89. « droits modernisés » : livrés à l’arbitraire et aux discriminations.

Les "droits" de lrem ne sont pas les droits égaux des citoyens, comme nous les connaissons depuis la Libération, fondement de la démocratie.  Mais droits « au mérite » : arme de soumission à l'autorité, arme de discrimination, d'exclusion. La gestion des services publics par logiciels conçus pour réduire les droits acquis à un standard et voir des abus partout : se battre sans fin ou renoncer.

 

Les "droits" de lrem ne sont pas les droits égaux des citoyens, comme nous les connaissons depuis la Libération, fondement de la démocratie.

  Mais droits « au mérite » : arme de soumission à l'autorité, arme de discrimination, d'exclusion.

La gestion des services publics par logiciels conçus pour réduire les droits acquis à un standard et voir des abus partout : se battre sans fin ou renoncer.

La réforme des retraites en est un exemple dramatique. La présente réforme veut détruire le droit existant,  créé par chaque trimestre travaillé suivi d’un calcul simple selon le salaire antérieur, pour calculer les ressources pour finir ses jours.

La réforme par points n’a pas encore révélé comment l’employeur attribuera chaque année les points. Avec un quota au mérite, proche de l’attribution des primes : être bien vu.

Les lois sont en permanence bricolées, soit refondues, soit a mendées, qui en renversent la logique, puis par énoncé d'exceptions nombreuses. Exemple sur la charge de la preuve, ou sur l'effet d'absence de réponse de l'administration à une demande. Fluctuations au gré des pressions de groupes d'intérêts privés, au détriment de l'intérêt public. Le "droit" néolibéral est impraticable, mouvant, les particuliers s'y en lisent. Les puissants y trouvent mille artifices pour noyer les procédures qui les visent. 

Mais le triomphe de l’arbitraire se concrétise aussi en tout, à tout moment :

- Par la gestion des organismes et services publics par logiciels crétins qui ne justifient jamais leurs actes, programmés pour traiter en fraude ce qui sort d’un standard. Il faut réclamer, justifier notre droit, se battre ou renoncer par lassitude. Une banque vous prélevé une cotisation qui ne correspond à aucun contrat, prélève le coût une prestation sans objet...

 - Gestion des autoentrepreneurs par logiciel de commandement = suppression du droit de travail

 - Le recrutement hors concours de la fonction publique, ouvre le champ aux discriminations et au clientélisme, à l’arbitraire dans les salaires et primes.

 - L’affaiblissement voire suppression des contrôles, met en péril les droits fondamentaux tels celui à la Santé comme le montre le procès Servier, ou l’incendie Lubrizol à Rouen  *  Comme le montre aussi la domination de la FNSEA sur les ministères. Utilité du secret de fabrication, pour couvrir les risque imposés aux populations à leur insu. Le risque de catastrophe est décuplé par les compressions de personnels, soumis à un management irresponsable, qui empêche de respecter les règles de sécurité.

 - La perte de maîtrise de notre subsistance et de nos approvisionnements nous livrent à l’appétit sans limite des rapaces : un smartphone vendu 1000 euros est payé 4 euros aux Indiens qui le fabriquent. Les prix qui nous sont imposés relèvent de plus en plus de spéculation. Pur arbitraire assis sur des pénuries organisées : Dictature des Marchés.

 - Perte de contact avec la culture, socle de notre libre jugement. Remplacée par les principes de la gouvernance et par l’ivresse du divertissement, du bruit et de divers autres excitants offerts comme échappatoire à tout ce qui nous angoisse.

 - L’arbitraire policier nous menace à tout moment, punit sur place dans la rue par mutilation. Va désormais vers les procès par intention.

