Siège 7 A de Sebastian Fitzek (Flugangst 7 A)

Pour sauver sa fille, un psychiatre doit provoquer le crash de l'avion à bord duquel il a pris place.

siege-7a
Jusqu’où va-t-on pour ceux qu’on aime ?

Pas de temps à perdre. C’est dès le début du roman que Sebastian Fitzek nous fait entrer dans le vif du sujet.  Nele, une jeune femme qui vit à Berlin est sur le point d’accoucher. A l’autre bout du monde, son père, un psychiatre de renom s’est décidé, malgré ses peurs, à prendre l’avion pour la rejoindre. Se retrouver là-haut est une souffrance importante pour lui, il a mis en place un fonctionnement bien particulier pour se rassurer et endurer les nombreuses heures de vol. Il sait que son angoisse l’envahit, qu’elle est difficile à gérer et il fait tout pour s’en sortir au mieux.

Peu après le décollage, il reçoit un appel. Un chantage odieux lui est présenté : la vie de sa fille et de son bébé contre le crash de l’appareil. Deux vies contre deux cent seize mais les deux vies en jeu sont la chair de sa chair… Vous feriez quoi, vous ? En tout cas, Matt voudrait solutionner tout ça sans morts ni d’un côté ni de l’autre mais il ne voit pas comment faire. D’autant plus que ce qu’on exige de lui est pervers : manipuler mentalement une de ses anciennes patientes qui est à bord. Elle perdra « la raison » et entraînera tout le monde dans sa folie destructrice. Matta avait envisagé tous les incidents possibles avec ce mode de transport et avait essayé d’anticiper mais bien sûr, il n’avait pas pensé à ça. L’horreur absolue et la mort au bout, sur terre ou dans les airs… Comment déjouer les plans de celui qui le fait chanter ?

C’est parti pour une course contre la montre. Agir, négocier, quel que soit le lieu, c’est à ça que sont confrontés les personnages. Nele se bat pour sauver sa vie et celle de son bébé, Matt également, tout en souhaitant préserver également les passagers.

Une fois, encore l’auteur mène son intrigue de main de maître. On peut se demander où il va chercher des idées pareilles (heureusement pas dans les faits divers). C’est impressionnant l’imagination qu’il a et l’espèce de « logique » qu’il met en place Parce que bien entendu, à la fin, tout s’emboîte, tout s’explique, alors que parfois, on se dit « et celui-là, qu’est-ce qu’il vient faire dans l’intrigue ? ». Evidemment aucun temps mort dans ce récit, le style est vif, plein de rebondissements, l’écriture fluide (merci à la traductrice) et accrocheuse. L’auteur a tissé son texte autour des arcanes du cerveau humain, de ses failles. Il ne manque pas d’aborder quelques thèmes intéressants, même si cela reste plutôt « survolé » : le véganisme, la mort, l’amour filial, l’amitié, la folie humaine au nom de certains combats etc. Les protagonistes, bien que certains soient un peu caricaturaux, sont intéressants. J’ai particulièrement apprécié Feli, ancienne collègue du psychiatre qui n’écoute que son cœur pour venir en aide à Nele. C’est une femme courageuse, qui ne lâche rien et qui se donne les moyens de réfléchir. J’ai en outre trouvé que Matt avait une bonne idée quand il décide de prendre le problème « à l’envers » en essayant de comprendre à qui profitera l’écrasement. Développer un peu plus ce qu’il note et son mode de réflexion aurait pu offrir un intérêt supplémentaire.

La lecture a été agréable même si j’ai trouvé quelques invraisemblances (qui ne m’ont pas dérangée plus que ça, mais je préfère me rassurer en me disant que c’est impossible ;- ) En tout cas, c’est un vrai page-turner et ça fait du bien de rester scotchée dans son canapé pour lire !

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.