Billet de blog 3 avr. 2013

Economie sociale et solidaire: l’heure du changement d’échelle

Le temps est venu de « transformer les myriades d’initiatives qui fleurissent sur les territoires en un tout, grâce à la construction d’un véritable éco-système » de l'ESS, soutiennent Jean-Philippe Magnen, vice-président de la région Pays-de-la-Loire, porte-parole national d'Europe Ecologie les Verts et Claude Taleb, vice-président de la région Haute-Normandie chargé de l’ESS.

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Le temps est venu de « transformer les myriades d’initiatives qui fleurissent sur les territoires en un tout, grâce à la construction d’un véritable éco-système » de l'ESS, soutiennent Jean-Philippe Magnen, vice-président de la région Pays-de-la-Loire, porte-parole national d'Europe Ecologie les Verts et Claude Taleb, vice-président de la région Haute-Normandie chargé de l’ESS.


Il y a urgence à développer l’économie sociale et solidaire. Tout simplement parce qu’elle est efficace. Elle crée de l’emploi, durable et non délocalisable, elle revitalise les territoires, elle propose une alternative chaque jour plus crédible à l’approche financiarisée et non-productive de l’économie, elle participe de la transition écologique des filières de la mobilité, de l’agriculture, de la construction, des énergies... Loin de se cantonner à « l’économie de la réparation », elle peut au contraire embrasser la plupart des secteurs, notamment l’industrie à laquelle elle peut redonner sens, projet et acceptation sociale… parce qu’elle est justement sociale et solidaire !

Préparer le temps de l’action


Les écologistes, en tant que force politique qui a le plus investi dans ce domaine, aux côtés des acteurs et des réseaux mais aussi en tant qu’élus au sein des collectivités locales où ils sont en responsabilité, se félicitent de la loi-cadre en cours d’élaboration, et actuellement en cours de concertation. Les dispositions qu’elle veut mettre en avant – reconnaissance légale de l’ESS et intégration au sein des politiques publiques de développement économique, définition d’outils publics de soutien, modernisation des dispositions législatives, renforcement du cadre juridique – vont en effet dans la bonne direction. Mais, après le texte et au-delà du texte, il faudra passer au temps de l’action, de la démultiplication sur le terrain (1).

Faire système et faire lien


Il est aujourd’hui impératif d’affirmer un changement d'échelle, de transformer les myriades d’initiatives qui fleurissent sur les territoires en un tout, grâce à la construction d’un véritable éco-système. Cet urgent changement d’échelle ne pourra en effet se limiter à la seule déclinaison des décisions nationales sur les territoires mais devra s’architecturer par la mise en système des initiatives du terrain : au niveau national, et au-delà, au niveau européen.
« Faisant système », en même temps nous saurons « faire lien » et mettre fin à la déperdition actuelle des énergies, celle que déplorait par exemple récemment Louis Gallois en relevant que seulement 30 des 100 millions d’euros dédiés à l’ESS au sein du Programme d’investissement d’avenir (PIA) aient été utilisés. Au-delà même des ressources, il faut se projeter sur des outils qui permettront leur appropriation sur le terrain, à travers l’accompagnement des acteurs, sur les territoires.

Vers une structure relais


La loi-cadre ne suffira pas, il y nécessité d’inventer les outils qui vont la relayer. Nous sommes ainsi persuadés, en particulier, de la nécessité de créer un « acteur de lien » entre le national et les territoires, dynamiseur toujours et dynamiteur parfois, en tous les cas garant de la juste évaluation de l’ESS au regard de son utilité, des valeurs ajoutées sociales et sociétales de ses entrepreneurs.
Cet acteur ressource aurait par exemple pour mission de transformer en actions concrètes les recommandations du futur Conseil supérieur de l’ESS, de nourrir et appuyer méthodologiquement les contractualisations territoriales à travers leurs multiples facettes (aménagement du territoire, économie, recherche, innovation, emploi, formation initiale et professionnelle…), d’animer l’efficace et proportionnel déploiement des ressources et leur nécessaire hybridation (privées, publiques et citoyennes), de valoriser et de relier les initiatives des agences territoriales de développement et des chambres de l’ESS...
Un tel outil donnerait toute sa place à l’économie sociale et solidaire, et exploiterait ainsi au bénéfice de la société française les trésors depuis trop longtemps mésestimés de l’innovation sociale.

(1) Europe Écologie Les Verts organise samedi 6 avril à Rouen (Seine-Maritime) une journée de réflexion sur l’économie sociale et solidaire, en présence du ministre Benoît Hamon et d’une pluralité d’acteurs privés et publics représentatifs de la diversité des initiatives. Au programme, analyse de la loi-cadre en cours d’élaboration et surtout affirmation des conditions nécessaires à l’indispensable changement d’échelle –dans les faits, dans les textes et dans les têtes !– pour exploiter pleinement les potentiels de cette autre façon de faire l’économie. 

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