La puissance des symboles

Seuls les francs-maçons comprennent encore la force des symboles. Pourtant, des foules peuvent se soulever si on touche à un symbole qu'elles ressentent comme profond.

Pain et sel © Photographie Galitskaya Pain et sel © Photographie Galitskaya

En été 1967, le président tchécoslovaque Antonin Novotny a participé à une célébration au musée historique slovaque Matica slovenská. Il a été accueilli par un jeune couple en costumes traditionnels qui lui a offert sur un plateau du pain et du sel.

Novotny, connu pour être particulièrement inculte, a repoussé ce symbole. Son geste a provoqué un énorme scandale qui a culminé en novembre lors du Congrès des écrivains tchèques et slovaques. Deux mois plus tard Novotny a démissionné du poste du Premier secrétaire du PC, puis en mars il a dû renoncer à la présidence de la république.

Sur le moment, ce geste de Novotny m'a paru anecdotique. Il se peut qu'il ait été oublié par tout le monde, même par les historiens. Pourtant il me semble avoir été la goutte qui a fait déborder le vase du ral-le-bol du régime stalinien. Alexander Dubcek a remplacé Novotny et a accepté l'éclosion du Printemps de Prague.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.