- des procédures judiciaires sans fondement sont menées pour étouffer la contestation concrète d'un pouvoir. Procès politiques. Ainsi, une députée se proclame "agressée" **. A Lyon, procédure honteuse, en appel le 7 octobre. Alex n’a fait aucune dégradation dans l’exercice collectif du droit d’expression.***  C’est un procès politique : le pouvoir néolibéral protège l’intox des publicités qui couvrent rues et métro. Panneaux et vidéos agressifs par leur grande taille qui imposent des scènes violentes ou sexistes, soit des leurres pour de faux bonheurs, ou des invites à la soumission.  Le pouvoir va toujours plus loin, contre toute contestation concrète de la domination par les marchés. Soutien à Alex !

Le fondement des démocraties est constitué de droits accessibles par tous, sans discrimination aucune.

Le triomphe de l’arbitraire a été généralisé pour installer insidieusement un totalitarisme : la victoire totale de la caste en son mépris insondable pour l’ensemble de la population. Qui doit payer son profit et satisfaire ses désirs quels qu’ils soient.

20 ans de gouvernance néolibérale ont fracturé la société de notre pays en cinq populations cloisonnées :

- Les centre-métropole de luxe, très protégés. Internationalisés. Ceux qui se prennent pour les maîtres du monde... , qui font des affaires partout, et qui le détruisent. Des affaires et trafics de toute nature. Légales comme illégales, indifféremment. Même la fonte terrifiante des pôles donne lieu à spéculations et rivalités terribles. Très mobiles autour de la planète, d'un centre grand luxe à l'autre, sans être d'aucun. Pour eux, les cultures ne sont qu'un marqueur commercial. Saoulés de technologies du futur. Chacun redoute en permanence d'être éliminé. Ecouter sur Youtube les interviews de Monique Pinçon-Charlot. Les Métropoles prospère sur le dos des autres populations et particulièrement au détriment du reste de la région : villes et paysannerie ruinée par le marché de l’agroalimentaire lointain. Peuvent assouvir leurs désirs au détriment des autres catégories, Impunément. Le système néolibéral est boursouflé, incapable de se maîtriser, fauteur de guerres contre les peuples, fauteur de crimes contre l'humanité, de crimes contre la nature. Il ne s'effondrera pas de lui-même, hélas.

 - Le monde invisible de ceux qui perdent leur vie dans la rue, dans un carton, ou cachés dans les fourrés. Chassés de tous leurs refuges, même les plus misérables.  Leur tort : être nés en un lieu social ou géographique devenu impossible à vivre. Des parias. Ceux que l’aggravation des inégalités a enfoncés.

- Les banlieues en couronne, surveillées, réprimées. Lieu ou est expérimentée la prochaine étape de régime policier, de déni de droits et de démocratie. Terrain d’entraînement policier. Sur ces quartiers sont concentrées toutes les discriminations et expérimentations des pouvoirs publics pour imposer des regroupements communautaires. Afin que les conflits entre communautés remplacent l’entraide. Lire : https://www.mediapart.fr/journal/france/170919/patrick-simon-un-discours-sur-l-immigration-qui-vise-creer-des-antagonismes

- Un monde intermédiaire, en ville et en campagne, en cours de précarisation, ou menacés de désertification, que le pouvoir appâte à grand renfort de publicités, divertit et alcoolise.(envahissement de terrasses de consommation autorisée à 1h du matin, sur la voie publique). Le discours politique vise ce monde intermédiaire, qui fournit les rangs des Gilets Jaunes. Les graves blessures infligées aux GJ visent à dissuader cette catégorie de population, la plus nombreuse, à grossir leurs rangs dans la rue. Sous pression de précarisation néolibérale. La propagande illusionniste gouvernementale leur est destinée, relayée par médias serviles (On vous prive de droits, mais c'est pour votre bien futur). Les plus nombreux : leurs votes sont convoités par tous les partis. Mais ils sont tenus à l'écart de leurs décisions. Repoussés toujours plus loin des centres-villes. Premiers témoins de la destruction des services publics et des droits sociaux. En campagne, le sentiment de relégation est terrible. A tous, les partis de droite imposent la nostalgie d'une fiction d'identité éternelle fausse pour protéger le mythe identitaire d’’extrême-droite. Théoricien : Zemmour.

