Le Guêpier, annexe M : Lettre de Maurice Tripier au Président Chapon

Annexe M de l’épopée à suspense inspirée des méandres de l’« affaire » DoublO

 

 

 

 

 

Le guêpier1

 

 

Pas de noisettes pour les pigeons

(L’antimirage des chaumières)

 

 

Épopée2 à suspense
née de l’imagination de

Jean-Pierre Lamargot

 

1 « Endroit dangereux, situation complexe et délicate dont on arrive difficilement à sortir sans dommage. Synonymes : pétrin (familier), piège, souricière, traquenard. Donner, tomber dans un guêpier. »

« Ce n'est pas la peine de nous donner tant de mal pour tirer Albert du guêpier où il s'est fourré »  (François de Curel, La nouvelle idole, 1899, I, 1, p. 163), selon Le Trésor de la Langue Française informatisé (cf. http://atilf.atilf.fr/)

2 Long poème ou récit « de style élevé » où la légende se mêle à l'histoire pour « célébrer un héros ou un grand fait ». On pourrait sans doute à bon droit aussi bien parler de prétérition (« figure par laquelle on attire l'attention sur une chose en déclarant n'en pas parler »)

 

Annexe M : lettre de Maurice Tripier au Président Chapon
28 mars 2x12

 

Monsieur le Président, Toussaint,

 

Je n’étais pas au bout de mes surprises, mais je suis manifestement au bout du chemin. Maître Olivia-Delamaison m’a immédiatement transmis le courrier que tu lui as adressé au nom du Bureau du CLAS, en recommandé avec AR et dont je n’ai pas eu l’honneur d’être destinataire en copie, alors que j’y suis, une fois de plus, et c’est une fâcheuse habitude, personnellement mis en cause.

Maître Olivia-Delamaison n’a que modérément apprécié, et c’est un euphémisme, les modalités de cet envoi, qui plus est avec retour de sa propre lettre, ce qui est pour le moins inélégant ; elle n’en a qualifié le fond que de « surprenant », ce qui est faire preuve d’une grande retenue.

Et je ne pense pas que votre « compassion » (sic) puisse lui servir de consolation. En effet, en ce qui me concerne, cette missive m’a proprement sidéré, et, pour emprunter une de tes formules, « je suis tombé de l’armoire » !

Après avoir dit et répété que vous n’aviez pas les clés ni la compétence pour choisir un avocat, que vous deviez à cet égard vous reposer sur le « conseiller juridique » (resic) du CLAS (voir encore tout récemment le courriel de JPP du 2 mars à 10h49), et alors que je me suis « décarcassé » pour trouver et convaincre un avocat parisien connaissant le dossier, pouvant à la fois postuler et plaider, capable de résister aux menaces de Maître Hourra, que j’ai même prévu un confrère spécialiste de la procédure pénale pour l’assister en cas de problème avec l’Ordre des Avocats, vous évoquez un prétexte aberrant pour tout remettre en question.

Comment pouvez-vous prétendre, en effet, que « la provision dont vous faites état se situe très au-delà desdits moyens disponibles » alors que Monacau a restitué au CLAS plus de 21.000 euros et qu’il reste un disponible de plus de 13.000 euros, et même de 17.000 euros, puisque tu t’es solennellement engagé à ne pas verser un seul centime à Monacau (son courriel du 25 février).

C’est en fonction de ces données que j’ai suggéré la somme de 5.000 euros HT. Il est donc osé de soutenir, d’une part, qu’en effet, je ne pouvais ignorer les capacités financières disponibles, et, d’autre part, que vous n’auriez jamais reçu a priori une telle proposition « formelle » (que de précautions tout aussi « formelles » !) et « que nous ne sommes pas trouvés dans la situation d’avoir à l’approuver ». Je vous renvoie sur ce point au courriel de JPP et au courrier que j’ai adressé le 6 mars.

Ainsi, en sus de son incohérence (mais ce n’est pas la seule), la décision, dont je ne vois pas qu’elle ait reçu a priori l’aval du CA, que vous venez de notifier à Maître Olivia-Delamaison, témoigne, à trois semaines d’une audience, d’une inconscience grave et d’une totale irresponsabilité.

Vous entraînez quelque 200 requérants au massacre, car vous semblez oublier qu’à l’heure actuelle, ils ne sont représentés devant le tribunal par aucun avocat, ce qui pour des demandeurs risque de conduire, non seulement à un déboutement mais à une condamnation au titre de l’article 700, voire à une amende civile. Mais il y en aura au moins un qui échappera au massacre.

J’avais largement entamé la rédaction de ce courrier lorsque j’ai pris connaissance ce matin, il y a quelques minutes, de celui que tu m’as adressé. Je parlais plus haut d’incohérence : tu en administres une nouvelle démonstration.

D’une part, tu soulignes que les adhérents s’interrogeaient sur mon double rôle de membre du CA et de « conseiller juridique », et tu m’avais toi-même demandé de démissionner du CA pour clarifier la situation, mais, d’autre part, et par contradiction flagrante, tu lies ma démission du CA à celle de mon rôle de conseil juridique, que tu qualifies d’officieux, alors qu’il a été acté et souligné à de multiples reprises (quand cela arrangeait sans doute certains) !

