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ARCHITECTURE MUSULMANE : LA GRANDE MOSQUÉE DE CORDOUE

786, aux lèvres du Guadalquivir, la mosquée-Joyau de Cordoue construite par Abd er Rahman. XVIe s. Les chanoines du chapitre firent démolir une partie importante du cœur de l'édifice y incrustant une cathédrale bouleversant la perspective de la forêt de colonnes; entraînant gronderie de Charles Quint: "Vous avez détruit ce que l'on ne voyait nulle part pour construire ce que l'on voit partout" EMC
  1. 786, la mosquée, cathédrale de Cordoue, de son ancien nom, Grande mosquée de Cordoue, (de style émiral et califal),

    agrandie trois fois sous les Abderrahmane, (1) devenant, travaux finis au XI ème siècle, la "plus grande mosquée du monde arabe après celle de la Mecque. 

    Elle se présente sous la forme d'un vaste quadrilatère d'environ 180 mètres de long sur 130 mètres de large,

    comptant 19 nefs, et plus de 850 colonnes en marbre de réemplois (spolia), portant des arcades doubles en brique et pierre blanche, permettant d'avoir un plafond haut, donnant à l'édifice une impression de légèreté, 

    spectacle de chapiteaux antiques et paléochrétiens de styles différents, formant un ensemble hétéroclite.

    Cordoue, capitale d'une province romaine, la Bétique, où fut dressé un temple de Janus.

    572, la ville est prise, passant sous les Wisigoths, qui, abandonnant l'arianisme, lui substituant le catholicisme, construisent en 584, à l'emplacement du temple, l'église Saint-Vincent de Saragosse. 

    L'Édifice passe après Reconquista, en 1236, (2) sous l'appellation ecclésiastique : Catedral de Nuesta Señora de la Asunción, Cathédrale Notre-Dame de L'Assomption.

    Ce monument allie les styles gothique, Renaissance et baroque et est magnifiquement décoré; 

    par la suite, Charles Quint, regretta la transformation de cet édifice :

    "Vous avez détruit ce qu'on ne voyait nulle part pour construire ce que l'on voit partout."

    De nos jours, la "mosquée-cathédrale" de Cordoue est officiellement une église, un lieu de culte chrétien catholique, elle a de plus le titre de cathédrale.

    La pratique du culte musulman y est formellement interdite. 

    Wikipedia  

    Notes d'emprunt et retouches. 

    (1)

    - 786: Abderrahmane 1er construction de la mosquée -en réplique à celle des omeyyades à Damas- comprenant une cour carrée, le patio de los naranjos, ou cour des orangers entourée d'un mur d'enceinte, sur laquelle s'offrait totalement LA salle de prières, de forme rectangulaire, composée de onze nefs, de douze travées chacune, disposées face à la cour. 

    - Hichem 1er effectue plusieurs aménagements intérieurs, creuse des galeries destinées aux femmes venant y faire la prière ainsi qu'un bassin d'ablution. 

    - 833: Abderrahmane II double la longueur des travées -

    - 961: Al-Hakām II reconstruit le mihrab, réalise une coupole d'arcs croisés. 

    - 987: Al-Mansour, limité par le Guadalquivir, qui ne permet pas de poursuivre l'allongement des onze travées initiales, on ajoute vers l'est vers l'est, sur toute la longueur de l'édifice, huit travées supplémentaires qui en doublant la surface, excentre le mihrab; d'où révision incessante. 

    (2) 1236, Sous Ferdinand III de Castille.

    Voir billets évolutifs 

        CORDOUE CAVIAR CIVILISATIONNEL 

    La grande mosquée de Cordoue, un caviar de foi ouvrière. 

    Huitcentaine de jambages, cours d'ingambe-cœur à l'Éternel;

    ce serait plutôt un millier de piliers, futaie de sveltesse, à dégaine sacrale,

    efflanquage de tiges et d'arcures, palmeraie marmoréenne, parcourue d'or et d'éburnéenne furtivité, à l'agriffe d'une foi, votive, fouaillante, fastigiée, au silenciaire frémis d'une prière,

    complexe de perplexité, de seigneuriale rencogne, vertigineuse oraison à décoche d'âme, splendidement atteinte à ses moulures d'expression, entre courbure racinante et assaut de stalactites,

    fouillis de phalanges tendues, à multiplie d'allonge au Ciel, de l'Un Total, vertigineusement rotacé, rubis à pible de baraka, terriblement imperceptible et prégnant à sa torrentielle lumière à quoi s'épuisent toutes issues de l'être-là, à forge d'âme, saisi et sauf à son pulvérulent ballet d'effacement à l'Être;

    Merveilleux et humble rouage à cette horlogerie du lieu, en visite à soi-même, Sindbad à son senhal d'enclenche,

    probablement en présentielle allégorie aux Mille et Une Nuit.

    E'M.C.

    Orientation bibliographique :

    Guide bleu de l'Andalousie, Édition février 2011.

    Cordoue - La grande mosquée de l'Espagne mozarabe, Henri Stierlin, Anne Stierlin (photographe), Adrien Buchet (photographe) 

    Al-Andalus : 712 - 1492, Pierre Guichard, juin 2011

    L'Andalousie arabe, une culture de la tolérance, WIII ième XV ième siècle, Maria Rosa Menocal, avril 2004.

    L'Espagne musulmane, WIIIe-XIe, André Clot, septembre 2004. 

    La matérialisation de la prière en Orient, René Dussaud, Bulletin et mémoire de la Société d'anthropologie de Paris, Ve série, tome 7, 1906, pages 213-220

    Choix, remploi, découpage, chapô, note, étais, texte, bibliographie, E'M.C, 

    Site classé, BIC, 1882.

    Patrimoine mondial, 1984.

     

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