Le Guêpier, annexe S : Plaidoyer pro domo de Maurice Tripier

Annexe S de l’épopée à suspense inspirée des méandres de l’« affaire » DoublO

 

 

 

 

Le guêpier1

 

 

Pas de noisettes pour les pigeons

(L’antimirage des chaumières)

 

 

Épopée2 à suspense
née de l’imagination de

Jean-Pierre Lamargot

 

1 « Endroit dangereux, situation complexe et délicate dont on arrive difficilement à sortir sans dommage. Synonymes : pétrin (familier), piège, souricière, traquenard. Donner, tomber dans un guêpier. »

« Ce n'est pas la peine de nous donner tant de mal pour tirer Albert du guêpier où il s'est fourré »  (François de Curel, La nouvelle idole, 1899, I, 1, p. 163), selon Le Trésor de la Langue Française informatisé (cf. http://atilf.atilf.fr/)

2 Long poème ou récit « de style élevé » où la légende se mêle à l'histoire pour « célébrer un héros ou un grand fait ». On pourrait sans doute à bon droit aussi bien parler de prétérition (« figure par laquelle on attire l'attention sur une chose en déclarant n'en pas parler »)

 

Annexe S : plaidoyer pro domo de Maurice Tripier
30 décembre 2x12

 

Monsieur T…,

Je me permettrai tout d’abord de vous conseiller la relecture de la fable édifiante de La Fontaine « Les Animaux malades de la peste »1.

I)  Après m’avoir reproché, et avec quelle véhémence et quelle certitude pleine de suffisance (et d’insuffisance), mais fort tardivement, d’avoir commis une erreur de stratégie procédurale, comme ayant reçu une sorte de révélation qui n’avait rien de divine, mais reposait uniquement sur l’espérance du miracle de Saint-Étienne (on a les saints qu’on peut, et dont on mesure maintenant le caractère misérable de ce qui a été accordé aux quelques CLASistes parties civiles), ce qui a semblé à quelques uns comme le prétexte et l’opportunité d’abandonner le navire et ses passagers en pleine tempête (ou selon l’excellente formule de Dominique Rupin, d’appliquer la vieille technique de repli :   « Courage, fuyons »), on a dû amener très sensiblement les voiles après l’arrêt rendu par la cour d’appel de Paris le 29 novembre 2x122.

Alors, ceux-là, et quelques autres, dorénavant tranquillement réfugiés sur la rive, m’ont fait méchamment grief d’avoir « caché » que j’avais été rémunéré par Maître Fassol. Cette roquette ayant explosé en vol, torpillée par les preuves formelles du contraire que j’ai apportées, on en est maintenant réduit à m’expédier ce qu’on croit sans doute être un « Scud » imparable, l’argument du « fric », puisqu’il faut l’appeler par son nom, et du caractère exorbitant des sommes que m’aurait versées Maître Fassol.

Vous avancez d’ailleurs, quelque peu imprudemment, une somme inexacte et sur laquelle je m’expliquerai3.

L’argument ne manque pas de sel de la part de gens qui se sont fait piéger et ont été spoliés par une banque sans scrupule qui a utilisé clandestinement leur argent dans des placements occultes, dans son seul intérêt et sans grand effort.

Malheureusement, là encore, c’est un tir aussi « foireux » que vicieux et qui ne résiste pas une seconde à la démonstration.

Vous me décernez certes, Monsieur T…, un « brevet d’honneur » pour ma compassion à l’égard de mon épouse, Pupille de la Nation, mais en ajoutant aussitôt que ce geste indiffère aux souscripteurs de Duplex. Vous avez parfaitement raison, Monsieur le Président, mais les conditions dans lesquelles et auxquelles j’ai collaboré avec Maître Gabriel Fassol ne regardent pas davantage lesdits souscripteurs de Duplex et je vais, une nouvelle fois, vous expliquer ainsi qu’aux autres « CLASistes », les raisons pour lesquelles ces critiques amères sont donc à la fois tout autant irrecevables, mal venues qu’infondées, parce qu’elles reposent certainement sur des informations fausses et une méconnaissance de certaines données déontologiques.

Passe encore, donc, que la somme que vous avancez soit inexacte, mais je vais vous administrer les preuves du caractère inacceptable de cette critique, même si cela m’impose de refaire tout l’historique, depuis février 2xx9 jusqu’à mars-avril 2x12, soit pendant 3 ans, de mon implication dans la procédure contre Squirrel, en collaboration avec Maître Fassol et au sein du CLAS.

