Avis de décès de Zhou Haohui

18 avril 1984. Une série de meurtres inexpliqués dans la ville de Chengdu. Vingt-deux ans plus tard, Zheng Haoming est toujours obsédé par cette affaire. Mais au moment où il pense enfin tenir un indice majeur, il est assassiné. L’Unité 4/18 renaît alors de ses cendres. C’est le début d’un jeu du chat et de la souris avec un tueur aussi intelligent qu’insaisissable.

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Original et captivant

Nous sommes en 2002, à Chengdu dans la capitale de la province de Sichuan en Chine. Une ville surpeuplée où nous découvrons un policier Zheng Haoming qui s’en veut de ne pas avoir réussi à résoudre une série de meurtres atroces commis en 1984. Vingt-deux après cette affaire, elle l’obsède toujours et il essaie encore de trouver des pistes. Malheureusement, alors que, peut-être, quelque chose de plus précis se présentait à lui, il est tué. Deux décennies sont passées, s’agit-il du même assassin qui se sentant découvert, a agi ? En 1984, lorsque les faits s’étaient déroulés, une unité de recherche, l’unité 4/18 avait été recrutée, puis dissoute puisqu’elle n’avait pas abouti à l’arrestation du tueur. A la suite de la mort de Zheng, les autorités décident de reconstituer l’équipe avec des policiers aguerris dont un féru d’informatique, et une psychologue. Un homme, le capitaine Pei, qui a été mêlé de près aux événements antérieurs, va compléter ce groupe. Son histoire fait que certains se méfient de lui et c’est intéressant de voir les stratégies mises en place pour le surveiller…

Le tueur envoie des avis de décès à ses futures victimes et malgré toutes les protections réfléchies et installées pour protéger ceux qui ont été désignés, il arrive à ses fins. Comment choisit-il ceux qu’il décide d’occire ? Lorsqu’il pense que la justice n’a pas fait son travail, il intervient non sans prévenir avec ses courriers signés : Euménide. Euménides ? Ce sont dans la mythologie grecque, les déesses de la justice et du châtiment, elles traquaient sans relâche ceux qui avaient commis des crimes graves pour emplir leur conscience de remords et de culpabilité. Qu’ont fait de si atroce ceux qui sont ainsi désignés ?

On sent très vite que l’enquête n’aura rien d’aisé. Le criminel a un esprit retors, il a toujours une longueur d’avance sur ceux qui le traquent. Et surtout il les manipule. C’est incroyable de voir les idées qu’a eues l’auteur pour cela. C’est complexe et en même temps, lorsqu’on comprend, on se dit « mais oui, bien sûr ! » J’ai beaucoup apprécié la psychologie des personnages, les rapports qu’ils établissent faits d’entraide, d’écoute, de respect et quelques fois de méfiance. Les policiers chinois semblent avoir une haute idée de la hiérarchie et ils portent à fond le code de l’honneur. Ils se répartissent les tâches et essaient d’avancer. C’est un roman captivant, parce qu’on se mêle à ceux qui essaient d’arrêter les actes pernicieux. On voudrait nous aussi, devancer le monstre tapi dans l’ombre, le mettre à découvert. Alors, on analyse, on raisonne, on tâtonne, on émet des hypothèses, on se trompe et on repart….

L’écriture est fluide, prenante. Le rythme est assez atypique, Il y a des passages avec énormément d’action, de vivacité, de rebondissements et d’autres où on est plus dans l’introspection, ça change de ce qu’on lit habituellement. Le capitaine Pei est un individu très particulier, il aime agir seul, il cogite et assemble les éléments dont il dispose, établissant quelques recoupements pour arriver à « déchiffrer » et agir vite.

Ce recueil m’a passionnée dès les premières pages. L’atmosphère qui s’en dégage sort de l’ordinaire et pas seulement parce que ça se passe en Asie. Une grande part est laissée à la stratégie des deux côtés : que ce soit celui qui est recherché ou ceux qui le poursuivent et ça pourrait ressembler à un grand jeu si seulement on ne parlait pas de vies humaines….

C’est donc une lecture complètement addictive et maintenant que je sais qu’il s’agit d’une trilogie, j’attends avec impatience la suite !

 

 

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