Gazette de la Modération #5: le monde d’après?

Première gazette du monde d’après. Racisme, violences policières, conflit d’intérêts au plus haut niveau de l’État… Le nouveau monde ressemble à s’y méprendre à la France pré-Covid.

Après un opus confiné sur vos témoignages covid, la gazette de la modération revient pour une sélection des commentaires postés pendant le mois de juin. L’objectif : mettre en valeurs les contributions des lectrices et lecteurs sur les sujets qui ont occupé l’actualité.

Un bref aperçu des chiffres de ce mois de juin : 49 509 commentaires ont été publiés (33 141 côté Journal /16 368 côté Club), 445 dépubliés par la rédaction ( 361 côté Journal / 84 côté Club).

L'équipe Modération s'enrichit d'un nouveau membre : Tarik Safraoui, qui nous a rejoint le 1er juillet. Bienvenue :)

Black lives matter

Le meurtre de George Floyd le 25 mai dernier a agi comme un véritable électrochoc aux États-Unis et dans le reste du monde. Une violence loin d’être nouvelle,
mais une violence de trop qui, au lieu de générer uniquement une vague de réactions émotionnelles souvent synonyme de torpeur et d'inaction, a aussi donné lieu à des prises d’actions salutaires.

Après le meurtre de George Floyd, la semaine où tout a basculé aux Etats-Unis 202 comms 
Dans les commentaires on devise sur la responsabilité politique : Trump qui attise la haine ou Obama qui n’a pas fait assez pour lutter contre le racisme pendant son mandat. 


Nadia Yala Kisukidi: «Les vies noires comptent moins dans notre pays» 173 comms 
Le racisme nous étouffe 529 comms

Tout le monde s’accorde pour juger le racisme aux Etats-Unis inacceptable. Certains s’empressent d’ajouter que nous ne connaissons rien de comparable en France. D’autres au contraire font un parallèle avec nos violences policières. 


 © Guicham © Guicham

 

«La notion de “privilège blanc” permet d’enlever les œillères» 350 comms 
Gabas partage son expérience de témoin de contrôle au faciès.

Pour les misanthropes, c'est plus simple :

Le choix des mots est largement débattu dans les commentaires. L’expression “privilège blanc” le mot “racisé” sont mal perçus par plusieurs abonnés, qui y voient une façon de distinguer les gens par race. Une mise au point s’impose pour des débats plus sereins.
Voici une définition du mot "racisé" proposée par Mélusine"Le mot «racisé» permet de nommer ce groupe social fondé non pas sur une couleur de peau ou une supposée appartenance ethnique, mais sur le partage de l’expérience sociale qu’est le racisme. Est racisé.e celle ou celui susceptible d’être assigné.e à une catégorie raciale, c’est-à-dire perçu.e comme appartenant à un groupe altérisé, distinct du groupe majoritaire ; comme un groupe homogène partageant des pratiques, des manières d’être, de vivre et de penser. [...] Le qualificatif ne désigne donc pas une qualité de l’être, mais une propriété sociale. Non pas une identité, mais une position dans la société, résultant d’un processus collectif : la racisation."

En 1988 Peggy McIntosh définit le privilège blanc comme l’ensemble des situations qui favorisent les Blancs (qu’ils en soient conscients ou non), à l'aide de 46 exemples observés dans sa vie quotidienne : "Je peux allumer la télé (…) et voir des gens de ma race largement représentée" (exemple 5) ; “Si un policier me contrôle ... je suis sûre qu’il ne m’a pas choisi à cause de ma race.” (exemple 19) ; ou encore "Je peux être sûre qu'en cas de besoin d'assistance médicale ou juridique, ma race ne jouera pas en ma défaveur" (exemple 24)...
Je vous propose un test pour mesurer votre niveau de privilège dans la vie sociale grâce à ce test de la RTBF.

Déboulonner or not déboulonner

A travers le mouvement de “déboulonnage” de statues de personnages qui ont contribué à l’esclavage, nos abonnés s’interrogent sur la pertinence d’une telle démarche en France.

Gallieni, Bugeaud, Faidherbe… les héros sanguinaires de la discorde 340 comms 
Arjuna questionne jusqu’où mener cette opération de prise de conscience, l’Histoire étant constellée de violence :

CHDEG propose d’apposer une plaque pour recontextualiser ces statues et Groucho Vert juge préférable de les déplacer dans un musée dédié.

