L'envers des résultats de BPCE et de Natixis

Natixis et BPCE annoncent leurs résultats 2009 ... avec pertes et tracas! Après la CNCE : BPCE. Après Charles Milhaud : François Pérol. Et après des pertes... encore et toujours des pertes ! S'il y a une chose que nous ne pouvons dénier à nos patrons successifs, c'est leur obstination dans la poursuite d'une politique désastreuse pour le personnel et pour les clients de notre Groupe.

Il est bon de préciser que les 537 M€ de résultat net part du groupe annoncés par BPCE pour 2009 ont pour contrepartie le non-paiement de plus de 600 M€ de dividendes aux 17 Caisses d'Epargne. A ce manque à gagner, il faut ajouter 850 M€ de dépréciations des titres BPCE et CE Participations qui viennent plomber le résultat net des Caisses. Quant à nos clients, ils ne voient toujours pas venir à l'horizon le moindre début d'un frémissement du cours de l'action NATIXIS qui culmine à 3,60 € (contre 19,55 € à l'émission).

Au moment où la Banque de Financement et d'Investissement de BNP Paribas vient d'apporter 12 milliards d'euros de revenus à son Groupe, NATIXIS, la BFI des Caisses d'Epargne présidée par François Pérol faut-il le rappeler, caracole toujours en queue de position des Banques dites de gros, n'ayant de gros que l'énormité de ses pertes et la cupidité de ses dirigeants. En 2009, NATIXIS affiche un résultat net part du Groupe de - 1,6 Md€, représentant les pertes de ses actifs toxiques isolés dans une structure baptisée pudiquement « Gestion Active du Portefeuille Cantonné » (GAPC), traduisez « Gisement d'Actifs Pourris Cachés » (s'élevant au 30 juin 2009 à 41,6 Md€ en valeur notionnelle et 34,4 Md€ en valeur nette). Une nouvelle fois, ces mauvais résultats de NATIXIS conjugués à l'incurie des patrons de BPCE vont impacter significativement les Caisses d'Epargne régionales.

Cette situation est d'autant plus scandaleuse que, dans le même temps où NATIXIS et BPCE alimentaient de leurs mauvaises opérations un inépuisable catalogue à la Prévert, les Caisses d'Epargne de leur côté, grâce aux efforts de leurs salarié(e)s, triplaient leur résultat d'exploitation en faisant preuve « d'une bonne dynamique commerciale » (selon le communiqué de presse de BPCE du 12 novembre 2009 sur les 9 premiers mois de cet exercice). Ainsi, tous les fruits des efforts du personnel servent à éponger les pertes qu'il n'a pas causées, avec en prime (!) une diminution de l'intéressement. Et n'oublions pas l'impact prochain du remboursement des intérêts et du capital des 7 Md€ empruntés à l'Etat (4 Md€ de titres super subordonnés et 3 Md€ d'actions de préférence).

Sud Caisses d'Epargne - 35, Boulevard de Sébastopol 75001 PARIS Tél. : 01 42 33 41 62 - www.sudce.com Contact : sud.caisse-epargne@orange.fr

Mais non contents d'être incompétents, nos patrons peuvent se flatter d'avoir ajouté le qualificatif de « voyous » à leur titre après avoir refusé sans vergogne de procéder aux régularisations salariales qu'ils étaient pourtant tenus de réaliser. En effet, pour rétablir dans ses droits le personnel spolié, Sud a dû saisir la justice. Grâce à notre action, une première vague de collègues a bénéficié de rappels de salaires, souvent conséquents, sur leur paye de janvier. Une autre vague suit avec des centaines de salarié(e)s qui nous sollicitent pour déposer leur dossier devant les Prud'hommes en vue d'obtenir d'autres régularisations salariales que les patrons, pourtant contraints par un arrêt de la Cour de Cassation, se refusent à réaliser. Et pendant ce temps, François Pérol s'apprête à tripler sa rémunération pour 2010 ! Le Président Sarkozy, ami de François Pérol, ne nous avait-il pas pourtant promis de « moraliser » le capitalisme ?

Aujourd'hui, du fait de l'incurie de ses dirigeants, le Groupe des Caisses d'Epargne, solide il y a quelques années, tremble sur ses bases et a perdu ses valeurs. Suppressions d'emplois, PSE, externalisations, mécontentement accru des clients sont autant d'aspects de cette triste réalité. Sans tomber dans le moralisme, une question doit être posée : n'est-il pas temps pour les salarié(e)s de quitter leur statut de spectateur pour celui d'acteur ? Si vous souhaitez apporter votre contribution à la nécessaire action collective, prenez contact avec les équipes militantes de Sud pour faire vivre au quotidien les valeurs de Solidarité, d'Unité et de Démocratie.

L'exécutif national

J.Bonnard - M.Brugnooge - D.Gilot - JL.Kerenflec'h

JF.Largillière - B.Meyer - JL.Pavlic - C.Perrin -S.Rodier P.Saurin

Paris, le 3 mars 2010 N° 4-2010

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.