C’est une évidente erreur ! Mais je te rassure, car voilà exactement ce que je voulais t’écrire avant de prendre connaissance de la lettre et que je confirme :

 « Je n’entends en aucune façon être solidaire d’une telle aberration et contribuer de quelque manière que ce soit à trouver ce que vous appelez une solution « plus adaptée », mais plus qu’improbable. Je t’ai donc déjà donné ma démission du CA du CLAS, mais aujourd’hui, je ne lèverai pas le petit doigt dans cette affaire, y compris, bien entendu, le contentieux Monacau, que j’avais pourtant déjà commencé à « baliser ». C’est une décision parfaitement réfléchie après avoir pris des conseils éclairés et parfaitement informés de la situation et du climat qui règne au sein du CLAS dès lors qu’en quelque sorte, vous récusez Maître Olivia-Delamaison. » 

J’en arrive maintenant au problème des honoraires. Au-delà des comptes d’apothicaire que vous présentez, là encore, et toujours dans la contradiction, sinon l’invraisemblance, la plus évidente, vous considérez que vous ne pouvez pas être concernés par des demandes d’honoraires, tout en oubliant que vous n’êtes en effet que les dépositaires des fonds qui ont été versés par les requérants au bénéfice des avocats et de leurs éventuels sapisseurs et qui ne sauraient donc être bloqués par le CLAS. Or, dans les fonds qui ont été versés à Maître Monacau, lequel aurait pu, sans doute, conserver par devers lui les 6.200 euros (cf. nos échanges de courriels valant accord formel du 14 novembre), à charge de m’en reverser la moitié, soit 3.100 euros, puisque il avait adhéré aux accords passés entre Gabriel Fassol et moi.

Je suis donc fondé à exercer à l’égard du CLAS, détenteur aujourd’hui de ces fonds, une action oblique pour obtenir le règlement de cette dernière somme, à moins que vous préfériez que, comme Monacau, je vous adresse une facture, non fantaisiste celle-là.

Je vous remercie donc de votre offre « généreuse » de 372 euros ( ?) et je n’ai pas davantage, en l’état, ni à chercher à convaincre Gabriel Fassol de quoi que ce soit, ni, par ailleurs, l’intention de reverser au CLAS le solde des 4.200 euros avancés, soit 602,03 euros, puisque la balance est largement en ma faveur (il faut en effet déduire du précédent solde le coût partiel de mon déplacement à Paris pour y rencontrer Maître Olivia-Delamaison, soit 52,30 euros, ainsi que dix centimes1 d’euros pour corriger une erreur de règlement d’un huissier de Montpellier).

Quant à l’implication du CLAS et vos calculs abscons, je rappellerai d’une part, que ce qu’un CA peut décider, un autre CA peut le modifier, ses délibérations n’étant pas inscrites dans le marbre et qu’à l’occasion de notre réunion préalable à l’Assemblée Générale du 17 décembre, vous aviez donné, à ma demande, un accord de principe à une participation du CLAS à hauteur de 2.000 euros au financement des procédures, ce qui d’ailleurs me paraissait assez légitime.

J’ajoute que votre référence à l’article 700 du NCPN2 est tout à fait inopérante concernant le CLAS, car seules les conventions signées avec les requérants, personnes physiques, font état explicitement de ce que les sommes obtenues à ce titre ne seraient pas soumises à l’honoraire variable.

Je ne voudrais pas terminer ce courrier, définitif en la situation actuelle, sans exprimer ma stupéfaction et ma déception que des hommes aussi posés, raisonnables et sensés que Jean-Michel et toi se soient laissé circonvenir et entraîner dans de pareils errements. C’est une consternation absolue.

Mais on ne trahit pas et on ne met pas impunément de l’huile sur le feu. « Tant de choses ne méritent pas d’être dites. Et tant de gens ne valent pas que les autres choses leur soient dites » (Henri de Montherlant).

Bon vent, Toussaint, mais gare aux turbulences !

 

Maurice Tripier

 

NB : J’adresse copie de ton courrier ainsi que du mien à Maître Olivia-Delamaison, à Maître Dominique Rupin et à Gabriel Fassol. Si je ne les communique pas aux requérants (je suppose d’ailleurs que je serais de nouveau censuré sur le site), je me réserve cependant d’en faire publiquement état en cas de nécessité, et par une autre voie.

En pièce jointe, le courrier de Maître Olivia-Delamaison à Toussaint Chapon, en date du 20 mars :

Cher Monsieur,

 

C’est avec surprise que je reçois votre courrier daté du 15 mars que vous avez cru devoir m’adresser en la forme recommandée A.R. et par lequel vous me retournez mon courrier du 9 mars et la note d’honoraires qui y était jointe.

Cette façon de procéder me paraît quelque peu curieuse et les termes de votre correspondance sont particulièrement surprenants.

En effet, je me permets de vous indiquer que c’est précisément à la demande de mon Confrère, Maître Maurice Tripier, que ma note d’honoraires, concernant une première provision à été adressée à votre Trésorier par courrier du 9 mars dernier.

Vous m’indiquez cependant qu’elle ne peut vous concerner. Mais qui concerne-t-elle et à qui aurais-je dû l’adresser ?

Je vous précise également que ce montant de provision, pour assurer la postulation et les plaidoiries dans une procédure aussi lourde et aussi complexe est un montant minimum qui m’a été proposé par Monsieur Tripier et que j’ai accepté !

Vous comprendrez, en conséquence, que je m’étonne que vous puissiez m’indiquer que vous n’avez jamais reçu a priori une telle proposition alors qu’elle émane de Monsieur Tripier.

En tout état de cause, j’ai bien noté votre position et il est certain qu’en l’absence de paiement de cette provision, je ne pourrai intervenir.

Je reste toutefois à votre disposition pour prendre en charge ces procédures si le CLAS revenait sur sa position.

 

Je vous prie de croire, Cher Monsieur, en l’assurance de mes salutations distinguées.

 

 

Prochain épisode : Annexe N – Compte rendu du Conseil d’Administration du CLAS 30 mars 2x12

 

1 Dix centimes ! Décidément, les temps sont rudes !

2 S’agissant de l’article 700 du Nouveau Code de Procédure Civile, l’acronyme NCPN pose question, même à des profanes invétérés…

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