Privatisation de France Télévisions Publicité : un projet à contre-temps

Vice-présidente (PS) du Sénat, ancienne ministre de la Culture et de la Communication, Catherine Tasca demande au gouvernement «des réponses rapides sur les perspectives de développement de France Télévisions et l'avenir de sa régie publicitaire».

Vice-présidente (PS) du Sénat, ancienne ministre de la Culture et de la Communication, Catherine Tasca demande au gouvernement «des réponses rapides sur les perspectives de développement de France Télévisions et l'avenir de sa régie publicitaire».

---------------

pave.jpgLe projet de vente de France Télévisions Publicité (FTP) provoque à juste raison interrogations et suspicions. Décidée aussi précipitamment que fut décrétée la fin de la publicité sur les chaînes du service public, l'ouverture à hauteur de 70% de la régie publicitaire à des capitaux privés pose question sur les motivations réelles du gouvernement.

 

France Télévisions Publicité rassemble des personnels performants et de ce fait a su mettre en œuvre des stratégies de développement payantes qui lui permettent aujourd'hui d'être un élément rentable de l'audiovisuel public. Son chiffre d'affaires a été jusqu'à constituer le tiers de celui du groupe. Comment, dès lors, expliquer, dans un contexte financier difficile pour France Télévisions, marqué par une réévaluation trop timide de la redevance, que l'Etat puisse souhaiter la priver des bénéfices tirés des compétences et des savoir-faire qui ont permis le développement de FTP? Doit-on comprendre, comme j'en avais manifesté le souci lors du débat relatif à la suppression de la publicité, que les intérêts du groupe public doivent s'effacer devant les intérêts de quelques grands groupes privés dont on connait les relais au sommet du pouvoir ?

Surtout, le maintien de la publicité avant 20 heures, perspective en faveur de laquelle je me suis prononcée depuis l'origine, semble ne plus pouvoir être écarté du fait du rejet par la Commission européenne du projet de taxation sur le chiffre d'affaires des opérateurs de télécommunications censé compenser la suppression des ressources tirées de la publicité. La voie du maintien partiel semble d'ailleurs aujourd'hui trouver un écho certain chez plusieurs députés de la majorité, contraints de reconnaître les difficultés pour l'Etat de compenser les 350 millions d'euros de manque à gagner pour France Télévisions.

Déjà déstabilisé par la suppression de la publicité et la création de l'entreprise unique, France Télévisions pourrait faire l'économie d'un bouleversement supplémentaire. Le gouvernement a aujourd'hui obligation d'apporter des réponses rapides sur les perspectives de développement de France Télévisions et l'avenir de sa régie publicitaire. A l'évidence, la privatisation de FTP n'est pas la réponse attendue.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.