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Le Club de Mediapart mar. 27 sept. 2016 27/9/2016 Édition de la mi-journée

Contre l'offensive islamophobe, un front large et massif

Opposés à une nouvelle loi « interdisant le port de signes religieux ou qualifiés comme tels dans les entreprises », les militant-e-s et sympathisant-e-s du Front de Gauche réunis dans cet appel veulent regrouper « exploité-e-s et opprimé-e-s, salarié-e-s, chômeurs et précaires pour changer les rapports de forces » et « accorder toutes leurs places aux citoyen-ne-s aux identitées forcément plurielles ».

Opposés à une nouvelle loi « interdisant le port de signes religieux ou qualifiés comme tels dans les entreprises », les militant-e-s et sympathisant-e-s du Front de Gauche réunis dans cet appel veulent regrouper « exploité-e-s et opprimé-e-s, salarié-e-s, chômeurs et précaires pour changer les rapports de forces » et « accorder toutes leurs places aux citoyen-ne-s aux identitées forcément plurielles ».



Suite au développement
des discriminations contre des mères dans  l'accompagnement des sorties d'école, aux réactions à l'arrêt de la Cour de cassation dans l'affaire Baby-Loup et au projet de loi sur l'extension de  l'interdiction du port du voile, nous, militant-e-s, sympathisant-e-s, électrices et électeurs du Front de gauche, voulons construire l'expression publique et collective d'une autre voix, celle de l'égalité réelle des droits pour les musulman-e-s, pour ceux et celles qui sont considérées comme  tel-le-s en France et plus largement pour toutes les personnes discriminées.

Alors que la France a été condamnée par le comité des droits de l'homme de  l'ONU pour sa loi du 15 mars 2004 contre les signes religieux à l'école, les  offensives contre les musulman-e-s, français-e-s et étranger-e-s, vivant en  France, se multiplient, alimentent un climat d'islamophobie et de racisme grandissant et renforçant des discriminations généralisées au point de faire système (contrôles policiers, emplois, logements, éducation...) contre un  nombre grandissant d'habitants de ce pays, l'Etat étant en première ligne.

Le racisme s'attaque également à des populations sur le territoire européen depuis des siècles, comme le montrent la stigmatisation et le racisme institutionnel contre les populations roms. Ces attaques, bien que s'inscrivant dans un contexte spécifique à la France, participent d'une logique internationale de conflit entre « les civilisations » entretenue par les classes dirigeantes. Face à la crise économique grandissante et à l'effritement de légitimité des institutions de la Ve République, le racisme est comme autrefois utilisé pour renforcer la division des classes populaires en désignant des boucs-émissaires. Comme dans les années 1930 avec les campagnes antisémites, il s'agit en fait pour les politiques et idéologues réactionnaires de convaincre les citoyen-ne-s-français-es que l’immigration, le plus souvent extra-européenne, serait un danger pour la société.

L'Etat, et ses institutions sont un acteur central de ce phénomène. Aujourd’hui, certain-e-s envisagent un nouveau projet de loi liberticide, interdisant le port de signes religieux ou qualifiés comme tels dans les entreprises des secteurs privés et associatifs, en particulier pour les salariées s'occupant de jeunes enfants. Ce projet de loi constituerait une atteinte au droit du travail, qui renforcerait la subordination des salarié-e-s à leur employeur et constituerait une nouvelle discrimination à l'embauche.

L'interdiction du port du voile aurait pour conséquences l'exclusion des femmes qui le portent de l'enseignement, du travail, etc. Cela  constituerait une atteinte aux droits des femmes et les empêcherait d'accéder à tout ce qui, historiquement, a permis leur intégration dans la société et leur émancipation, fut-elle partielle. Ces exclusions accentueraient la ghettoïsation, et donc nuiraient à la fraternité qui est un des principes et des idéaux de la République française. Il serait inconcevable qu’une telle politique soit mise en avant par la gauche. L'affaiblissement des liens sociaux et des structures de solidarité collective qui découle du fonctionnement du système capitaliste pousse au  regroupement sur des bases exclusivement identitaires quand aucune alternative crédible n'apparaît. Les conditions sociales et économiques qui sont imposées à ces populations renforcent leur sentiment d’appartenance qui leur apparaît alors souvent comme un moyen d’autodéfense contre les discriminations et les ségrégations.

Attachés à la laïcité, nous considérons qu'elle est déjà protégée par la loi de 1905. Conformément à l'intention initiale de Jaurès, la laïcité a eu jusqu'à récemment pour usage de permettre à chacun-e, croyant-e ou non, de vivre en harmonie/en bonne entente, et de protéger la liberté de conscience et de garantir l'égalité des citoyen-ne-s. Elle est désormais instrumentalisée comme un outil de rejet des appartenances complexes des citoyens-nes, comme une arme de discrimination massive, comme paravent pour lancer des attaques haineuses et servir de prétexte à des lois discriminatoires !

L'islamophobie s'inscrit dans un ensemble de discriminations. Nous devons toutes les combattre à la fois par un travail théorique, politique et de terrain. Nous avons besoin d'un front large et massif, d'un bloc social, qui regroupe exploité-e-s et opprimé-e-s, salarié-e-s, chômeurs et précaires pour changer les rapports de forces et renverser la vapeur et avancer vers cette VIe République qui devrait accorder toutes leurs places aux citoyen-ne-s aux identitées forcément plurielles.

