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Le coin des polars

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Billet de blog 5 avr. 2022

Venture de Philippe Paternolli

Vincent Erno, personnage atypique, ancien du « Cube », officine des services spéciaux, est envoyé en freelance par un ministre pour enquêter sur un attentat ayant eu lieu au Stade Vélodrome de Marseille. L’attentat le visait, ainsi que l’un de ses collègues.

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Voilà un roman comme je les aime ! Une écriture vive, avec de petites pointes d’humour délicat, du rythme, des personnages très attachants et une intrigue qui se tient.

Stade Vélodrome, OM-PSG, une affiche électrique, avec des supporters à surveiller mais pas que…il y a les « clans » de chaque club, présidents, « huiles » de la cité et j’en passe. En plus pour ce match de haut niveau, on retrouve le ministre de l’intérieur et le premier ministre, tout deux candidats à la succession du président. Deux caractères et deux vies totalement opposés, obligés de collaborer et de donner le change alors qu’ils ne s’aiment pas…. D’ailleurs en tribune, les regards n’ont rien d’aimable….

Coup d’envoi, le ballon part et hop la tribune officielle explose. C’est la panique, un attentat ? Pas de blessés ouf, mais il faut bien comprendre ce qu’il s’est passé, si seuls les hommes politiques étaient visés ou s’il y avait un autre but (c’est le cas de le dire dans un stade de foot ; -)….D’autant plus que le « pré coup d’envoi » a été tiré par quelqu’un de passage, s’agissait-il d’une diversion pour que d’autres agissent en douce?

Vincent Erno qui a travaillé pour le « Cube », un groupe des services spéciaux (en marge des services secrets et ni « affiché », ni connu sur la place publique), est dépêché sur place. Il a pris ses distances avec son ancienne activité professionnelle (il a démissionné) et entend bien rester comme ça. Pourtant, c’est lui qu’on appelle à la rescousse. C’est sans se presser (après tout il n’y a pas mort d’homme) qu’il rejoint Marseille après un tour au ministère où on lui explique sa mission. Des indices ? Un seul : l’explosif est une signature de l’ultra gauche.

A Marseille, il retrouve une ancienne collègue : Magali. Elle est maintenant dans la police et peut lui glisser quelques informations. Vincent, installé à l’hôtel, se rend vite compte que cette histoire n’est pas claire mais forcément il ne comprend pas pourquoi dans l’immédiat. Il va être nécessaire pour lui de la jouer fine d’autant plus qu’il a le sentiment que ces ex et finalement nouveaux patrons ne sont pas vraiment clairs. Grâce aux personnes que Magali connaît, il peut se cacher, louvoyer, enquêter….
Il fait face à des individus retors, dangereux mais il ne baisse jamais les bras.

J’aime beaucoup le style de Philippe Paternolli, c’est très visuel, j’ai chaque fois l’impression d’avoir les images sous les yeux. Pourtant, il ne s’embarrasse pas de détails inutiles, il va à l’essentiel et c’est peut-être cette façon de faire qui permet au lecteur de s’imprégner de l’atmosphère, du déroulé des événements et d’y prendre part ou presque….

J’ai lu ce roman en apnée, fascinée par le charisme de Vincent Erno qui remplit les pages de sa présence. Pourtant, il ne doit pas être facile à vivre tous les jours. Mais il a un côté « sauvage » qui me plaît énormément. Les autres personnages sont intéressants également et on s’aperçoit que, comme dans la « vraie vie », les hommes politiques jouent un double-jeu…tiens, qui l’eut cru ?

Un roman plaisant, prenant et sans temps mort, une belle réussite !

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