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L'islam et l'Occident

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Billet de blog 23 sept. 2016

"VOIES DE PÉNÉTRATION DE LA CIVILISATION MUSULMANE EN OCCIDENT"

Nommer quelle perte de temps ! (YB). Pilotis de mythe, à tonne mythomania, jamais préjugé d'office n'est innocent, à décoche frustratoire de tant de Torquemada, s'accablant d'ingratitude; lumière de Mauro, aux bûchers d'oubli, oblitérant net, les gueuloirs du vieux déni, aux redondants dons dont On s'Occidente, à ne débonder, dur, dés'Orienté, aux fac-similé des suites; Maligne du souvenir. E'M.C.

E'M.C.
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On attribue généralement aux Croisades les premiers échanges culturels entre l'Occident et l'Orient. 

C'est une erreur que l'on aurait dû écarter depuis longtemps.

Loin de contribuer à une interpénétration des civilisations d'Orient et d'Occident les Croisades compromirent une collaboration qui s'annonçait féconde et durable. 

En dressant la Chrétienté contre l'Islam dans une lutte implacable, en suscitant une atmosphère d'intolérance et de haine, les Croisades creusèrent un fossé profond entre l'Occident et l'Orient (...)

"Une des plus funestes conséquences des Croisades fut d'avoir établi pour des siècles l'intolérance dans le monde et de lui avoir donné le caractère de cruauté barbare qu'aucune religion, celle des Juifs exceptée, n'avait connu encore.

Avant les Croisades, l'intolérance était grande, mais il était rare qu'elle allât jusqu'à la cruauté.

Pendant les Croisades elle acquit un degré de frénésie furieuse qui se prolongea jusqu'à nos jours.

Habitué à verser le sang, le clergé appliqua bientôt à la propagation de la foi et à l'extinction des hérésies les procédés d'extermination appliqués d'abord aux infidèles.

La moindre velléité d'opposition lui paraissait digne des plus affreux supplices.

Les massacres de Juifs, d'Albigeois et de diverses catégories d'hérétiques, l'inquisition, les guerres de religion et toutes ces luttes sauvages qui ensanglantèrent l'Europe pendant si longtemps furent les conséquences du funeste esprit d'intolérance développe par les Croisades." (1)

Les Croisades avaient mis la Chrétienté sur les terres même de l'Islam, en contact direct avec les populations musulmanes. (...)

Un nombre considérable de Chrétiens fut ainsi mis en présence d'une civilisation très supérieure à celle de l'Europe de l'époque.

Les Croisés trouvèrent au Levant beaucoup de produits qu'ils ignoraient, et des techniques que l'Iccudent ne connaissait pas encore.

L'introduction massive de produits d'Orient sur les marchés européens, l'adoption de procédés nouveaux dans l'agriculture, l'industrie et l'artisanat, furent une des conséquences spectaculaires des Croisades.

L'économie de l'Europe en fut transformée. Le commerce connut un essor considérable.

Marseille entra dans le circuit des républiques marchandes de l'Italie qui monopolisaient jusqu'alors le trafic méditerrannéen.

D'une façon générale, comme le dit Albert Champdor, "Saladin le plus pur héros de l'Islam" (2) l'Europe s'est mise à l'école de la civilisation orientale et la production en Occudent se transforma. 

"C'est de l'Orient que nos ancêtres apprirent à tisser les étoffes de luxe qui firent la fortune de Venise et, plus tard, d'une partie de la France; d'Orient nous fut apporté l'art de fabriquer le satin, le velours, les étoffes brochées d'or ou d'argent, où les tissus légers comme la mousseline, la gaze, le taffetas. 

Depuis l'antiquité l'Orient excellait à produire de moelleux tapis; les artisans européens s'efforcèrent de s'assimiler ce talent. 

Si Venise sur bientôt couler le verre et tailler des glaces, elle le fut à la connaissance des techniques utilisées dans les souks du Proche-Orient.

C'est encore aux artisans syriens que l'Occident emprunta l'art de fabriquer le papier et même celui de cuire les sirops.