Des convergences politiques sont nécessaires. Un des principes fondateurs du Front de Gauche est l'acceptation de la diversité en son sein. Il nous est nécessaire de construire l’unité des exploité-e-s et des opprimé-e-s et de rassembler au-delà des membres d'organisations face aux nombreuses entreprises de division. Contre l'offensive islamophobe, nous, militants et sympathisants du FDG contre l’islamophobie, mènerons le débat dans nos organisations et agirons publiquement, entre autres au sein des assemblées citoyennes organisées par les collectifs locaux du FDG. Nous souhaitons élargir le dialogue et agir avec les intellectuel-le-s et les mouvements qui portent ces questions depuis plus de trente ans, en premier lieu ceux des mouvements autonomes dans les quartiers populaires et de l'immigration. Aujourd'hui comme hier, la politique se fait d'abord par et avec les personnes concernées.

Le 18 mai au matin, nous appelons à la tenue d'une réunion nationale pour poursuivre la discussion, participer aux élaborations et nous organiser: nous apporterons notre contribution au travail du Front de gauche thématique immigration racisme.

Dans un premier temps, participons massivement au rassemblement appelé par Maman toutes égales, ce réseau emblématique par sa bataille pour le droit de toutes les mamans et les papas à accompagner les sorties scolaires !

"Bref, tout ça prouve aux combattants

Qu'Marianne a la peau brune,

Du chien dans l'ventre et qu'il est temps,

D'crier "Vive la commune !" (Elle n'est pas morte)

 

 Signataires

Alima Boumédienne Thiery, FASE
Stéphane Lavignotte, militant écologiste et du Christianisme social
Daniele Obono, C et A
Frédérick Gauvin-Dupont, Parti communiste, Plonéour-Lanvern (Finistère)
Nolwenn Neveu FDG
Veronika Daae, Alternatifs, Toulouse
Pierre Zarka, association des Communistes Unitaires
Catherine Samary, GA et NPA, Paris XVIIIe
Benoît Geraud, ex-PG, Alfortville (94)
Danielle Carasco, Fase, militante féministe
Capucine Larzillière, militante féministe, GA, Montreuil (93)
Razmig Keucheyan, militant Fdg, Paris XIXe.
Sarah Al Matary, PG

Avec: Diane Adam, syndicaliste, GA, Paris centre; Etienne Adam, FASE; Mathieu Allain, Ga Fdg Marseille centre; Janie Arneguy, les Alternatifs Gard; Grégory Bekhtari, GA, Paris 10e; Gilles Boitte, Communiste unitaire; Bernadette Bouchard, Les Alternatifs Alpes-Maritimes (06); Antoine Boulangé, GA, Vitry sur Seine (94); Jean Brafman, FASE; Pantxoa Caussarieu, Fase 64; Patricia Cavalera, les Alternatifs Ardèche; Florence Ciaravola, les Alternatifs Alpes-Maritimes; Mathieu Colloghan, Alternatif; Renaud Cornand (Ga-FdG 13); Hendrik Davi, FdG Marseille centre; Martine Dejean, Fase 43; Bruno Della Sudda, Alternatifs, Nice (06); Christian Delord, les Alternatifs Gard; Carole Eldin, GA, Marseille; Colin Falconer, GA, Saint-Denis (93); Pierre Gayral, les Alternatifs Paris; Vincent Gay, GA Montreuil; Guy Giani, Alternatifs pays de Grasse; Cécile Gobbo, GA, Paris 10e; Geneviève Huchet, Les Alternatifs 06; Michèle Kiintz, Communistes unitaires/ FASE; Valérie Lafont, FDG; Arthur Leduc, les Alternatifs Alpes-Maritimes; Christophe Lemasson, Alternatifs, Saint Brieuc; Laurent Lévy, FASE; Jean Marie Lucain, Les Alternatifs 06; Roland Mérieux, Alternatifs; Henri Mermé, Alternatifs; John Mullen, GA, Montreuil (93); Richard Neuville, les Alternatifs Ardèche; No Neveu (Ga 13 et FdG marseille centre); Pierre Nouzarède, Fase 24; Rémy Querbouet, les Alternatifs Loire Atlantique; Marc Rebuschi, Fase; Florian Rideau, Les Alternatifs, Paris; Cécile Rigaldiès, GA, Paris 10e; Lisbeth Sal, GA; Laurent Sorel, GA; Sarah Tiano, GA, Marseille; Jean-Louis Touton, GA; Nikou Tridon, Les Alternatifs 06; Daniel Ullman, 75018, sympathisant du Front de Gauche; Nicolas Verdon, GA, Paris 19e; Thomas Vescovi, sympathisant Fdg, Saint-Denis (93).

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Tous les commentaires

Encore une tres bonne raison de ne pas voter front de gauche au centre ville de Marseille dont le site est tenu par un signataire de cette liste .. je conseille vivement aux signataires de ce texte de faire un tour aux lycees victorhugo du centre ville de marseille  ...comment le pc et le parti de gauche peuvent ils tolerer de tels illumines ? 

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L'édition

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Les batailles de l'égalité

À propos de l'édition

On peut le dire à l'envers: défendre l'égalité, c'est combattre l'injustice, les inégalités, les discriminations. On peut le dire au pluriel: égalité des droits, égalité devant la loi, égalité des origines,

égalité des territoires, égalité des sexes, égalité à l'école, égalité au travail, à l'hôpital, devant la justice... C'est au regard de ce critère que cette édition ouverte à tous se propose d'examiner la présidence de François Hollande, de souligner les défis qui l'attendent, d'observer ses réalisations et ses manques.