II) Ayant moi-même engagé une démarche personnelle de protestation contre Squirrel sur Internet, j’ai tout naturellement croisé la route de la contestation du CLAS.

Il est aisé de comprendre que ma formation et mon expérience d’ancien avocat, bien qu’à l’origine non spécialisé en matière de finances, ont retenu l’attention des fondateurs de l’association et ils m’ont invité à me joindre à eux. Notre première rencontre s’est déroulée à Paris le vendredi 13 février 2xx9 (excellente date sans aucun doute4) à l’occasion d’un rendez-vous fixé avec le Cabinet Canard-Sommet, 14 rue    J… B… (17ème arrondissement).

Étaient présents, si ma mémoire est bonne, et elle l’est généralement, Toussaint Chapon, Jean-Paul Tudor, Jean-Philippe Palombe, Jean-Michel Osmonde (avec un léger doute), J-P Barongny et moi-même.

L’entretien s’est déroulé en présence de Maître Henriette Cuivron-Germani, associée du Cabinet Canard-Sommet, et de Maître Dominique Rupin, ce dernier travaillant déjà en étroite collaboration avec le premier sur le dossier Duplex, et sur la base d’une répartition des tâches que je vous demande d’ores et déjà de retenir : Maître Rupin était chargé d’intervenir sur le terrain pénal et le Cabinet Canard-Sommet sur le terrain civil, en se partageant les quelques clients (a priori peu nombreux) dont ils disposaient respectivement.

Il convient de préciser que ce rendez-vous avait été organisé par l’entremise de Maître Rupin, qui, spécialiste du droit bancaire et financier, avait été chargé par Toussaint Chapon d’assurer sa défense dans la procédure en diffamation engagée contre lui par Squirrel, et alors que Maître Rupin n’est nullement un spécialiste de ce type d’affaire très particulière et très délicate (l’un des adhérents du CLAS, qui a déboursé auprès de Maître Fassol la somme de 180 euros TTC, soit 150,50 euros hors taxes, pour la prise en charge de son dossier, va bientôt apprendre de quoi il s’agit pour s’être livré, avec copie aux autres CLASistes, à un écrit grossièrement diffamatoire et injurieux que je ne saurais cette fois laisser passer).

Cela étant, il n’a pas fallu attendre cinq minutes, et avant toute discussion sur le dossier lui-même, pour être édifié sur le montant des honoraires qui seraient demandés à chaque CLASiste, la question ayant été mise sur la table d’emblée, clairement et sans ambages : 850 euros TTC d’honoraires fixes, pour chaque souscripteur, quel que soit le montant de sa souscription, et 20 % hors taxes sur la totalité des sommes obtenues à l’issue de la procédure. Les fondateurs du CLAS ayant adopté le principe fondamental et intangible de refuser toute discrimination liée à l’importance de l’investissement et de ne laisser personne « sur le bord de la route », nous étions tous d’accord pour considérer ces exigences financières inacceptables.

Il était évident que ce problème financier se poserait en termes comparables avec tout avocat parisien, lorsqu’on connaît, comme moi, les tarifs pratiqués par ceux-ci. J’ai donc suggéré, pour sortir de cette impasse, de contacter un de mes anciens confrères nantais sérieux et expérimenté, avec l’accord des dirigeants du CLAS. Après avoir essuyé un premier refus, en raison de la lourdeur, de la complexité et de la spécialité du dossier, j’ai obtenu l’accord de Maître Gabriel Fassol, sous la condition expresse et impérative de ma collaboration étroite, car il était également néophyte dans le domaine du droit bancaire et financier.

III) Toutefois, avant d’aborder les conditions de cette collaboration, je veux mettre les points sur les i et faire définitivement litière de ce reproche, comme par hasard surgi également au printemps 2x12, et concernant ma présence au sein du CA du CLAS.

Comme je l’ai dit, je n’ai jamais demandé à être membre de ce CA, pas davantage que d’être affublé (une idée de J-P P) du qualificatif ronflant « d’expert juridique » ! On me l’a demandé5.