Cette pénétration pacifique eut de durables effets sur le commerce et l'industrie naissan de l'Europe : la draperie transformée, l'Europe initiée à la fabrication du linge, les industries de luxe s'installant et se développant en Occident, la production se diversifiant, la technique se perfectionnant. 

En réalité, une révolution économique bouleversait une société et tout un continent." (3)

Et pourtant, malgré le fait que "la Syrie fut pendant deux siècles, durant les Croisades, un champ de relations étroites entre les musulmans et les Chrétiens, elle ne vient qu'après la Sicile et surtout l'Espagne au point de vue de l'influence arabe sur l'Occident."  (4)

Il n'y a rien de surprenant à cela, car la civilisation musulmane se fit connaître en Occident bien avant les Croisades.

Sin influence s'affirma indépendamment des expéditions militaires de la Chrétienté.

Elle y pénétra par les voies les plus pacifiques du monde. 

Le contact entre les deux civilisations, la chrétienne et la musulmane, fut prompt à s'établir, en Orient et en Occident, par des voies normales, qui n'ont rien de de mystérieux." (5)

Le commerce et le pèlerinage y jouèrent un grand rôle. 

Le commerce maritime entre l'Orient et l'Occident était intense bien avant le XI ème siècle.

Les grandes quantités de monnaies arabes retrouvées jusque dans le Nord de l'Europe, au Danemark, en Angleterre, en Islande, témoignent de l'activité de ces échanges. 

Les pèlerinages avaient été rétablis dès le VIII ème siècle et certains réunirent jusqu'à! douze mille pèlerins. 

Mais c'est surtout par la Sicile, l'Espagne et le Midi de la France, directement soumis à la domination  des Sarrazins, que la civilisation de l'Islam pénétra en Europe.

Les musulmans gouvernèrent la Sicile du IX ème siècle jusqu'à la fin du XI ème siècle. (6)

Ils laissèrent une large autonomie à la population chrétienne.

Les impôts étaient plus légers que sous les Grecs; les moines, les femmes et les enfants en étaient exonérés.

Des méthodes agricoles nouvelles, Un système d'irrigation perfectionné (7), l'introduction de cultures jusqu'alors inconnues, comme celles de l'olivier, du coton et de la canne à sucre, firent de la Sicile un pays prospère. 

L'extraction du fer, du cuivre, du soufre, du marbre, du granit fut systématiquement réglée.

L'industrie de la soie fut introduite avec succès. 

La dynastie normande, qui remplaça les musulmans, régna jusqu'au XIII èmec siècle, sur un pays presque complètement islamisé. 

Roger II (1101-1154) dont le règne marque l'apogée de la domination normande, était entouré de Musulmans et de Chrétiens qui, souvent hésitaient entre les deux religions. 

Ces courtisans polyglottes étaient également instruits de littérature arabe et de science grecque. 

Le roi lui-même était vêtu à l'orientale; son manteau d'apparat était brodé de lettres arabes; il avait un harem tout comme un prince de Bagd'as ou de Cordoue; ses ministres, sa garde, ses médecins, ses astrologues, ses cuisiniers étaient musulmans. 

Le céronial de la cour, le sceau, les monnaies portants des signes chrétiens et musulmans et des inscriptions bilingues, reproduisaient des modèles musulmans.

L'académie des sciences et des lettres réunissait des savants de toutes nations et de toutes religions, parmi lesquels le grand géographe arabe Idrissi.

Le droit civil établi par les Sarrazins avait été si bien  adapté aux besoins du pays que les Normands l'adoptèrent.

La chute de la dynastie normande n'écrit pas fin à l'influence des Musulmans.

C'est même sous le règne de Frédéric II, roi de Sicile et empereur d'Allemagne (1194-1250), que la cour de Palerme ressemble le plus à une cour musulmane.

Le grand empereur aux idées larges et hardies, réunit une quantité imposante de manuscrits arabes en l'Université de Naples, fondée par lui en 1224.

Il ordonna des traductions d'Aristote et d'Averroès, dont il envoya des copies à Paris et à Bologne.

