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L'islam et l'Occident

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Billet de blog 22 nov. 2016

GÉOGRAPHIE

Long jusant au flot/ le géographe s'oblige / à l'essor du sort/ énucléeur de magot/ guerre binocle de Paix/ Gagnage cruel/ l'histoire-hydre à son argus / plastique l'espace/ haria à son rabâchage/ au supplice du disciple. Fi d'Éducation! Aujourd'hui, la médiaguerre raconte GéO, à toute fréquence, à l'anagnoste de tantôt, via packageurs d'origo. À tankas minutes, bienvenue à ténuirostre. E'M.C.

E'M.C.
Pr.-Apprenant permane, assigné à résilience.
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Lorsque les Arabes commencèrent leurs recherches géographiques, ils puisèrent leurs premières informations dans les livres grecs. (...)

De nouvelles observations astronomiques, ordonnées par le khalife al-Ma'mûn et exécutées par les auteurs de la Table vérifiée, corrigèrent l'Almageste.

Le Rasm al-Ard (Description de la terre), détermina avec plus de précision les longitudes terrestres et apporta des améliorations notables aux tables de Ptolémée.

La comparaison entre les positions déterminées par les Grecs et celles qu'établirent les Arabes prouve que les premiers commettaient des erreurs de plusieurs degrés, alors que, chez les Arabes, les latitudes sont exactes à quelques minutes près.

Le plus ancien ouvrage de géographie arabe connu est le traité de Nadhar de Bassrah paru en 740.

Vient ensuite le manuel de géographie d'Istakari, publié au milieu du IX ème siècle.

Jusqu'au XI ème siècle, la géographie mathématique ne fit pas de progrès notables.

               GÉOGRAPHIE DESCRIPTIVE

Par contre la géographie descriptive connut un développement remarquable.

Les Arabes furent de tout temps des voyageurs hardis.

                          RENAN 

"La passion des voyages, est un des traits les plus saillants du caractère des Arabes et un de ceux par lesquels ils ont marqué le plus profondément leur trace dans l'histoire de la civilisation. 

Avant le grand élan de la navigation espagnole et portugaise aux XV et XVI ème siécles, aucun n'avait autant que les Arabes contribué à élargir l'idée de l'univers et à donner à l'homme une idée exacte de la planète qu'il habite, première confition dectout véritable progrès. (1)

Dès les premières années de la fondation de l'Empire de l'Islam, ils pénétrèrent très loin à l'intérieur des terres de l'Asie, de l'Europe orientale et de l'Afrique. 

Leurs embarcations sillonnèrent la Méditerranée, le Golfe persique, l'Océan indien et les Mers du Sud.

Les premiers explorateurs de ces régions lointaines, alors à peine soupçonnées des Européens, furent les marchands arabes.

Certes les qualités nécessaires à des investigations scientifiques sérieuses manquaient à ces commerçants.

Leurs récits imagés et captivants contenaient pourtant une foule d'observations intéressantes et d'indications utiles.

Ils stimulèrent au plus haut degré la curiosité des savants et des lettrés qui les suivirent plus tard dans leurs pérégrinations.

Quelques unes des relations de ces commerçants sont arrivées jusqu'à nous.

                        SÛLAYMÂN 

La description du voyage en Chine que fit, au IX ème siècle de notre ère, un certain Sûleiman mérite particulièrement notre attention. (a) 

                         ABÛ ZEID 

Son livre, écrit en 851 et complété en 880 par Abû Zeid, fut le premier ouvrage publié en Europe sur la Chine. 

Quand l'Empire de l'Islam s'étendit de l'Océan Atlantique aux frontières de la Chine, les grandes routes internationales s'ouvrirent.

Quatre routes principales menaient de Tanger et de Cadix aux extrémités de l'Asie.

L'une traversait l'Espagne et le continent européen jusqu'à la Caspienne.

La deuxième menait de l'Afrique du Nord à l'Inde par l'Égypte, la Syrie, l'Irak et l'Iran.

