Nous avons besoin de vous, maintenant !
Nous sommes des jeunes mineurs isolés dont une partie est déjà à la rue et une autre se retrouvera à la rue le 28 avril si aucune solution n’est trouvée d’ici là. Depuis cet hiver, des paroisses de la métropole de Lille accueillent une quarantaine d’entre nous bénévolement la nuit pour qu’on ne dorme pas dans le froid. Cet accueil va s’arrêter le 28 avril.
On se sent pas bien car le 28 avril, on ne sait pas où on va aller, on ne sait pas où on va dormir. Ca va être compliqué pour nous tous. Le fait de penser qu’on va se retrouver dans une tente nous fait très très peur. On n’arrive pas à dormir en pensant à tout ça. Ca va nous détruire le moral. Il y a certaines personnes parmi nous qui ne peuvent pas tenir cette souffrance.
Il y a parmi nous des jeunes qui ont dormi dehors au cours de notre route. On a vécu des choses horribles et inexplicables. Le fait de dormir dehors nous rappelle des mauvais souvenirs. On a été traumatisé de nos voyages. Quand on sait qu’on va dormir dehors, les agressions qu’on a subies nous reviennent. On a peur. Pour nous quand on est arrivés sur le territoire français, on pensait qu’on allait être protégés. On pensait que la France était le pays des droits de l’Homme. Et ça n’existe même pas. Liberté, Egalité, Fraternité on n’a pas vu ça. Ce à quoi on s’attendait, c’est pas ça qu’on a vu. On ne pensait pas qu’en France, des gens dormaient dehors. Et encore moins des mineurs.
Faire des kilomètres pour aller se doucher, pour aller manger et se retourner dans la tente : on est dans une vie qu’on ne pensait pas possible en France. Avoir des mineurs qui dorment dehors, ça ne donne pas une bonne image à la France.
Jusqu’à présent on va à l’Ecole Sans Frontières chaque jour le matin. Comment va-t-on faire pour aller à l’école si on a dormi dehors la nuit ?
On a un avenir devant nous, on aimerait contribuer au développement de la société. Comment on va faire ça si on dort dehors ?
Il y a aussi des jeunes parmi nous qui sont malades. Certains ont perdu la tête. Comment vont-ils faire pour dormir dehors sans que leur santé se dégrade ?
Ce qu’on veut : c’est un hébergement pour nous tous et aller à l’école. On veut juste ça. C’est tout.
On espère que les autorités et les institutions vont prendre leurs responsabilités et de meilleures résolutions par rapport à la situation.
Tous les soutiens, rejoignez-nous pour nos prochaines actions :
Mardi 22 avril à 18h : Réunion Publique à la Bourse du Travail à Fives Lille.
Jeudi 24 avril à 17H: Rassemblement devant la MEL
Et continuez d’interpeller vos élus !
@mna_des_bois_blancs
deleguesmnalille@gmail.com
Le collectif regroupe les MNA en recours de la métropole de Lille afin de lutter collectivement, de construire un espace de solidarité entre nous. Nos revendications sont simples : nous demandons un hébergement, une scolarité et la réduction de la durée du recours.