1 DECES PAR SUICIDE + 8 TENTATIVES DE SUICIDE = GREVE A LA CAISSE D'EPARGNE ILE-DE-FRANCE

Communiqué de Sud Banques Populaires Caisses d’épargne

Paris, le 2 décembre 2011

Les salariés de la Caisse d’épargne sont en grève pour dire que
leurs vies valent mieux que les profits de leurs patrons

Ce vendredi 2 décembre, à l’appel de l’ensemble des syndicats, un grand nombre des 500 salariés de la Caisse d’Epargne Ile-de-France Paris en grève se sont rassemblés devant le siège de leur banque pour dire leur émotion, crier leur colère et affirmer leur détermination à changer les choses après le décès d’un de leurs collègues par suicide s’ajoutant à 8 tentatives de suicides en moins de 2 ans pour leur seul établissement.

Cette situation de profond délabrement social trouve son origine dans une organisation du travail délétère qui n’accorde aucune place à l’humain car elle est tout entière mise en œuvre pour dégager toujours plus de résultats (de « PNB » dans le langage patronal). Pour ce faire, les salariés et les agences sont mis en concurrence au quotidien à travers des classements et des challenges infantilisants et humiliants. Les exigences à leur égard sont d’autant plus fortes que ces dernières années, les choix désastreux des patrons nationaux, validés par leurs laquais locaux, ont précipité dans le mur un réseau qui jusqu’alors donnait satisfaction tant à ses salariés qu’à ses clients. Il faut donc compenser les pertes des patrons avec cette variable d’ajustement que sont les salariés. Dans cette nouvelle organisation du travail, les salariés doivent travailler plus (sans gagner plus) tout en étant moins nombreux, comme l’attestent les 250 départs volontaires et les 150 licenciements enregistrés à la Caisse d’épargne d’Ile-de-France ces derniers mois.

Le lien entre les conditions de travail et les actes désespérés accomplis par les salariés est incontestable si l’on sait que certains de nos collègues venaient de subir des mobilités forcées (concernant une centaine de salariés) dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) décidé en 2010 par le directoire de l’entreprise. Le fait qu’une des dernières tentatives de suicide se soit produite sur le lieu de travail confirme ce lien.

Pour Bernard Comolet, le président du directoire de l’entreprise, et son DRH Jean-Pierre Deck, les salariés ne sont plus des êtres humains, mais des coûts, des ressources, de la « chair à profit ». Ces dirigeants ne peuvent soutenir le contraire, car comment expliquer leur indifférence et leur absence de réaction aux multiples mises en garde adressées par le syndicat Sud (1er syndicat de l’entreprise) et ses représentants ces derniers mois.

Prenant acte de l’inertie patronale, Sud, la Cgt et l’Unsa ont décidé d’assigner en justice la direction de l’établissement pour obtenir la mise en place de mesures d’urgences destinées à faire cesser le danger grave et imminent qui menace la vie des salariés. Le dossier remis au juge est solidement étayé par des documents provenant de la médecine du travail, de l’inspection du travail et d’experts qui partagent le constat des syndicats. Bernard Comolet, le président du directoire, va devoir à présent rendre compte devant les juges de son triste bilan social et répondre de ses obligations découlant de l’article L. 4121 du code du travail qui oblige l’employeur à assurer la sécurité physique et mentale de ses salariés, sachant qu’il s’agit là d’une obligation de sécurité de résultat.

Cette obligation du code du travail, Sud la fera respecter par tous les moyens à sa disposition, d’autant qu’à ce jour la direction de la Caisse d’épargne n’a toujours pris aucune mesure sérieuse malgré le message des grévistes.

Pour le secrétariat Sud Caisse d’Epargne Ile-de-France
Bettina Larry Martine Desaules Jérôme Bonnard Patrick Saurin
06.84.97.46.42. 06.45.82.12.68. 06.62.82.98.90. 06.62.88.05.17.

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.