Entouré de docteurs, de ministres et d'officiers musulmans il était en relations suivies avec avec les plus célèbres savants du monde de l'Islam.

La remarquable correspondance avec Ibn Sab'in, philosophe sceptique d'Al-Andalus, nous a été conservée. 

Frédéric protégeait aussi bien les poètes chrétiens que les ooètes musulmans.

C'est au contact des troubadours musulmans et suivant leur exemple que les troubadours de la cour de Palerme créèrent la poésie sicilienne, ancêtre de la poésie italienne. 

Mais, quel que fût l'éclat de la cour de Palerme, on ne saurait le comparer à la splendeur de la civilisation de l'Espagne musulmane. (...)

Les Espagnols considéraient la langue arabe comme le seul véhicule des sciences et des lettres.

Ses progrès furent tels que les aurorités ecclésiastiques avaient dû faire traduire en arabe la collection des canons à l'usage des églises d'Espagne.

Jean de Séville se vit dans l'obligation de rédiger en arabe une exposition des Saintes Écritures. 

En même temps, des livres de religion et de droit musulmans étaient traduits en langue romane, car les deux langues se parlaient couramment sur toute l'étendue de l'Espagne musulmane.

L'Espagne chrétienne reconnaissait, elle aussi, la supériorité des Musulmans.

Les chroniqueurs espagnols rapportent que, vers 890, le roi des Asturies, Alphonse le Grand, fit venir de Cordoue deux savants Sarrazins pour servir de précepteurs à son fils, héritier présomptif du trône.

Des liens matrimoniaux unissaient souvent les rois de Castille ou d'Aragon à des familles princières musulmanes. 

C'est ainsi qu'Alphonse VI, conquérant de Tolède, avait épousé la fille du roi de Séville et s'entourait d'une cour de type mauresque. (...)

Alphonse VII et Alphonse le Sage continuèrent la tradition de rapprochement intellectuel christiano-musulman.

C'est sous le règne d'Alphonse VII que l'archevêque de Tolède Raymond et l'archidiacre de Ségovie Gondisalvi fondèrent, en 1130, la fameuse école de traducteurs de Tolède.

Les ouvrages des astronaumes, mathématiciens, philosophes, médecins, chimistes, botanistes arabes, transposés en latin, étaient mis à la disposition des lettrés de l'Europe. 

Selon Renan, la fondation de cette école divise en deux périodes l'histoire scientifique du Moyen-Âge, l'une antérieure et l'autre postérieure aux traductions de Tolède. 

Alphonse le Sage (1252-1284), célèbre par ses travaux astronomiques, fonda une école de latin et d'arabe, qui réunissait des maîtres chrétiens et musulmans.

Les Sarrasins y étaient surtout appelés comme professeurs de médecine et de sciences.

La renommée scientifique des Musulmans ne se bornait pas à l'Espagne.

Elle s'était répandue au loin en Occident et attirait vers l'Andalus les esprits d'élite.

Ainsi, l'un des hommes les plus remarquables du Xème siècle, Gerbert d'Aurillac, qui devint le premier pape français, sous le nom de Sylvestré II, s'était rendu à Tolède pour achever son instruction.

Il y passa trois ans, étudiant les mathématiques, l'astronomie, la géographie et d'autres disciplines sous la direction de docteurs musulmans.

Inventeur d'une horloge à roue, constructeur d'orgues hydrauliques, fervent de chimie, il produisit sur ses contemporains d'un être surnaturel, 

"Ses progrès furent tels, qu'à son retour le vulgaire, le prit pour un sorcier." (8)

D'autres prélats et savants français, anglais, allemands et italiens avaient fait un séjour plus ou moins prolongé dans les universités d'Andalus.

Gérard de Crémone, qui traduisit la Physique d'Aristote sur des textes arabes. Campanus de Novare, Abélard de Bath, Albert et Daniel de Morley, Michel Scot, Hermann le Dalmate, Hermann l'Allemand et beaucoup d'autres doivent aux Sarrazins l'essentiel de leurs enseignements; plusieurs d'entre eux le reconnaissent. 