Urbanisme et architecture contribuent fortement à façonner et isoler chacun de ces groupes qui doivent s'ignorer. Voir le blog de SCOPFAIR https://blogs.mediapart.fr/scopfair/blog/200919/la-metropole-en-guerre-contre-les-quartiers-populaires

Toutes les réformes visent principalement cette population intermédiaire et l’enfoncent un peu plus. A même été lancé un texte pour privatiser le logement social, puis le détruire pour dégager de nouvelles zones de spéculation immobilière vers les métropoles. De nombreuses initiatives pour se réapproprier ses moyens de vie. Inventer une résilience fondée sur l’entraide.

ZAD, Nuits Debout, Forum Ronds Points GJ : Le peuple expérimente.

Un pas décisif se franchira lorsqu'on commencera à VOIR comment chaque objectif de lutte concerne spécifiquement plusieurs groupes de travailleurs immigrés, de jeunes des banlieues, les divers handicaps, comment sous des formes spécifiques des agriculteurs sont impactés, etc...   A mesure que notre regard s'ouvrira, alors l'ampleur des luttes grandira et ce ne sera pas une convergence.

Ce fut un débat vif dans la CFDT des années 70 : organisation prioritairement par branche professionnelle, ou par les union départementales qui permettent une approche globale ?

L'unicité de la lutte doit répondre à l'unicité de l'exploitation des humains.

 

 Le mouvement Gilets Jaunes a déstabilisé le pouvoir parce qu'il rompait les cloisonnements. Et s'est adressé aux décideurs délocalisés par dessus la tête du gouvernement du moment scandaleusement menteur qui nie ses méfaits et nie la violence policière organisée : la police est organisée pour punir physiquement, immédiatement dans la rue.. Le pouvoir s'acharne à détruire le mouvement GJ et à en détruire les traces.

Contre l'Unité de la République, la politique néolibérale depuis 20 ans aggrave les inégalités et sépare quatre mondes cloisonnés, traités très différemment, au profit exclusif de la finance mondialisée.

 

La corruption des institutions  dégrade la société dans son fondement, attaque l'égalité de droits pour tous, base de notre démocratie : Nos institutions et services publics ont été en 40 ans réformés en bras armé de la caste, pour dominer, dépouiller la population. Dans ce système de domination sur la société, la corruption d'experts, de ministres, directeurs, fonctionnaires territoriaux...est devenue  un investissement, pour être favorisé par une loi, un marché public, et arrosé de fonds publics... Les administrations sont réformées pour faciliter cette corruption qui, pour eux, est la coopération normale du secteur privé et du secteur public qu'il s'est asservi.


La contradiction majeure des sociétés est que le pouvoir réel, celui qui dicte les lois celui qui façonne nos conditions de vie et nos mentalités, est impossible à localiser, insaisissable.  Et cependant à chacun de nos gestes, à chaque instant nous nous heurtons aux murs d'un cachot et prenons un coup de matraque : l'État dégradé. Sous les ricanements du bavard Président, élu du moment.

Contradiction entre la recherche vitale de formes de lutte adaptées, et jeu piégé des élections, où seul le leurre et le pouvoir sont gagnants. Avec des temporalités et des logiques très différentes. 

Mais c'est le drame écologique délibérément ignoré par la caste qui risque bien imposer sa nouvelle temporalité dont le GIEC observe l'emballement. Combiné avec l'extension de la guerre contre les peuples, Combiné avec un effondrement monétaire, autre angle mort de la caste.

https://www.mediapart.fr/journal/france/021019/rouen-la-colere-des-habitants-face-l-opacite-de-l-etat?page_article=2

** https://www.mediapart.fr/journal/france/080519/au-tribunal-un-gilet-jaune-face-la-suppleante-de-castaner

***  https://blogs.mediapart.fr/philippe-meirieu/blog/041019/proces-d-alex-7-octobre-lyon

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