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Le coin des polars

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Billet de blog 20 juil. 2022

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La mécanique de pire de Marco Pianelli

Lander doit se rendre à Paris pour accomplir sa dernière mission.Mais en chemin, il croise la route de Marie. Une jeune veuve dont l’époux policier s’est « suicidé » il y a quelques années… Lander a un doute, une intuition…

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Rester ou continuer la route ?

Lorsqu’on le rencontre on pense sans doute qu’il s’agit d’une brute épaisse, un homme sans cœur, sans foi, ni loi mais en réalité c’est une ombre, un fantôme car c’est ainsi qu’il veut être…. Pourtant il est tellement « palpable » que l’on a sans cesse l’impression qu’il va surgir d’une minute à l’autre dans la pièce où on se trouve. Cet homme est si présent qu’il emplit le livre et en même temps il nous échappe car c’est un taiseux, un électron libre. Assoiffé de justice et de liberté, il a le regard direct de ceux qui perçoivent en quelques secondes ce que vous êtes, ce que vous ressentez. Un sens aigu de l’observation qui lui permet de se sortir de situations que l’on dirait inextricables. Chacune de ces décisions est mûrement réfléchie, pensée, soupesée et une fois le choix acté il est irrévocable. Il cloisonne soigneusement sa vie pour être invisible aux yeux de tous, disparaître ou réapparaître quand bon lui semble. On ne sait pas grand-chose de lui. Suffisamment pour apprendre qu’il a travaillé dans les services secrets, dans l’armée et qu’il s’en est affranchi. Il est dangereux dans le sens où il vaut mieux ne pas être, ou ne pas devenir, son ennemi. Quand il donne, il donne tout, son énergie, son affection, sa force, sa droiture, mais toujours en retenue comme s’il lui était indispensable de maîtriser chacun de ses actes, au risque de devenir vulnérable. S’il existait dans la vraie vie, ah s’il existait dans la vraie vie…sûr que certaines malversations seraient punies….

Cette fois-ci, il s’appelle Lander. Une identité d’emprunt mais bien solide. Sur sa route, il croise Marie et ses deux enfants. Il dépanne sa voiture, elle hésite mais puisqu’il pleut et que ses gosses la culpabilisent elle le fait monter sur le siège passager. Il finit chez elle, ou plutôt dans les chambres d’hôtes tenues par sa mère. Quelques échanges et il apprend que son mari s’est suicidé il y a quelque temps. Le peu qu’elle lui en dit ne lui semble pas clair. Il propose son aide, elle refuse, puis finit par dire oui sans savoir où tout cela les mènera. La grand-mère n’aime qu’on se mêle de leurs affaires, les jeunes sont sous le charme. Alors l’homme va creuser un peu cette disparition.

Avec des scènes et des portraits d’une précision chirurgicale, Marco Pianelli nous entraîne dans l’univers de Lander, au milieu des malfrats, des caïds qui tracent leur chemin sans se préoccuper de qui ou de quoi que ce soit. Sauf que là, ils ont trouvé plus rusé qu’eux. Leurs magouilles et combines vont être mises à mal. Comment Lander, face à des ogres, des gens armés jusqu’aux dents, couverts et blanchis par les autorités, pourra-t-il faire triompher le bien ? Il ne lâchera rien, ce n’est pas son style, il prendra le temps nécessaire mais il obtiendra des réponses, des vraies pas des faux semblants, des à peu près, des sourires en coin ou des « si », non, la vérité, brute, réelle même si elle doit faire mal.

Je suis envoûtée par l’écriture et le style de l’auteur. Des phrases courtes, des phrases chocs, qui percutent le cœur, l’esprit et qui font que le lecteur est tout de suite dans le récit. C’est comme si chacun de ses mots vibrait en moi, il me transmet tout : l’émotion, l’adrénaline, le dépaysement, je suis à fond.

De plus, comment dire, peut-on être dingue d’un héros de papier ? Je dois l’avouer, je suis folle de Lander, enfin de celui qui se cache sous ce nom, puisque dans le premier roman, il se nommait autrement. Pourtant, comme Marie, je ne suis pas spécialement attirée par les grands baraqués mais il a quelque chose d’indéfinissable qui fait qu’on ne peut que tomber sous son charme. Pourtant, on le sait, ce n’est pas un homme d’attache, plan plan, ni démonstratif, ni prêt à se poser mais à ses côtés, on se sent comprise, soutenue, et on soulèverait des montagnes pour lui dire merci.

Comme ce n’est pas possible, je vais me contenter de dire merci à Monsieur Marco Pianelli !

NB : Bravo Monsieur « Jigal » pour la couverture !

PS : Vous écrivez le prochain Marco ?

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