Le voisinage de l'Espagne et les relations faciles entre les deux pays ont été un facteur important de l'influence de la civilisation musulmane sur le Midi de la France.

Mais, plus importante encore fut la domination directe que les Sarrazins exercèrent pendant plus d'un demi-siècle sur la Septimanie, c'est-à-dire sur la vaste région comprise entre la Méditerrannée et les Cévennes, les Pyrénées et le Rhône. 

"C'est au séjour des Arabes dans cette contrée qu'il fait attribuer l'introduction dans le Midi de diverses industries, de certains procédés d'agriculture, de certaines machines d'usage universel comme, par exemple, de celle qui sert à tirer l'eau des puits pour l'irrigation des jardins et des champs, qui toutes sont d'invention arabe. 

C'est à la même époque et à la même cause qu'il faut rapporter l'habitude longtemps et aujourd'hui encore populaire dans le Midi de la France, d'attribuer aux Sarrazins tout ouvrage qui offrait quelque chose de merveilleux, de grandiose, et supposait une puissance d'industrie supérieure à celle du pays, comme les châteaux fortifiés, les remparts et les tours des villes et d'autres grands monuments d'architecture, comme aussi les armes, les ouvrages de ciselure et d'orfèvrerie, les étoffes précieuses par le travail ou la matière.

Toutes ces choses furent qualifiées d'œuvre arabine, œuvre sarrazinesque, d'œuvre de goût Sarrazin. (8)

L'expulsion des Arabes n'élimina pas leur influence.

Les relations entre la France et les Sarrazins continuèrent et, comme le remarque judicieusement Reinand, "Leurs effets ont dû être d'autant plus puissants qu'en général, à la différence des anciennes, elles reposaient sur des rapports de commerce et d'amitié." 

                            •            •            •

Il est nécessaire de mentionner d'autre part le rôle que le judaïsme espagnol et aquitain joua en tant qu'intermédiaire entre la civilisation islamique et la culture chrétienne.

On a dit des Juifs qu'ils furent "interprètes scientifiques des Sarrazins au-delà des Pyrénées".

En effet, partout où les Arabes pénétraient en conquérants, les Juifs suivaient en hommes d'affaires.

Ils formèrent ainsi, à côté des Arabes, une classe riche et influente dans toutes les villes importantes de la Septimanie.

Lorsque ces villes furent reconquises par les Chrétiens, les Juifs ne furent pas expulsés. 

Avec la souplesse qui les caractérise, ils réussirent à conserver leur situation  privilégiée et leur puissance économique.

Des écoles juives s'ouvrirent dans plusieurs villes.

Le savant rabbin Benjamin de Tulède, qui visita le Midi de la France dans la seconde moitié du XII ème siècle, pour se rendre compte de la situation de ses coreligionnaires, mentionne entre autres, les écoles de Narbonne, de Béziers, de Marseille, de Montpellier et de Besançon.

En plus de la religion et de la loi juive, on y enseignait la médecine, l'astronomie, les mathématiques, la philosophie et d'autres sciences empruntées aux Musulmans.

L'influence des hommes formés par ces écoles et réputés pour leur érudition et leur richesse était considérable dans la vie intellectuelle du pays.

l'influence théologique arabe, si profonde sur la scolastique du Moyen-Âge, s'est fait sentir surtout à travers les traductions juives. 

Il ne serait, peut-être, pas déplaisant de rappeler ici, en passant, la dette contractée par le Judaïsme envers la civilisation musulmane.

"On sait que la première grammaire hébraïque fut construite parc Yehuda ben Qoraïsh à partir des grammaires arabes et encore maintenant c'est au moyen d´une grammaire décalquée sur la grammaire arabe qu'on apprend en Israël la langue du peuple."(1) 

Le Moyen-Âge a vu toute une littérature théologique et philosophique écrite par les Juifs en langue arabe.