Cette question de la compatibilité de cette appartenance avec justement ce rôle « d’expert juridique » a été ensuite effectivement soulevée auprès de moi par Toussaint Chapon : fallait-il ou non que je sorte du CA ? Je lui ai répondu que cela m’était indifférent (et pour cause) et que cela ne changerait pas grand-chose, sinon rien, dans la mesure où je serais nécessairement invité à participer à toutes les réunions de cette instance. La réflexion de Toussaint Chapon n’a pas été très longue et il a tranché la question à peu près en ces termes : « Merde, je m’en fous, tu restes au CA ».

Nous voici alors revenus sur le terrain de l’argent ! Vous mettez en effet en parallèle « le travail considérable et bénévole » des dirigeants du CLAS avec le mien qui a été rémunéré. Laissez-moi vous dire deux choses sur ce point, Monsieur T…. Tout d’abord, et en tant que membre du CA, j’ai également apporté ma contribution personnelle, sur le même principe du bénévolat, au fonctionnement, à l’animation et aux débats du CLAS5. Je ne vois donc pas le motif de mon exclusion de vos compliments à ce titre.

Mais ensuite, permettez-moi de vous dire, franchement et même brutalement, le fond de ma pensée à ce sujet. Comparer cette mission bénévole avec le travail considérable que j’ai effectué durant 3 ans dans le dossier Duplex, et dont, quoi que vous en dites, vous n’avez pas la moindre idée, sinon grossièrement limitée et réductrice, c’est tout simplement ME FAIRE INJURE.

Vous aurez, ainsi que tous les CLASistes, un état détaillé de ce travail6, mais son établissement va me demander du temps, compte tenu de son volume considérable.

 

Il permettra ainsi à tous de savoir à quelle rémunération j’aurais pu prétendre, et vous ne manquerez pas de points de comparaison, (qu’il s’agisse de Maître Rupin, de la facture Monacau ou des tarifs pratiqués par un quelconque avocat chevronné du Barreau de Toulon ou d’ailleurs) et de clore, une bonne fois pour toutes ce débat.

IV) En accord avec les autres dirigeants du CLAS et dans la suite logique de ce qui s’était déroulé et dit le 13 février 2xx9 à Paris, j’ai pu prendre un premier contact avec Maître Fassol à la sortie d’une audience du tribunal correctionnel de Nantes, le mercredi 4 mars.

Mon ex-confrère, à qui j’ai exposé les grandes lignes du dossier, s’est déclaré intéressé, à la condition impérative que je demeure, dans le cadre de notre collaboration, la cheville ouvrière du travail à accomplir. N’ayant alors finalisé avec lui aucun accord formel, j’ai rendu compte de cet entretien à la plus proche réunion du CA du CLAS le samedi 18 avril 2xx9 à Paris.

Ayant recueilli l’assentiment de celui-ci pour engager cette collaboration avec Maître Fassol, j’ai immédiatement rencontré ce dernier dès le lundi 20 avril.

A cette occasion, et alors que j’avais personnellement déjà réalisé un travail très important de recherche et de rédaction, nous avons discuté non seulement du fond du dossier, du type de procédure à suivre, de la répartition des tâches et des modalités de notre collaboration, mais enfin des conditions financières de celle-ci, sachant que Jean-Paul Tudor, à qui il faut rendre un juste hommage, avait élaboré un barème d’honoraires extrêmement fin, en fonction du montant des investissements de chacun, sur la base des indications et paramètres que j’avais fournis au CA, soit une moyenne de 450 à 500 euros TTC d’honoraires fixes et une rémunération variable de 7,5 % TTC sur les sommes éventuellement gagnées. Il en résultait que pour un placement de 105.000 euros (c’est le maximum enregistré), les honoraires fixes ne devaient pas dépasser 850 euros TTC environ et que pour les placements les plus modestes, la contribution demandée était inférieure à 100 euros.

Conscient à la fois de cet apport de clientèle, de la spécificité et de la difficulté du dossier, de son poids matériel (près de 300 dossiers individuels à traiter), du fait que j’avais déjà pris en charge et m’engageais ensuite à prendre en charge tout le traitement de fond de l’affaire, Gabriel Fassol considérait que le partage 50/50 des honoraires me défavorisait très largement, dans la mesure où il estimait que j’assumais    80 % du travail (vous pourriez, certes, lui demander confirmation, mais comme il est aux abonnés absents et ne répond plus à personne, y compris moi-même…).

