Les députés de LREM disqualifiés pour privatiser !

La commission d'enquête sénatoriale sur l'affaire Benalla soupçonne trois hauts responsables à l'Elysée, Patrick Strzoda, Alexis Kohler et le général Lionel Lavergne, d'"omissions, incohérences" et "contradictions". Elle veut que le parquet soit saisi ! Pendant ce temps Aigline de Ginestous et Bernard Mourad, amis du Président, privatisent les aéroports de Paris, la Française des jeux et Engie !

L’Assemblée Nationale décrédibilisée

Le 1er août 2018 le journal le Monde titrait : « Richard Ferrand : le « tintamarre » autour de Benalla « a jeté la suspicion sur le fonctionnement des institutions ».

Il avait raison le Président de l’Assemblée Nationale ! Mais ce n’est plus le "tintamarre" qui jette la suspicion sur le fonctionnement des institutions, mais ce sont les graves conclusions du rapport de la commission d’enquêtes du Sénat qui les démontrent !

Le Président de l’Assemblée Nationale en août 2018 dans le journal Le Monde !

« Lorsqu’on parle de « République exemplaire », on ne revendique pas l’infaillibilité, mais l’exemplarité dans le traitement des fautes qui peuvent être commises. Tout ce qui a été fait, en peu de temps [notamment la commission d’enquête à l’Assemblée nationale], a montré qu’il n’y avait aucun frein mis à la manifestation de la vérité. » Il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir !

C’est sur cette « vérité établie » par les amis des amis, que les Députés de LREM ont « planté » la commission d’enquête de l’Assemblée Nationale pour protéger le Président de la République. Bon, c’est un peu normal car sans lui, ils n’avaient, (pour le plus grand nombre d’entre-elles et d’entre-eux), aucune chance de se retrouver sur les bancs de l’Assemblée. Maintenant ils y sont pour servir le Président ! C’est presque normal, sauf qu’ils ne remplissent pas toutes leurs missions !

Ils ont totalement oublié les règles de la constitution de notre République et surtout le rôle du Parlement : "Le Parlement vote la loi. Il contrôle l'action du Gouvernement. Il évalue les politiques publiques."  C’est ce que viennent de faire les sénateurs !

Cette "affaire d’Etat", montre combien l’Assemblée Nationale a faillit dans sa mission. Les députées et députés de LREM sont bien les godillots de l’exécutif, et, si l’on en croit les informations factuelles de Médiapart, ils le sont encore dans les privatisations qui sont à l’ordre du jour du parlement !

Les privatisations en marche pour les copains d’abord !

Il faut lire cet article de médiapart « Aéroports de Paris: la privatisation de tous les soupçons » (encore Médiapart, je sais ! mais bon qui d’autres pour s’informer sur des faits réels ?)

« Heureusement, il y avait l’affaire Benalla. On craignait que la procédure d’indemnisation que nous avons prévue pour la privatisation d’ADP [anciennement Aéroports de Paris – ndlr] soulève des oppositions. En fait, les députés ont à peine regardé. Tout est passé sans problème. » Aigline de Ginestous est en verve lors de ce dîner parisien, un soir de septembre. !

Qui sont les copains ?

Aigline de Ginestous: La conseillère banquière : Ancienne salariée de la banque Rothschild, très active dans la levée de fonds d’En Marche lors de la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, elle est devenue, après les élections, collaboratrice parlementaire de Roland Lescure, président de la commission des affaires économiques et rapporteur général de la loi Pacte. Elle a aussi beaucoup travaillé sur ADP. Depuis le 16 octobre, à l’occasion du remaniement ministériel, Aigline de Ginestous a été nommée cheffe de cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’économie et des finances. 

Bernard Mourad: Le conseiller…banquier : Le gouvernement a déjà choisi depuis longtemps son banquier d’affaires pour les conseiller : c’est Bernard Mourad. Ancien dirigeant du groupe Altice, ce proche d’Emmanuel Macron a rejoint En Marche ! où il était lui aussi chargé de la collecte de fonds, pendant la campagne présidentielle. Compte tenu du rôle joué par Bernard Mourad pendant la campagne présidentielle d’Emmanuel Macron, n’aurait-il pas été préférable que Bercy applique un devoir d’abstention, afin d’éviter tout soupçon ? Interrogé, le ministère des finances n'a pas répondu.

Pour faire quoi ?

« Les explications du gouvernement ne tiennent pas la route. Sa justification pour privatiser ADP, Engie et La Française des jeux est qu’il veut dégager 10 milliards d’euros pour créer un fonds d’innovation de rupture. Une fois placées, ces sommes doivent lui permettre d’obtenir 300 millions d’euros. Tout cela n’a aucun sens, soutient le député Charles de Courson.

Le gouvernement s’apprête à payer pour privatiser ADP. C’est sans précédent. Selon les premiers chiffres avancés par le gouvernement, les indemnités s’élèveraient entre 500 millions et 1 milliard d’euros pour dédommager les actionnaires actuels. Et après 70 ans au privé l’Etat va racheter !

Les trois sociétés qui seront privatisées sans appel d’offres, versent quelque 800 millions d’euros de dividendes par an à l’État, soit bien plus que les 300 millions attendus. 

Droite et gauche unies, les sénateurs ont repoussé à début février cette privatisation, ainsi que celle de La Française des jeux et d’Engie. « Nous aurons le dernier mot », ont répliqué des députés LREM.

Il faut rester calme ?

En dehors de la presse indépendante, qui peut investiguer sur les manifestes conflits d’intérêts qui pèsent sur ce dossier des privatisations ? Qui peut mettre de l’ordre ? Une nouvelle mission d'enquête du Sénat ?

Lorsque la parole n’est plus crédible, que ce sont des menteurs et des tricheurs qui administrent notre République, que doivent-ils faire ? Que faut-il faire ?

 

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