Le pif dans la truffière de Gilles Del Pappas

« Il s'appelait Rudolph Pélican. C'était un patronyme qui, accolé à son nom de baptême aurait pu prêter à sourire, pourtant personne n'y songeait... » Et quand Rudolph Pélican, l'ancien légionnaire, décide de monter une arnaque monumentale dans un coin du Vaucluse, aidé de quelques anciens compagnons d'arme, on rit encore un peu moins

pif
Rudolph, drôle de prénom, n’est-ce pas ? Suivi du nom de Pélican… Difficile de passer inaperçu !  Et pourtant c’est ce qu’essaie de faire cet homme, se fondre dans la masse, se faire oublier. Après avoir été légionnaire, il s’est installé à Marseille puis à Avignon, bien décidé « à piocher dans le filet garni de la vie. » La pension octroyée par l’état français ne suffit pas à couvrir ses besoins financiers et il faut bien trouver un moyen pour améliorer l’ordinaire. Pour ne pas trop prendre de risques, ne pas se faire remarquer, il se lance dans de petites arnaques. Ça fonctionne bien et il devient plus gourmand…

Gourmand ? C’est le cas de le dire puisque qu’il monte une petite affaire en lien avec la truffe entre autres. D’ailleurs ne dit-on pas que ce champignon est de « l’or noir » ? De là à imaginer non pas une petite mais une grosse fortune, il n’y a que quelques pas à faire …. en forêt, de préférence de chênes. Il pourra alors se mettre à l’abri pour très longtemps sans plus avoir à se mettre en danger.

Rudolph est pointilleux, organise, minutieux. Il ne se lance pas au hasard, il réfléchit, planifie, examine, pense à tout ce qui pourrait se mettre en travers. Il anticipe les problèmes et une fois qu’il a bien tout en tête, il agit.  C’est donc pour cela que nous le suivons sur plusieurs semaines, il cherche et trouve les lieux adéquats. Il s’entoure des bonnes personnes et il sait parfaitement où il va.

En plus, cerise sur la truffe, il rencontre une belle enseignante ! Il témoigne auprès de ses élèves, des liens se crée, il est heureux. Et plus si affinité ? Ne croyez pas que je vais tout vous raconter.

C’est avec une écriture pleine d’humour et de fantaisie, sans temps mort que l’auteur nous entraîne à la suite de Rudolph. Il y a beaucoup de rythme, le style est vif, désopilant. Les événements se succèdent rapidement et le lecteur ne s’ennuie pas. Il a même le sourire devant certaines situations. Les protagonistes sont haut en couleurs. Pour la plupart ils n’ont pas la langue dans leur poche, ce qui offre quelques dialogues savoureux.

C’est un polar tourbillonnant sur une cadence endiablée qu’a écrit Gilles Del Pappas. Il a dû prendre énormément de plaisir à rédiger cette histoire. Quant à moi, je n’ai pas vu le temps passer et j’ai bien ri !

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