Je me suis refusé à revenir sur cette offre de partage par moitié qu’il a donc acceptée et a fait l’objet d’une convention d’honoraires, dont une fois de plus, les ex-dirigeants du CLAS n’ignorent rien7.

A partir de ce moment là, nous avons tenu à son Cabinet, chaque semaine, durant au moins 2 heures, et donc pendant plus de deux ans, des réunions de travail sur le dossier.

J’attire l’attention de l’ensemble des CLASistes qu’il y avait évidemment nécessité de prendre les dossiers un à un, pour appréhender l’ensemble des renseignements indispensables à l’engagement d’une procédure (état civil, adresse, date et montant de la souscription, identité de l’agence concernée, tri et étude des courriers de réclamation adressés à leur agence par une majorité de souscripteurs, établissement des bordereaux de pièces individuels à communiquer dans le cadre des procédures à mener, répondre constamment aux nombreuses demandes d’explication légitimes des CLASistes, etc.).

Ces procédures ont donné lieu à de multiples incidents provoqués par l’adversaire, obligeant, chaque fois à répliquer. Je donnerai, dans quelques jours, un état détaillé de tous ces travaux liés à ces procédures, les recherches qu’elles impliquaient et l’ensemble des tâches accomplies et que vous ne soupçonnez même pas8.

Cet état sera édifiant pour chacun des requérants qui, ce que je comprends bien, sont, presque tous, ignorants des choses de la justice et du travail juridique. En attendant, ce que je peux affirmer avec la plus grande certitude, est que durant ces trois années, j’ai consacré au dossier Duplex, au détriment de mes autres activités, denses, de consultant en droit public, et notamment en droit de l’urbanisme, environ 3 heures par jour.

Si vous voulez bien faire un compte simple, à raison de 15 heures par semaine et de 45 semaines par an, on arrive à un total sur 3 années de 2.025 heures.

C’est pourquoi, lorsque je parle, chiffre que je crois avoir évoqué publiquement, de 1.500 heures (mille cinq cents heures), non seulement il n’y a aucune exagération, mais je suis nettement au dessous de la réalité ; et je passe par pertes et profits les soucis constants qui m’ont habité durant toute cette période, et dont je vois qu’ils perdurent !

Alors, pour ces 1.500 heures (ne retenons que ce chiffre a minima), Maître Gabriel Fassol m’a versé, sur facture, conformément à la législation et a été déclaré à l’administration fiscale, la somme de 44.601,53 euros9 sur 3 ans, ce qui ramène la rémunération horaire brute à 29,73 euros10.

Je vous invite donc tous à vous rapprocher de quelques avocats de votre région, de la facture Monacau, de Maître Dominique Rupin, que je tiens par ailleurs en grande estime, et qui m’a dit, à propos des conditions financières dans lesquelles on avait, Gabriel Fassol et moi, pris en charge ce dossier, que c’était « pure folie » et qu’en ce qui le concernait, il n’aurait jamais accepté de pareilles conditions !

J’ai été transparent, car je suis un homme de conviction et d’honneur et reconnu comme tel, sauf par certains que je méprise ; mais il faut arrêter de me prendre pour un imbécile ou un « gogo »11.

V) Je n’en ai pas terminé pour autant de mes explications, car je veux aller au bout des choses une ultime fois avant de conclure.

Qu’est-ce qui explique, en dehors d’une question, quand même essentielle de compétence, que Maître Fassol, par ailleurs indispensable et excellent dans l’exercice de la plaidoirie, ait eu nécessairement et inévitablement recours à moi et à l’obligation de me rémunérer ?

Je vous rappelle tout d’abord les dispositions essentielles de la convention que vous avez signée, ainsi que tous les requérants, avec Maître Fassol.

« Maître Fassol s’engage, de son côté, à apporter au dossier de Monsieur ou Madame X ses soins les plus attentifs, à effectuer toute diligence et à recourir à tous moyens légaux pour obtenir satisfaction de la juridiction saisie… » 

Il est de règle, dans cette profession que, accordez-le moi, je connais assez bien, qu’un avocat, dans l’intérêt bien compris de son client, puisse, dans le recours à ces moyens légaux, faire appel à un ou des consultants susceptibles de lui apporter un renfort dans l’exécution de sa mission, et alors, que dans les circonstances présentes, ce recours à un consultant n’a pas coûté le moindre centime à ses clients ! De quoi, alors, ces derniers pourraient-ils se plaindre ? !

