Tsunami social à venir ? 110 milliards par an sont détournés du monde du travail.

Le partage de la richesse nationale entre le capital et le travail varie en fonction de décisions politiques. Le débat n’est plus entre la droite et la gauche, mais entre les banques et le peuple. Si la clé de répartition des richesses de 1983 était resté la même qu’en 2018, le monde du travail bénéficierait de 220 milliards de plus chaque année ! Braises d'un tsunami social ?

En 1983 le Président François Mitterrand et son Premier Ministre , Pierre Mauroy, décident de supprimer l'indexation des salaires sur les prix.

Depuis cette date la part des salaires dans la richesse nationale n'a cessé de se réduire pour passer de 74% en 1983 à moins de 64% en 1998.  (voir rapport Assemblée Nationale ICI)

Ces pourcentages ne veulent pas dire grand chose si l'on ne les replacent pas dans le cadre de la richesse annuelle de 2 200 milliards produite par la France en 2017. Ainsi lorsque le travail perd 10% ce sont 220 milliards qui changent de camps.

Mais, quelques économistes contestent ce constat, estimant que ces 10% sont exagérés puisqu'ils se fondent sur l'écart le plus grand alors qu'en moyenne cette perte n'est que de 5%. Soit ! 5% ce sont tout de même 110 milliards par an qui passent du travail au capital.

Ce qui était possible dans les années 80 ne le serait plus aujourd'hui ?

Foutaise ! Oui c'est vrai nous ne sommes plus dans le même contexte. Près de 40 ans se sont écoulés depuis cette période dans laquelle le salaire suivait l'inflation. La décision du gouvernement de 1983 était motivée pour réduire le chômage qui dépassait les 2 millions de chômeurs. Ce que ce Gouvernement n'avait pas anticipé c'est que ce blocage des salaires n'a eu pour seul effet que de gonfler le volume des dividendes servis aux actionnaires. Quant au nombre de chômeurs nous pouvons en mesurer le résultat.

C'est assez logique: si la croissance est de 2% et que les salaires sont bloqués, la différence tombe bien dans les poches de quelques-uns ! En fait pour une juste répartition, il conviendrait que les salaires suivent le taux de croissance du PIB. Or depuis 1983, toutes les mesures visent à réduire considérablement les droits des travailleurs et les charges des entreprises pour augmenter sans limite les revenus de ceux qui sont déjà les plus riches.

C'est ainsi que progressivement, les bénéfices sont allés à quelques uns et les pertes mutualisées sur tous les autres, essentiellement les travailleurs. (salariés, fonctionnaires, indépendants, libéraux, artisans, etc.)

Le Président Macron c'est la carricature de tout cela. Au moins ,comme disent beaucoup de ses interlocuteurs il est cash ! Il fait ce qu'il dit et il dit que ce qu'il fait pour le bien de ceux qui réussissent !

Rarement l'arrogance de la richesse n'a atteint un tel niveau. Et ce n'est pas fini. 

Maintenant c'est à la démocratie représentative et parlementaire que le capital s'attaque.

En réduisant les moyens des syndicats (mutualisation des instances) , des associations (suppression des emplois aidés), le gouvernement s'attaque maintenant à la démocratie parlementaire par la réduction du nombre de députés et de sénateurs. C'est populaire ! Un député ça dort ! ça coûte cher ! etc. En fait lorsque qu'on veut tuer son chien…..

C'est bien sûr méconnaitre ou négliger le travail parlementaire. Le travail qui ne sera plus réalisé par l'Assemblée ou par le Sénat le sera par quelques hauts Fonctionnaires, voire par des banquiers au service d'un Gouvernement et qui couteront peut-être encore plus cher qu'un député ou qu'un sénateur Le but poursuivi n'est donc pas de réduire les dépenses publiques mais bien de museler le parlement. Et comme les députés du Président Macron n'ont aucun sens de la République ils sacrifieront sans rechigner cette République au profit d'une monarchie pour le plus grand bonheur  des possédants.

Lorsque les corps intermédiaires d'une démocratie qui servent à réguler le débat social et ses tensions ne seront plus en capacité de le faire, alors on ne pourra qu'observer les explosions sociales anarchiques dont les blacks blocks ne sont que la partie perceptible de ce qui pourra devenir un véritable tsunami social. 

Le dernier qui a connu cela fut Louis XVI, le prochain sera peut-être Emmanuel 1er !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.