 

Du racisme d’État au racisme dans la police 

Les abonnés ne sont pas forcement surpris par les propos racistes tenus par des policiers sur Whatsapp ou dans leurs enquêtes, mais ils réclament des actions concrètes, dans les recrutements et formations.

«Bougnoules», «nègres», «fils de pute de juifs»: quand des policiers racistes se lâchent 354 comms 
Des policiers utilisent le terme «négroïde» dans leurs enquêtes 350 comms
Le Défenseur des droits dénonce la discrimination systémique pratiquée par la police 140 comms 

«Il n’y a pas de race dans la police»: le message de Didier Lallement à ses troupes 246 comms
La défense d'Isabelle Gorce laisse perplexe Lancetre :


 De paroles racistes à violences policières...

...il n’y a qu’un pas, qui se franchit très vite. Un effet miroir avec la mort de George Floyd aux États-Unis interroge sur les déviances violentes de la police française.  

Violences policières: le silence bavard d’Emmanuel Macron 274 comms
IGPN: plongée dans la fabrique de l’impunité 161 comms 
«J’étouffe», répété sept fois: les derniers mots de Cédric Chouviat  431 comms  

Face au déni des institutions, certains abonnés font de l'ironie :


Héros d'un jour

Sans surprise les soignants jadis héros de la nation ont retrouvé les conditions de travail déplorables de la France d'avant. Dans les fils de commentaires les débats se focalisent sur les cailloux lancés par l'infirmière Farida C. au détriment des revendications des personnels de santé.

Pour l’hôpital, des dizaines de milliers de manifestants et des violences 488 comms
«À l’air libre»: Farida C., l’infirmière violemment interpellée à Paris, se livre 356 comms
Farida, mon amie, ma sœur par Zazaz 178 comms - 99 recos

Laconi pointe les différences de moyens et notamment d'équipements entre soignant et policier :

Lilitha offre un soutien poétique à Farida :


Nous sommes en kohler (pardon)

Cette affaire de conflits d’intérêts au plus haut niveau de l’état jette le trouble sur l’indépendance de l’institution judiciaire face au président de la république. Des abonnés relèvent que la complexité du dossier nuit à son retentissement dans les médias. D’autres remercient Martine Orange pour sa pugnacité. 

Affaire Kohler: l’ardoise de MSC s’élève à 2,6 milliards d’euros pour l’Etat 237 comms
Affaire Kohler: «Cette expérience macroniste est assez funeste pour notre démocratie» 147 comms
Affaire Kohler: le rôle du n°2 de l’Elysée dévoilé par des courriels de Bercy 214 comms
L’enquête Kohler a été classée après une lettre d’Emmanuel Macron 436 comms


Allez en prison, ne passez pas par la case départ, ne touchez pas 20 000 francs

On ne va pas se mentir, il n'y a pas grand monde pour pleurer sur le sort de F.Fillon ou du clan Balladur, condamnés à de la prison ferme. Par contre ces fils de commentaires offrent un agréable panel de jeux de mots et de traits d'humour. 

Affaire Karachi: le tribunal condamne le clan Balladur à de la prison ferme 149 comms
François Fillon condamné à deux ans de prison ferme 168 comms

 © Webor © Webor
nimportequoi nimportequoi

Petits arrangements entre amis

Ils sont des sujets récurrents d'enquête et leur manque de probité est source de colère et de moquerie pour nos abonnés. Sélection des commentaires humoristiques sur nos tartuffes habituels :

Le secrétaire d’Etat Jean-Baptiste Djebbari rattrapé par son passé au Luxembourg 281 comms
Les réseaux politiques de Benalla lui ouvrent le marché de la reconnaissance faciale 178 comms

Abel64 nous propose une typologie des créatures politiques de saison :



Mondial 2022 au Qatar: les intérêts personnels de Sarkozy au cœur de l’enquête 177 comms
Affaire Platini: des écoutes et un rendez-vous impliquent Emmanuel Macron 285 comms

 

Parquet national financier: le dossier noir de la procureure Houlette 302 comms

Le(s) mot(s) de la fin

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