Mais ce n’est pas tout ! Lorsque je parlais, au début de ces explications de fausses informations ou de méconnaissance de certaines règles déontologiques ou juridiques, je ne pouvais éviter d’y faire référence. Il résulte en effet de l’article 11-5 de la décision normative N° 2xx5-003 du Conseil National des Barreaux (et donc applicable à tous les avocats) :

« L’avocat qui ne se bornant pas à mettre en relation un client avec un autre avocat, confie un dossier à un confrère ou le consulte, est personnellement tenu au paiement des honoraires, frais et débours dus à ce confrère correspondant au titre des prestations accomplies à sa demande par celui-ci ».

« Sauf disposition contraire, les dispositions de l’alinéa ci-dessus s’appliquent dans les rapports entre un avocat et tout autre correspondant qui est consulté ou auquel est confiée une mission ».

Pour votre information complète, j’ajouterai encore ceci. En qualité de consultant, j’ai souscrit une assurance responsabilité civile, pour laquelle j’acquitte naturellement une prime annuelle (je vous fournirai volontiers une attestation de cette assurance et, par exemple, celle de 2xx9).

Et il est clair que cette assurance ne saurait en aucun cas couvrir des activités de bénévole associatif. Par conséquent, et pour toutes ces raisons, la formule de coopération que nous avons adoptée avec Gabriel Fassol s’imposait impérativement à nous.

Voyez-vous, Monsieur T…, combien il est toujours hasardeux de se livrer à des supputations, à des considérations, à des accusations, dans l’ignorance de certaines réalités de fait ou de droit. J’ai déjà beaucoup de peine à maîtriser, tant bien que mal, et plutôt mal que bien, mon ordinateur, et ce n’est pas à vous, informaticien je crois, que je me risquerais à adresser des conseils ou des remontrances.

VI) Il faut dire, et, en ce qui me concerne, je le dis sans hésiter, qu’il y a, dans la dérive et les turbulences qu’a connues le CLAS, une double responsabilité.

Il y a d’abord celle de Gabriel Fassol, et cela me coûte de l’écrire, car c’est un homme charmant et que j’aime bien, qui m’a abandonné en rase campagne, alors qu’il n’avait pas rempli son contrat à l’égard de ses cocontractants, les CLASistes, et qui m’a « mis dans les pattes », un jeune avocat, dont l’ambition et les prétentions n’étaient pas exactement à la hauteur ni de ses convictions, ni de son expérience.

Il en est résulté un imbroglio dans la recherche d’un avocat fiable, que je pensais enfin avoir trouvé, mais imbroglio dont certains ont profité pour me régler mon compte de façon peu élégante, et c’est bien le moins que je puisse dire.

Il y a en effet un second responsable, au sein du CLAS même, qui pour d’obscures raisons d’ego personnel surdimensionné, de jalousie inexplicable (alors que, par ailleurs, il avait sollicité avec succès mes conseils dans une affaire personnelle), de suffisance, a distillé peu à peu son fiel et son venin jusqu’à convertir un Toussaint Chapon qui jusqu’alors non seulement m’avait, avec constance, témoigné sa confiance totale et son amitié, tout en manifestant, par écrit, le mépris dans lequel il tenait le personnage en question.

VII) Ma CONCLUSION est simple et claire, Monsieur le président, Mesdames, Messieurs :

OU on me donne acte, de façon claire, sans ambiguïté et définitivement de mes explications qui seront les dernières, car je ne veux pas continuer à m’user dans des polémiques sans fin, stériles et usantes, et, dans ce cas, je suis tout disposé à envisager avec vous, dans les plus brefs délais, les conditions et modalités d’une reprise de collaboration, hors de tout esprit conflictuel ou d’intérêt quelconque avec Maître Rupin, lequel a eu la gentillesse de me féliciter pour l’arrêt de la Cour d’Appel de Paris du 29 novembre dernier, à l’exclusion, naturellement, de ceux qui ne m’ont adressé ces derniers mois que des invectives. 