Les deux dernières franchissaient la Méditerranée et se dirigeaient, l'une par la Syrie et le Golfe persique et l'autre, par Alexandrie et la Mer Rouge, pour se rejoindre dans l'Océan Indien.

              HASSAN ALI AL-MAÇ'ÛDΠ

Les œuvres de Maçûdi (a') d'ibn Hawkal (b), d'al-Istakari et d'autres renseignaient les voyageurs sur les dangers qui les attendaient sur les routes, sur les partucularités de la vie et des mœurs des habitants des contrées lointaines. 

"Dans les Prairies d'Or, Maçûdi a dépeint l'état où se trouvaient les peuples et les pays de l'Orient et de l'Occident à l'époque où il écrivait. 

Ce traité nous fait connaître leurs croyances, leurs mœurs, là natures des contrées qu'ils habitaient, leurs montagnes, leurs mers, leurs royaumes, leurs dynasties, les ramifications de leur race et celles des nations étrangères; aussi est-il un modèle sur lequel les autres historiens de règlent, un ouvrage fondamental sur lequel Ils s'appuie t pour montrer la vérité d'une bonne partie de leurs enseignements." 

(...)

                             RENAN

"La vivacité d'esprit, le talent, la largeur du jugement  qui résulte de la liberté des mœurs et de la liberté de croyance, coulent à pleins bords dans ces récits décousus." (3)

                      IBN AL- HAWKÂL

"J'ai décrit la terre en long et en large et j'ai fait connaître les provinces musulmanes. 

Chaque région particulière est accompagnée d'une carte qui en offre la situation.

J'indique la limite de chaque région, les villes et les cantons qui s'y trouvent, les rivières qui l'arrosent, les dépôts qui en modifient la surface, les ressources qu'elle présente, les impôts de diverse nature qu'elle paie, les routes qui la traversent, les distances qui la sépare des  ontrees voisines, le genre de commerce qui y réussit le mieux; en un mot, j'ai rassemblé tous les reneignements qui ont fait de la géographie une science qui intéresse les princes et les personnes de toutes classes." (4)

Son Canon fut ainsi pour l'ouest de l'Empire ce que le Rasm al Ard avait été pour les régions centrales. 

                        Al IDRISSΠ

Idrisi (e) naquit à Ceuta en 1099.

Il fut le premier à établir la liaison entre la géographie des Latins et celle des écoles musulmanes.

Il avait fait ses études à Cordoue et se rendit ensuite à la cour de Roger, roi de Sicile.

"Il fabriqua pour ce prince une table ronde en argent du poids de huit cents marcs, sur laquelle il avait fait graver, en arabe, tout ce qu'il avait pu voir des diverses contrées de la terre alors connues;

il avai aussi composé un traité de géographie, qui nous est seul parvenu, et que, pendant trois siècles et demi, les cartographes de l'Europe n'ont fait que copier avec des variations peu importantes." (5)

               ABÛ'L-HASSAN ALI

Le savant marocain Abû'l Hassan Ali, dont l'ouvrage est un des plus précieux monuments de la géographie arabe, apporta la dernière réforme qui manquait encore au Rasm al Ard رسم الأرض, en corrigeant de fausses indications qu'il contenait au sujet du littoral de l'Espagne et de l'Afrique septentrionale. 

                        IBN BATTÛTA 

Ibn Batûta est, peut-être le plus populaire des voyageurs musulmans.

Il a fait plusieurs randonnées impressionnantes à travers les continents.

Chacune d'elles aurait suffit à remplir de souvenirs toute une vie. 

Né à Tanger en 1404, il commença jeune ses voyages.

Parti en 1325 de sa ville natale, il fit le pèlerinage aux lieux saints de l'Islam.

Il traversa l'Afrique du Nord et la Haute Egypte jusqu'â la Mer Rouge.

N'ayant pas trouvé de passage sûr, il fit demi-tout et arriva à la Mecque par la Syrie et la Palestine.

(...)

Ibn Batûta mourut en 1377.

