Billet de blog 27 févr. 2018

Un service de santé au travail ouvert aux employeurs de TPE

Les TPE/PME sont souvent délaissées par les sciences sociales, humaines et médicales. Or elles sont 96,8% qui comptent entre 0 et 20 salariés. Les employeurs de TPE sont plus de deux millions en France, dont la moitié n’emploient aucun salarié. Doivent-ils pour autant rester en marge de la prévention de la santé au travail ?

Denis Garnier
Conseiller social - Polémiste, auteur, blogueur
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Le constat par un observatoire

C’est fort de ce constat qu’un observatoire de la santé des dirigeants de TPE/PME a été créé en 2009 par Olivier Torrès, Professeur des Universités (Montpellier) et spécialiste des petites et moyennes entreprises (PME). Son nom : AMAROK
L’observatoire Amarok est une association s’intéressant à la santé physique et mentale des travailleurs non-salariés : dirigeants de PME, commerçants indépendants, professions libérales, artisans… Créé en 2009, Amarok fédère aujourd’hui une quinzaine de chercheurs qui étudient les liens entre la santé de la petite entreprise et celle de son dirigeant.
Je vous conseille vivement la consultation du site qui est une mine d’informations sur la prévention de la santé des dirigeants. 
Un article m’a particulièrement intéressé : « Les risques psychosociaux du dirigeant de PME ». C’est une étude qui identifie 30 « stresseurs » spécifiques et qui vise un double objectif. D’une part, celui de modifier le regard des dirigeants d’entreprise sur la santé au travail et d’autre part, de modifier le regard que la société porte sur la santé des dirigeants.
Il constate qu’il n’y a pas en France, de services de santé au travail pour les travailleurs non-salariés et qu’un médecin généraliste ne vaut pas un médecin du travail. Mais par ailleurs il est aussi constaté qu’il n’existe pas de médecins du travail dédiés aux travailleurs non-salariés alors que cela concerne plus de 3 millions de personnes.
Les interactions entre santé au travail et santé publique sont importantes et comme l’écrit cette association en forme de slogan : « La société mature est une société qui protège ceux qui la font ». Et, dans ce qui la font, il y a des dirigeants et des salariés.
Il faut donc matérialiser cette interaction dans le monde du travail.


Une réponse par un projet

Je ne peux donc résister à l’envie de vous présenter le projet d’un service territorial de prévention de la santé au travail intersectoriel, interprofessionnel et ouvert à tous les actifs, qu’ils soient salariés, fonctionnaires, employeurs de TPE ou travailleurs non-salariés. Ce n’est qu’un projet résultant d’une consultation des acteurs de ce territoire que sont les employeurs du secteur privé comme du secteur public, les syndicats, les représentants du personnel, les élus, les institutions telles que l’inspection du travail ou la sécurité sociale locale ainsi que des associations.

En rencontrant les représentants des employeurs du territoire, j’ai découvert que le stress, le burnout n’était pas l’apanage des seuls salariés. En parcourant par la suite le site d’Amarok j’ai retrouvé l’expression de ces employeurs qui expriment cette inaudible et inavouable souffrance patronale.
Il est pour le moins paradoxal que le syndicaliste que je suis depuis plus de 40 ans en arrive à de tels constats. Je ne traite pas des patrons de ces grandes entreprises déconnectés du monde réel. Mais la santé au travail, la prévention des risques professionnels souffre justement dans les TPE/PME de cette dichotomie qui relève du paradoxe le plus total.
La santé au travail est souvent mal perçue par ceux qui ne la connaisse pas. Il convient de ne plus opposer le contrôle des risques du travail à la prévention de la santé au travail. Les deux actions doivent coexister d’une façon plus harmonieuse et complémentaire. Le fait de mutualiser les réponses entre les différents travailleurs, salariés et non-salariés, employeurs de TPE, employeurs publics, ne peut que rendre plus lisible cette complémentarité et renforcer l’intérêt commun d’agir pour la santé pour tous qui est un bien pour chacun.

Ce projet vaut pour un petit territoire d’Outre-mer, mais il peut en inspirer d’autres.


De la théorie à la pratique,

Vous pouvez en prendre connaissance en parcourant l’article suivant : « Une structure locale d’accompagnement à la santé et au bien-être au travail à Saint-Pierre-et-Miquelon. »

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