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Le coin des polars

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Billet de blog 3 août 2022

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La terre en colère de Nils Barrellon

Un corps pendu au-dessus du périphérique parisien. Une vidéo revendiquant l’assassinat au nom d’un surprenant Djihad Vert. Le commissaire Bonfils et le groupe Da Silva, de la brigade criminelle de Paris, sont saisis.

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Nils Barrellon est professeur de sciences-physiques et ses romans sont, pour l’instant, tous très différents. Il ne se cantonne pas à ce qu’il connaît et maîtrise, il va plus loin et n’hésite pas à parler de sujets d’actualité.

C’est le cas dans « La terre en colère ». Elle peut être en colère. Ne dit-on pas que depuis le 28 Juillet 2022, nous sommes en « dépassement » ? (Le Jour du Dépassement, c'est la date à laquelle l'humanité a dépensé l'ensemble des ressources que la Terre peut régénérer en un an.) C’est grave docteur ? Oui. Que faut-il faire ? On le sait, mais on se dit toujours qu’une petite entorse par ci, par là… et puis, les autres, le voisin, est-ce qu’ils font ce qu’il faut, eux ? C’est facile de faire la leçon et de ne pas bouger le petit doigt ou de tenir un beau discours en oubliant les actes et en faisant comme si…

Après, agir pour une noble cause, c’est une excellente idée mais il faut le faire de façon mesurée. Marquer les esprits sans violence, ce n’est pas forcément facile. Le Djihad Vert a choisi la manière forte. Assassiner un homme, le pendre au-dessus du périphérique à la vue de tous, histoire de bien affoler tout le monde. Dire qu’il y en aura d’autres si….et publier la liste, branle-bas le combat, tout le monde a peur et la police ne peut pas mettre tous ces personnes sous surveillance. Est-ce la bonne méthode pour alerter l’opinion publique ? Est-ce ainsi qu’on défend ses idées ?

C’est le commissaire Bonfils et son équipe qui sont en charge de l’enquête. Au départ, ça démarre d’une façon assez classique avec des investigations de ci de là et les conclusions qui vont avec. Sur la fin, ça s’emballe car l’auteur nous entraîne sur une autre piste. J’aime bien l’idée de secouer le cocotier, de parler des sujets qui fâchent. Et puis Nils Barrellon ne manque pas d’humour, c’est un régal de le lire. Déjà en tête de chaque chapitre (ainsi que prologue et épilogue), il nous place une petite phrase qui pique l’air de rien et c’est vraiment top !

L’écriture est fluide, plaisante, assortie de nombreux dialogues qui donnent du rythme. Il y a de l’action, du suspense, des retournements de situation, et tout en douceur quelques messages forts sur l’écologie, l’environnement et le développement durable.

Je trouve toujours intéressant de parler de problématiques de notre époque sans réellement nous faire la leçon. L’auteur arrivé à nous divertir tout en nous rappelant qu’il faut rester vigilant sur de nombreux sujets. Il ne se pose pas à censeur, il nous renvoie à nos propres choix, nous obligeant à réfléchir pour que les actes soient en cohérence avec les paroles.

Dans le premier chapitre, qui se passe en 2013, des jeunes font une opération coup de poing pour dénoncer l’élevage et l’abattage des poulets. Que deviendront ceux qui sont intervenus ? Comment vont-ils gérer le stress, le besoin de manifester, la peur d’être pris, la recherche d’adrénaline avec des revendications de plus en plus fortes ? On en a un petit aperçu dans les pages de cet ouvrage et ça interpelle…. Et vous, vous mangez du poulet ?

NB : encore une magnifique couverture !

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