                        IBN DJUBAÏR 

Mohammed ben Mohammed, qui recueillit le récit d'ibn Batûta et arrangea son style, s'appuyait sur la Sicile ration d'Ibn Djubaîr, autre voyageur arabe de marque, dont l'ouvrage est considéré comme capital, surtout pour la connaissance de la Sicile du XII ème siècle, sous Guillaume le Bon.

                         ULUG BEG 

La carte générale du monde d'Ulug Beg, l'auteur des célèbres tables astronomiques qui portent son nom, mérite une mention spéciale.

                      NASR ED-DÎN THÛSÎ

Il la fit dresser en se basant surtout sur les écrits de Nasr ed-Dîne Thûsî et les observations d'Ali Koschadji.

                        ALI KOSCHADJI 

Ce dernier entreprit sur des ordres un voyage en Chine vérifia la mesure d'un degré du méridien et de la grandeur du globe. 

          CARTES NAUTIQUES DES ARABES 

 Disons aussi un mot des cartes nautiques des Arabes. 

M. Sédillot écrit que 

"Vasco de Gama, en vit une, en 1497, chez Malem  Cana,(h) maure de Guzzarate, qu'il prit comme pilote à Melinde;

une autre, dessinée par l'Arabe Omar, servit au grand Albuquerque pour la navigation sur la mer d'Oman et le Golfe persique."

Les travaux des savants musulmans ont joué un certain rôle dans la découverte de l'Amérique. 

          LETTRE D'HAÏTI (OCTOBRE 1498)

"Dans une lettre datée d'Haïti (octobre 1498), Christophe Colomb nomme Avenruyz (Averroès), d'après une citation de Pierre d'Ailly, comme un des auteurs qui lui ont fait deviner l'existence du Nouveau-Monde." 

Pour terminer ce court aperçu sur la géographie musulmane, mentionnons enfin le très distingué voyageur turc Evliya Effendi.

                     EVLIYA EFFENDI 

Ce qui constitue l'intérêt particulier de l'ouvrage (7) de cet écrivain du XII ème siècle, aussi érudit qu'observateur, c'est l'attention speciale qu'il porte aux questions sociales et économiques ainsi qu'à la description des ouvrages militaires des diverses contrées qu'il a visitées.

Les captivantes pages consacrées aux "guildes" des marchands et des artisans de Constantinople sont un document unique pour la connaissance corporative de l'époque en Orient musulman. 

                       Al- BIRÛNI 

Al-Birûni, (...), (c) 

Il corrigea, vers 1025, les erreurs qui affectaient les longitudes de la Transoxiane et du Sind. (e)

(a) graphie exacte Sûlaymâne.

(a') graphie exacte Ibn al-Hawkâl.

(b) nom intégral Hassan 'Ali al-Maçu'dî. 

(c) al-Birûni, mathématicien, astronome, médecin; né en 973, dans un faubourg de Khwarezm, mort en 1043. 

(d) Sind, d'où le "personnage" Sindbad "Sindbâd", - Celui qui arriva au Sind; célèbre voyageur "Aventurant" des Mille et Une Nuit(s). 

(e) graphie exacte al-Idrissî. 

(g) graphie exacte Ibn Battûta. 

Voir ses Voyages, en trois volumes, traduction de l'arabe de C. Defremery et B.R. Sanguinetti (1858), La découverte, 1982

(h) graphie exacte, Maâlâm (Patron, Initiateur).

(7) Narrative of Travel in Europe, Asia and Africa in the seventeenth Century by Evliya Effendi. Trad. J. von Hammer, Londres 1846 et 1850.

                                    •

(1) Mélange d'histoire et de voyages, Ernest Renan, Paris, 1878.

(2) Prolégomères, Ibn Khaldûn. 

(3) Ernest Renan : Ibid. 

(4) Ibn al-Hawkâl

(5) Histoire des Arabes, Sédillot.

(6) Navarete : Coleccion de viajes y descubrinientos. Madrid, 1825, cité par E. Renan dans Averroès et l'averroïsme, 

in Histoire de la découverte du Nouveau continent, C. F. Humboldt. 

                                     •

Choix, découpage, notes, intertitres, chapô en tankas-minutes, E'M.C. 

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