Le grand Maïmonide, qui fut si longtemps influencé par Ibn Hazm et Ibn Rûshd, écrivit son "Guide des égarés" en arabe; Ibn Gabriol, l'Aviceborn du Moyen-Âge, rénovateur de la poésie hébraïque, composa en arabe son fameux traité philosophique "La Fontaine de la vie".

On pourrait citer un nombre considérable d'autres penseurs juifs aussi représentatifs du Judaïsme qui utilisèrent l'arabe pour leur œuvres.

Bornons-nous à nommer Bahya ibn Paqui da et Sa'ida al-fayumi.

                           •            •            •

(1) La civilisation des Arabes, Gustave le Bon, Paris, 1884. 

(2) Saladin, le plus pur héros de l'Islam, Alber Champdor, Paris, 1956.

(3) La civilisation arabe, Jacques Riesler, Paris, 1956.

(4) voir : Storia dei musulmani di Sicilia, Amari, 2ème édition, Catania, 1993.

(5) Dante y el Islam, M. Asin Palacios, Madrid, 1927.

(6) Soria dei musulmani di Sicilia, Amari.

(7) Les Sarrazins instaurèrent ainsi l'usage de l'aqueduc à siphon. On retrouve encore des traces des canalisations tracées par les musulmans. 

(8) L'invasion des Sarrazins, M. Reinaud, Paris 1836.

(9) Histoire de la pensée provençale, Fauriel, Paris, 1846.

                           •            •           • 

(1) Louis Massignon, Ce qu'est la Terre Sainte pour communautés qui demandent la justice, in Les Cahiers du Monde nouveau, juin-juillet, 1948.

Visages de l'Islam, Haïdar Bammate, Paris, 1946; Paris, 1957; Troisième édition, ENAL, Alger, 1991; Édition Al Qalam, 2011. (Voir, Georges Rivoire, pseudonyme).

Mais aussi du même :

Le Caucase et la révolution russe. Aspects politiques, 1929. 

Haïdar Bammate, né à Temir Khan Choura (Caucase du Nord en 1860, mort à Paris en 1965). Intellectuel polyglotte, écrivant en français et homme politique du Caucase.

Participe à la création de la République du Caucase du Nord dont il sera, entre autres fonctions diplomatiques et politiques (Président du gouvernement provisoire à Vladicaucase, actuelle Ossétie du Nord), Ministre des Affaires étrangères.

Représentant diplomatique de la République des Montagnards du Nord Caucase, à Tiflis pour la Géorgie et pour l'Arménie. 

Penseur universel, il dirige la revue Le Caucase en 1921.

Connaisseur et passeur de l'Histoire et de la culture musulmane, multipliant voyages, conférences, rencontres et écrits, dans le cadre d'un dialogue de civilisations. 

Œuvrant à briser "l'ignorance de l'Islam dont est victime l'Occident", on lui doit également :

Apport des Musulmans à la civilisation, Editions Tahwid, 1962, réédition en 1998 

                                       •

Son fils Najm Oud-Din Bammate (né à Paris 1922- 1985), ambassadeur à Paris et à Berne, est un intellectuel, écrivain, linguiste et islamologue franco-afghan, grande figure de l'Islam contemporain.

Professeur d'islamologie à l'université de Paris VII au milieu des années 1970, après le départ de Vincent Monteil. 

Délégué de l'Afghanistan à l'ONU, il intègre l'UNESCO où il coordonne le projet Orient-Occident.

Ami de Jacques Berque, conciliant dans l'Islam Authenticité et Modernité, et d'Éva de Vitray-Meyerovitch, notre amie commune, spécialiste de Djalâl ud-Dîn Rûmî, à l'instar de Massignon pour Hussein Mansour Al-Hallaj. 

À titre contributif, il rédigea le chapitre XIII Aperçu sur l'Art musulman, intégré à l'œuvre de son père, Visage de l'Islam, comptant dix-huit chapitres et une conclusion. 

                                  •

Choix, découpage, bibliographie, étais, chapô (citation d'entré d'Yves Bonnefoy, Tours 1923- Paris, 2016). E'M.C. 

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