OU on ne me donne pas acte de ces explications ultimes, car il n’y en aura pas d’autres (hors la production promise d’un état détaillé de mes travaux), et dans ce cas, je refermerai la fenêtre entrouverte et claquerai la porte du CLAS définitivement pour me consacrer exclusivement à ceux, qui, écœurés du torrent de boue que certains m’ont déversé sur la tête, car je veux le redire ici avec Shakespeare12, malheureusement « Il n’est pas de vertu que la calomnie ne sache atteindre », m’ont manifesté chaleureusement leur soutien, leur confiance et leur fidélité, en poursuivant une action plus déterminée que jamais contre Squirrel.

Je vous souhaite à tous, non seulement de bonnes fêtes de fin d’année, mais également, et surtout, une année 2x13 (c’est un bon nombre13) « profitable ».

Cordialement,

 

Bâtonnier Maurice Tripier14
Membre d’honneur du CLAS

 

Prochain épisode : Postface

 

1 Ne manquant pas tout à fait d’un semblant de culture, il l’avait lue et même jusqu’à son édifiante maxime, mais sans avoir su déterminer de quelle couleur les jugements de Cour rendraient les uns et les autres

2 La cour d’appel de Paris a rendu beaucoup d’arrêts à cette date, mais il ne nous a pas été possible d’identifier de manière certaine celui auquel se réfère ici l’éminent pontife et qui serait pertinent dans notre contexte, pas plus que les voiles qu’on aurait dû amener (« " on " est un c... », dit-on en « langue sauce piquante »)…,

3 Au risque de divulgâcher, autant préciser tout de suite que jamais Tripier « n’expliquera » le montant exact concerné, pas plus qu’il ne « s’en expliquera »

4 Il faut savoir se garder de la superstition : elle porte malheur !

5 «  proposé »  serait plus approprié que «  demandé »  eu égard à la réalité ; quant au terme « expert », s’il a pu être employé, ce n’était que pour souligner le niveau approfondi des connaissances juridiques de l’intéressé, a minima en référence à celui des autres administrateurs…

6 Rendons-lui la justice bien méritée de reconnaître que de son fait, il y eut souvent, effectivement, beaucoup d’« animation »  au sein du CLAS en général et de son Conseil d’Administration en particulier !…

7 Justificatif rigoureusement inapproprié, d’ailleurs, car le motif du conflit n’était pas la conformité d’un travail que le CLAS n’avait jamais commandé.

De bonne foi ou non (c’est une autre question), ce plaidoyer était biaisé, en ce sens que l’intéressé semblait  s’exprimer comme s’il avait exécuté un contrat que le CLAS aurait conclu avec lui, à titre de consultant, alors qu’il ne l’avait jamais qu’invité à se joindre à son CA afin de le faire bénéficier de ses compétences, au titre de son expertise juridique

8 Une expression plus conforme serait « n’ignorent plus rien », puisque Tripier venait d’en donner connaissance le 6 décembre, quelques semaines plus tôt !

9 Une hypothèse hélas exacte ; mais si les bénévoles ne le soupçonnaient pas, ce n’était pas faute d’avoir réclamé, en vain et à de multiples reprises, des explications en temps réel …

10 Remarquons que le total des honoraires versés à Maître Gabriel Fassol aurait été de 89.203.06 euros au titre de ces « explications », alors qu’il avait été de fait sensiblement plus important !

11 Ce dont le CLAS demandait des comptes à Tripier n’était pas relatif à un taux qui aurait été trop élevé, mais reposait sur le fait de s’être vu présenté pour du bénévolat ou du partage ce qui en réalité était une prestation de consultant.

 Au demeurant, personne n’aurait probablement contesté le principe d’un défraiement, voire d’une rémunération, si elle avait été officiellement affichée d’emblée.

12 Sans qu’il soit possible de discerner lequel des deux qualificatifs lui paraissait le plus infamant !

13 « Il y a tant à dire et la vie est si courte ... », Guy Bedos

14 Voir note sur la superstition, supra

15 Le dernier mot sera donc laissé, ainsi qu’il est de règle, au nom du respect des droits de la défense, à celui qui désormais ne se contente plus du titre de « Maître » !...  Mais le moment serait mal choisi pour lui en donner, du bâton !

Et puisqu’il semble être de bon ton de terminer systématiquement par une citation, rendons sans marchander, hommage au distique holorime attribué à Victor Hugo :

« Laurent Pichat, virant, coup hardi ! bat Empis
 Lors, Empis, chavirant, couard dit : « Bah, tant pis ! …»
  »

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