Billet de blog 25 juin 2021

Les baffes pour LREM et son président !

Après la claque prise par Le Régime d’Emmanuel Macron (LREM) aux élections régionales et départementales, plaçant ses ministres à moins de 10 % des votes, voilà que le Conseil d’État vient d’en mettre une autre en retoquant le projet de réforme de l’assurance-chômage. Et vlan !

Denis Garnier
Conseiller social - Polémiste, auteur, blogueur
Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La réforme du chômage qui prévoyait une baisse de 20 % du montant des indemnités applicable au 1er juillet prochain ne sera donc pas appliquée… de suite.

Selon le journal La Tribune, « Cette décision fait suite aux recours déposés par plusieurs syndicats (CGT, Force ouvrière, FSU, Unsa, CFE-CGC et l’Union syndicale solidaire), dans le but de suspendre le décret du 30 mars 2021 prévoyant la réforme de l’assurance-chômage ».

« Ces nouvelles règles de calcul des allocations chômage pénaliseront de manière significative les salariés de ces secteurs, qui subissent plus qu’ils ne choisissent l’alternance entre périodes de travail et périodes d’inactivité », poursuit le Conseil d’État.

Le gouvernement estime que la décision du Conseil d’État est seulement un contre-temps et non pas une remise en cause de la réforme. En fait, le Conseil d’État estime qu’il est trop tôt pour pénaliser les chômeurs, les effets de la crise sanitaires n’étant pas encore connus. Il y a de bons aspects dans cette réforme, mais leur financement repose sur une baisse des allocations des chômeurs. Ce gouvernement reste fidèle à ses principes en dépossédant les petits pour préserver les intérêts des plus grands.

Si l’on prend l’exemple de l’archipel que j’habite, Saint-Pierre-et-Miquelon, l’hiver, l’activité est fortement réduite et impose aux salariés des périodes d’inactivité. Ce sont ces derniers qui seront le plus pénalisés. Selon une évaluation de l’Unedic réalisée au printemps, 1,15 millions de personnes ouvrant des droits dans l’année suivant le 1er juillet auraient touché une allocation mensuelle plus faible (de 17 % en moyenne), mais ce chiffre cachait des situations individuelles bien plus dures : 400 000 chômeurs auraient pu perdre 40 % du montant de leurs indemnités.

La ministre de la Mer, originaire de l’archipel, arrivera-t-elle à convaincre ses collègues du gouvernement pour éviter que les salariés du BTP ne perdent pas 17 % de leurs allocations ? Rien n’est moins sûr ! Par solidarité… elle n’ira pas contre !

Comment dans ces conditions s’étonner d’une abstention record aux élections ? Comment s’étonner de voir Le Régime d’Emmanuel Macron ne pas atteindre la barre des 10 % ? Rien d’étonnant ! Les électeurs potentiels ont peut-être pris la mesure de la crise et comprennent que ce ne sont plus les politiques qui gouvernent un pays ! La finance, l’industrie pharmaceutique, les lobbies en tout genre managent les élus et anesthésient toutes les évolutions sociales possibles. Tout ceci va mal finir ! Ce qui ne passera pas par les urnes pourrait bien passer par ailleurs !

__________

Bienvenue dans le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte

À la Une de Mediapart

Journal
Algériens sans papiers : la France ne peut plus les expulser mais continue de les enfermer
Dans un courriel confidentiel, le ministère de l’intérieur reconnaît l’impossibilité, à la suite des tensions diplomatiques entre Paris et Alger, d’éloigner les Algériennes et les Algériens sans papiers. Et pourtant : leur enfermement en centres de rétention se poursuit. Une situation « absurde » dénoncent associations et avocats.  
par Yasmine Sellami et Rémi Yang
Journal — Extrême droite
Révélations sur les grands donateurs de la campagne d’Éric Zemmour
Grâce à des documents internes de la campagne d’Éric Zemmour, Mediapart a pu identifier 35 de ses grands donateurs. Parmi eux, Chantal Bolloré, la sœur du milliardaire Vincent Bolloré, qui siège au conseil d’administration du groupe. Premier volet de notre série sur les soutiens du candidat.
par Sébastien Bourdon, Ariane Lavrilleux et Marine Turchi
Journal
La réplique implacable de Laurent Joly aux « falsifications » sur Vichy
En amont du procès en appel ce jeudi du candidat d’extrême droite pour contestation de crime contre l’humanité, l’historien Laurent Joly a publié un livre dévastateur. Il pointe ses mensonges sur le régime de Vichy, et analyse les raisons politiques de cette banalisation des crimes de l’époque.
par Fabien Escalona
Journal
Le parti républicain poursuit son offensive contre le système électoral
Un an après l’investiture de Joe Biden, le 20 janvier 2021, ses adversaires cherchent à faire pencher les prochaines élections en leur faveur en modifiant, avec une ingéniosité machiavélique, les rouages des scrutins. En ligne de mire, le vote de mi-mandat de novembre, grâce auquel une grande partie du Congrès sera renouvelée.
par Alexis Buisson

La sélection du Club

Billet de blog
Molière et François Morel m’ont fait pleurer
En novembre 2012, François Morel et ses camarades de scène jouaient Le Bourgeois gentilhomme de Molière au théâtre Odyssud de Blagnac, près de Toulouse. Et j’ai pleuré – à chaudes larmes même.
par Alexandra Sippel
Billet de blog
Molière porte des oripeaux « arabes »
Le 15 janvier 2022, Molière aurait eu 400 ans. Ce grand auteur a conquis le monde, a été traduit et adapté partout. Molière n'est désormais plus français, dans les pays arabes, les auteurs de théâtre en ont fait leur "frère", il est joué partout. Une lecture
par Ahmed Chenikii
Billet de blog
On a mis Molière dans un atlas !
Un auteur de théâtre dans un atlas ? Certes, Molière est génial. Parce qu'il n'a laissé quasiment aucune correspondance, un trio éditorial imagine comment Jean-Baptiste Poquelin a enfanté "Molière" dans un atlas aussi génial que son objet. (Par Gilles Fumey)
par Géographies en mouvement
Billet de blog
Quoi de neuf ? Molière, insurpassable ! (1/2)
400e anniversaire de la naissance de Molière. La vie sociale est un jeu et il faut prendre le parti d’en rire. « Châtier les mœurs par le rire ». La comédie d’intrigue repose forcément sur le conflit entre la norme et l’aberration, la mesure et la démesure (pas de comique sans exagération), il reste problématique de lire une idéologie précise dans le rire du dramaturge le plus joué dans le monde.
par Ph. Pichon