L'horreur, encore l'horreur ....

Bruxelles dans l'horreur de la folie meurtrière. Bruxelles après Paris, après la Tunisie, la Turquie, l'Egypte, après toutes les villes africaines que nos mémoires défaillantes ne retiennent pas, après New York. La douleur est la même partout. Bruxelles c'est chez nous. Eux c'est nous, humains abasourdis et en rage devant le monstrueux, l'inconcevable.

 

L'horreur, l'horreur encore ! L'horreur et la terreur ! Horreur au-delà des mots.

Bruxelles dans l'horreur de la folie meurtrière. Bruxelles après Paris, après la Tunisie, la Turquie, l'Egypte, après toutes les villes africaines que nos mémoires défaillantes ne retiennent pas, après New York. La douleur est la même partout. Bruxelles c'est chez nous. Eux c'est nous, humains abasourdis et en rage devant le monstrueux, l'inconcevable.

Combien de chairs meurtries, déchiquetées ? Combien de larmes ? Combien de déchirures intimes, visibles et invisibles faut-il, encore et encore, payer à la folie du monde ?

Le malheur a frappé ces pauvres gens, ces tués, ces blessés, ceux qui, sans blessure apparente étaient là au moment de l'horreur, mauvais endroit, mauvais moment. Personne n'est indemne de vivre cette horreur absolue : au hasard d'un moment, d'un lieu choisi par les criminels, fauchés à la vie, à l'amour, à l'affection, à son futur, à ses espoirs.

Combien de familles endeuillées, intensité de leurs douleurs, de leur désespoir ! D'amis, de voisins, de proches, d'inconnus sonnés par cette malédiction humaine. Nous sommes tous touchés dans notre humanité, dans l'espérance d'un monde apaisé si peu apaisé.

Et ce cri, ce cri formidable qui monte en chacun de nous : « Assez ! Assez ! Assez »

Pas assez de maladies de la misère ? Pas assez de vies réduites à la survie par la misère ? Pas assez de vies écourtées par la misère ? La misère qui fut la nôtre, qui a tant de visages et tant de visages niés.

Ces enfants, ces femmes, ces vieillards, ces hommes, tous ces peuples en marche vers l'Europe, cette Europe qui souffre du terrorisme quand ceux qui marchent souffrent aussi, et par milliers, par millions, du même terrorisme que nous ne voulons voir que de loin. Leurs terreurs sont les nôtres, en pire.

La gorge se noue, la raison vacille devant ce déchaînement de haine. Quelle intensité de haine faut-il atteindre, de dénigrement de sa propre vie comme de toute autre, pour chercher à tuer aussi méthodiquement, tuer le plus possible, avec la plus grande efficacité possible pour le plus grand malheur possible ? Tristesse abyssale de cette humanité désespérée.

Non, nous ne sortirons pas de ce terrorisme sans nous interroger sur nous-même. Nous ne sortirons pas du terrorisme en nous limitant à l'urgence et au seul répressif, même si l'urgence est réelle et le répressif, nécessaire.

Au contraire nous nous condamnerions à des attentats répétés, la même horreur, la même terreur, ici ou là-bas avec ses contre-réactions liberticides. D'urgence en urgence, rien qui construise l'avenir mais un présent désespérant réduit à l'anti-terrorisme permanent, l'un entretenant l'autre dans sa détermination.

Voulons-nous nous remettre en question aussi ? A ce prix et, je le crois, à ce prix nous pourrons déjouer le terrorisme, déjouer la terreur, écarter l'horreur pour vivre une humanité convalescente.

 

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