Le Guêpier, annexe H : Courrier de Maurice Tripier à Maître Félisette

Annexe H de l’épopée à suspense inspirée des méandres de l’« affaire » DoublO

 

 

Le guêpier1

 

 

Pas de noisettes pour les pigeons

(L’antimirage des chaumières)

 

 

Épopée2 à suspense
née de l’imagination de

Jean-Pierre Lamargot

 

1 « Endroit dangereux, situation complexe et délicate dont on arrive difficilement à sortir sans dommage. Synonymes : pétrin (familier), piège, souricière, traquenard. Donner, tomber dans un guêpier. »

« Ce n'est pas la peine de nous donner tant de mal pour tirer Albert du guêpier où il s'est fourré »  (François de Curel, La nouvelle idole, 1899, I, 1, p. 163), selon Le Trésor de la Langue Française informatisé (cf. http://atilf.atilf.fr/)

2 Long poème ou récit « de style élevé » où la légende se mêle à l'histoire pour « célébrer un héros ou un grand fait ». On pourrait sans doute à bon droit aussi bien parler de prétérition (« figure par laquelle on attire l'attention sur une chose en déclarant n'en pas parler »)

 

Annexe H : courrier de Maurice Tripier à Maître Félisette
15 février 2x12

 

Maître Félisette,

 

Comme le disait le Président Mitterrand, il faut (parfois) laisser du temps au temps. Ne pensez donc pas un seul instant que vous ayez pu me faire le coup de l’indifférence ou du mépris en ne répondant pas à mon dernier courrier, mais j’attendais tout simplement et notamment de savoir quel serait votre comportement lors de l’audience de mise en état du 11 janvier dernier, à la suite, en particulier, de la demande de sommation de communiquer et des conclusions d’incident aux fins de communication du PV de la DGCCRF. Maître Guillemette m’ayant évidemment transmis les informations que contenait la télécopie que vous lui avez fait tenir, j’ai été largement édifié.

Je ne vais pas épiloguer et je m’abstiendrai également de vous transmettre les appréciations des membres du Bureau du CLAS concernant votre réaction face aux menaces, aux pressions et aux rodomontades de Maître Hourra1.

Il est vrai que celui-ci avait fait précédemment l’éclatante démonstration de son incompétence en matière de procédure pénale en se « plantant » magistralement, et à deux reprises, dans l’action en diffamation qu’il avait engagée contre Toussaint Chapon, le président du CLAS. Je m’interroge, par ailleurs, sur la question de savoir si votre commission de déontologie s’est livrée avec l’attention indispensable à l’examen complet de la jurisprudence de la Cour de Cassation, s’agissant du secret de l’instruction.

Quoi qu’il en soit, alors que vous vous refusiez à enrôler tant les assignations en intervention forcée des caisses régionales que les conclusions en intervention volontaire, et que, sous le prétexte aberrant que c’eût été contrevenir à l’avis de la commission de déontologie, vous vous êtes également abstenu de signifier une itérative sommation de communiquer le PV de la DGCCRF, je constate que, fort de cette position de refus, vous aviez la faculté, sinon le devoir, de vous démettre formellement de votre constitution, au moins 15 jours avant l’audience de mise en état du 11 janvier.

Au lieu de cela, tout en persistant dans la rigidité de votre position, vous avez laissé passer ladite audience pour signifier ensuite votre retrait à Maître Guillemette, après nous avoir conduits dans une impasse, en laissant le JME prendre une ordonnance de clôture.

Aussi, je rejette absolument votre grief concernant mon supposé manque de courtoisie. Vous aviez été informé de la procédure d’assignation en intervention forcée des caisses régionales, ce que vous ne contestez d’ailleurs pas, et je n’avais pas à recueillir votre approbation sur leur contenu. Le choix de l’avocat postulant est clair : il se soumet, ou il se démet. Mais, en définitive, vous n’avez fait ni l’un ni l’autre, au moment où il s’imposait.

Je déplore donc, avec le CLAS, qu’en certaines circonstances, « la crainte (puisse s’avérer) plus profonde que le courage » (Gertrude Von Le Fort).

La situation étant maintenant ce qu’elle est, c’est-à-dire extrêmement compliquée sur le plan procédural, nous voulons au moins avoir la certitude formelle de votre « déconstitution » afin que nous puissions prendre les initiatives et les mesures indispensables et urgentes pour être, au moins officiellement, représentés devant le Tribunal de Grande Instance.

Veuillez agréer, Maître Félisette, l’expression de mes salutations distinguées.

 

Maurice Tripier

 

Prochain épisode : Annexe I – Adresse de Maurice Tripier aux requérants (assortie des commentaires du CLAS) postée sur le forum du site   9 mars 2x12

 

 

1 Auxquelles il s’avérera ultérieurement que s’étaient jointes celles de Maître Baisser-Félisette, sa propre mère !...

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.