Pour comprendre
comment le déni de Palestine (1)
fonctionne aujourd’hui en France,
ses objectifs,
ses techniques,
les ressorts de son efficacité,
•
il n’est pas inutile d’analyser
comment le déni fonctionne en Israël,
comment il est, dans ce pays,
l’aboutissement d’un long processus
dont les origines renvoient...
à notre propre histoire.
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En Israël, le déni de la Palestine est avant tout une arme de guerre.
Il légitime un usage arbitraire et abusif pleinement assumé de la force.
Il est le fait d’un État assez puissant militairement et diplomatiquement pour se croire assurer de pouvoir imposer impunément SA vérité,
nier a sa convenance, aussi bien la vérité historique
que les principes du droit international et du droit humanitaire.
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Déni du droit et déni de la réalité constituent un système de pensée au service d’un projet politique de domination, d’exclusion, d’éradication:
il en inspire la conception et la mise en œuvre.
C’est ainsi que le projet de la colonisation de la Palestine adopté,
en 1897,
par le premier Congrès sioniste mondial,
s’appuie d’emblée sur le déni de l’existence d’un peuple palestinien:
«Une terre sans peuple pour un peuple sans terre».
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C’est ainsi que ce déni a constamment justifié l’action de l’État d’Israël:
Les Palestiniens n’ont jamais existé
et n’existent pas en tant que peuple,
encore moins en tant que nation,
et n’ont pas vocation à créer un État.
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Ce système de penser, le premier Congrès sioniste en avait trouvé le modèle dans l’environnement idéologique de l’époque.
En cette fin du 19e siècle,
cette forme de négationnisme
est le prêt-à-penser
des grandes puissances occidentales
pour justifier la colonisation de peuplement
et les traitements infligés aux populations colonisées:
aux États-Unis,
on glorifie « la conquête de l’Ouest »,
en France,
la « mission civilisatrice »
accomplie dans ses colonies africaines.
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Le déni de la Palestine ne serait-il en France qu’un héritage du colonialisme, la nostalgie d’une épisode révolu de notre histoire?
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Pourquoi un candidat à la Présidence de la République
a-t-il dû se rétracter
après avoir
justement
qualifié nos «conquêtes coloniales»
de «crimes contre l’humanité» ?
Alors qu’antisémite est à juste titre devenu un qualificatif infamant,
pourquoi «colonialiste» n’est-il pas un mot qui stigmatise (2)
au point qu’on peut
sans risque
se revendiquer comme tel?
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Certes,
condamner le colonialisme en général,
y compris le colonialisme français
de jadis, (3)
est aujourd’hui sans danger.
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En revanche,
dénoncer le colonialisme israélien
n’est en passe d’être assimilé
en France
au délit «d’antisémitisme»
et
«d’incitation à la haine raciale»
Par Henri Feuillet. Lundi 7 mai 2018.
Auteurs: Maurice Buttin, Dominique Vidal, Ludovic Mergen, Nadia Awad, Wadad Kochen-Zebub, Thomas Vescosi, Nurit Peled-Alhanan, Djamal Zahalka, Khaled Bichara, Pierre Stambul, Henri Feuillet.
• Actes sur commande (10€ frais de port inclus) au Secrétariat du CVPR PO c/o Maurice Buttin, 54, rue des Entrepreneurs, 75015, Paris.
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Notes E’M.C.
(1) Voir notre approche du déni. MDP.
(2) ...«stigmate» Pourquoi le colonialisme génocidaire Amérique du Sud, Afrique, Asie, USA, ne serait-il, à plus juste titre, infamant !
(3) «jadis» serait-ce censé congédier aux oubliettes ce colonialisme dévastateur, qui, du reste, reprend de plus belle sous le Sarlozysme effréné, menant à la décimation de la Libye, en crescendo depuis au Mali, et avec plus de hargne en Syrie ?
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Choix, découpage, notes et différées, liens, chapô, E’M.C.