Le vœu de la majorité municipale du 12ème arrondissement de Paris

Il est d'ores et déjà acquis que l'Appel du 2-Décembre pour Baudin aura des suites.

Il est d'ores et déjà acquis que l'Appel du 2-Décembre pour Baudin aura des suites. Parmi les premiers signataires figurent en effet de très nombreux historiens, mais aussi la majorité des élus du 12ème arrondissement de Paris, celui-là même où a été assassiné Alphonse Baudin. Les deux députés (PS) de la circonscription, Sandrine Mazetier et Patrick Bloche, ont ainsi apporté leur appui à l'appel. Mais c'est aussi le cas des élus de la majorité du conseil du 12ème arrondissement, dont la maire (PS) Michèle Blumenthal, par ailleurs conseillère de Paris ; d'Alexis Corbière (conseiller de Paris PG, premier adjoint du 12e arrondissement ; de Fabrice Moulin (maire-adjoint PRG du 12ème arrondissement), de François Pellegri (Maire adjoint du 12ème arrondissement, chargé de l'urbanisme), de Catherine Baratti-Elbaz, adjointe en charge de la voirie ou encore de Vanessa Thomas (Maire adjointe du 12ème, en cahrge du logement).

Les élus de la majorité municipale du 12ème arrondissement ont même décidé dès à présent de soumettre un « vœu pour la reconstruction de la statue d'Alphonse Baudin » au conseil d'arrondissement qui doit se tenir le 5 décembre prochain. Ce « vœu» est évoqué sur plusieurs blogs d'élus du 12ème arrondissement, dont celui de Fabrice Moulin. Si ce « vœu » est adopté, il devrait ensuite être soumis une semaine plus tard, le lundi 12 décembre, au Conseil de Paris.

Voici ce vœu :

« Vœu de la majorité municipale du 12ème arrondissement de Paris pour la reconstruction de la statue d'Alphonse Baudin - Conseil d'arrondissement du 5 décembre 2011.

Voilà exactement 160 ans, le 3 décembre 1851, le député Alphonse Baudin mourut sur une barricade érigée rue du Faubourg-Saint-Antoine à Paris, alors qu'il manifestait contre le coup d'Etat perpétré la veille par Louis Napoléon Bonaparte. Lui qui voulait montrer au peuple de Paris comment on "meurt pour 25 francs", il tomba, fauché par une balle tirée par la troupe envoyée par celui que Victor Hugo allait bientôt affubler du sobriquet de Napoléon le Petit.

Ce drame fait partie de la légende française. Symbole de la République assassinée, le député Alphonse Baudin a longtemps été, bien après sa mort, honoré par tous les républicains. Et la construction d'une statue en sa mémoire a pendant des années été un point de ralliement des républicains. Cela a été le combat du journaliste Charles Delescluze, qui, dans son journal Le Réveil, avait lancé une première souscription, pour ériger cette statue ; cela a été le combat du tout jeune avocat Léon Gambetta qui avait assuré la défense du journaliste.

Si les cendres d'Alphonse Baudin furent transférées au Panthéon en 1889 et si sa statue fut finalement érigée en 1901, sur les lieux mêmes de son assassinat, celle-ci fut détruite par le gouvernement de Vichy en 1941, sur pression de l'occupant nazi, et à la différence de beaucoup d'autres, elle n'a ensuite jamais été reconstruite.

Alors que la démocratie est confrontée à une crise qui la voit mise à mal par les marchés financiers et menacée par la montée des extrêmes, Alphonse Baudin, le médecin des pauvres de Nantua, le député courageux qui brava le coup d'Etat, est le symbole d'une République authentiquement démocratique et sociale, résolument généreuse et fraternelle.

C'est pourquoi, sur proposition des élus de la majorité municipale, le Conseil d'arrondissement demande au Maire de Paris d'étudier les conditions d'une reconstruction de la statue d'Alphonse Baudin à proximité du lieu de son assassinat. »

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