off qui se complètent chaque été pour que le festival d’Avignon permette un digne partage du théâtre se reflètent paradoxalement dans l’arrière-saison de la capitale alsacienne, à la lumière du thème qui, choisi pour cette session, consonne également avec l’actuel Forum d’Avignon axé sur l'articulation de la cohésion sociale et du numérique : « Retisser la démocratie : connecter les institutions avec les citoyens à l’ère du numérique ».

De fait, face à l’offre que proposent conjointement la municipalité de Strasbourg et le Conseil de l’Europe, on ne peut que naviguer entre les salles et les places de la ville, entre les diverses langues et les supports variés, comme entre de véritables rencontres et des étals débordants. Sans doute est-ce logique s’il s’agit de réfléchir à l’impact et aux atouts du numérique sur les internautes, en matière notamment politique. Mais les claviers et les écrans ne sont que des "leviers" pour vivre, assumer et promouvoir la citoyenneté, par la concertation.

C’est en réalité, sinon un concert, du moins une harmonie qui relie d’abord les participants dans le temps et dans l’espace. Cette seconde édition consolide les contacts comme les dispositifs établis lors de la première ; l’initiative hospitalière, voire artistique, ajoute son irremplaçable touche d’humanité : mieux qu’un forum et qu’une foire, Strasbourg devient un espace de pensée et d’écoute, d’attention et de création.

C’est ainsi que l’humble phare d’un violon montre dans la nuit le chemin jusqu’à la salle du Bon Pasteur, en bordure d’Orangerie et tout près du Quartier européen. Pour répondre à la question sèche « Davantage de démocratie locale grâce au numérique ? », Jacques Schmitt président d’UNIR L’EUROPE, Aldo Xhani représentant l’ALDA (Association des Agences de la Démocratie Locale qui a son siège à Strasbourg également) et Claude Gassmann président de l’AREs(planade) se sont entretenus avec Olivier Terrien chargé de plusieurs dossiers au Conseil de l’Europe. Les trois intervenants ont souligné l'évolution parallèle des fonctionnements associatifs et des équipements technologiques. Les innovations numériques et les réalisations de l’ALDA pour soutenir la démocratie locale, plus précisément "la pluralité des projets dans les Balkans visant l’insertion des jeunes en zone rurale défavorisée", ont prouvé la possibilité et l’avantage de l’éducation à la responsabilité, confirmant les intuitions d’UNIR L’EUROPE : si actuellement "les citoyens européens grandissent en citoyenneté", malheureusement "leur distance se creuse avec l’Europe" ; ils ont d’autant plus besoin d’être connectés, à partir de "Strasbourg qui représente depuis longtemps l'appel à l'expression démocratique européenne" et par-delà le "dialogue à travers l’écran de Scape" : surtout par une démarche concrète, par un approfondissement du "bien commun", enfin par la tension vers "une vision commune".

Arrêtons-nous un instant sur le kaléidoscope des âges, des origines et des langues, sur le jeu des techniques de communication les plus perfectionnées, qui ces jours-ci transforment en ruche le Conseil de l’Europe. Il s’agit bien de naviguer sans oublier de dialoguer et de dialoguer sans oublier de naviguer, entre les institutions et le tissu local, entre les capitales comme sur la Toile que tendent les continents, en vue d’une citoyenneté dynamique et solidaire.

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.