"PREMIÈRE GM : L'EMPRISE FRANCO-BRITANNIQUE

Une fois l'empire ottoman dépecé au loucherbem des diplomatie(s) franco-britannique, les deux Jules de la région (se) le passent, en Palestine (alias Syrie ou Grande Syrie, côté français; Arabia, Arabie côté Britannicus) au fondoir de leur marché d'influences par le truchement de la figure de Méduse qu'est le Deal d'intérêt foncièrement vissé à son idiosyncrasie fasciste de domerie mondiale.E'M.C.

La Première GM prend les acteurs proche-orientaux par surprise. 

D'autant qu'avec l'entrée en guerre de l'empire ottoman,

Français et Anglais perdent les mécanismes sur lesquels ils basent leur puissance locale

(système complexe des "capitulations",

accords juridiques donnant un certain nombre de privilèges aux Européens).

        AU VÉNÉFICE DE L'INFLUENCE 

Et de façon générale tous s'interrogent sur la façon dont il faudrait restaurer leur influence à l'issue de la guerre. 

Il est important d'insister sur ce point

car on a trop souvent tendance à présenter les positions françaises et britanniques pendant la Première Guerre mondiale comme des actions offensives ayant abouti à l'emprise franco-britannique sur le Proche-Orient,

région auparavant hors de leur portée.

                 DEAL D'IDIOSYNCRASIES

Par ailleurs, il est nécessaire de garder à l'esprit les idiosyncrasies, les caractères propres des Français et des Anglais.

Car s'ils ont globalement les mêmes intérêts, 

ils n'ont pas du tout les mêmes visions du monde.

On dit généralement, et c'est vrai dans cet épisode historique,

que les Anglais ont une vision différentialiste. 

                    VISION ANGLAISE 

                  HAUTE DHIMMITUDE

Ces derniers considèrent que les populations de ce régions du monde doivent accéder à une forme d'indépendance nationale

et que celle-ci se fera évidement sous la tutelle protectrice et paternaliste (1) des Britanniques.

                    VISION FRANÇAISE    

                   "BONHEUR ABSOLU"

Les Français considèrent quant à eux considèrent que les populations de ces régions du monde

doivent plutôt s'orienter vers le "bonheur absolu"

                  LE RAPT DE L'UNIVERSEL 

qu'est la culture française, expression de l'universel.(2)

Autrement dit, le passage à l'universel passe selon eux par l'absorption d'une vision française du monde. (3)

               LES "JUIFS" = "ISRAÉLITES"

Ainsi quand les Français parlent des "Juifs", ils pensent "israélites".

Les israélites sont ces Juifs qui, dans le monde, ont adopté plus ou moins la culture française comme vecteur d'assimilation. 

            LES ARABES = LES "LEVANTINS"

De la même façon, quand il s'agit d'Arabes, (4) les Français parlent de "Levantins", 

ces gens de culture arabe

mais qui sont en train d'absorber la culture française. (5) 

              AUX PETITS FEUX DU FOYER 

Inversement, les Britanniques pensent en différentialistes.

Ils voient donc la création d'un ou de plusieurs États Arabes.

Ils voient également le devenir des juifs (6) sous une forme nationale Donc en plus de leur héritage culturel biblique (...)

Les Anglais sont donc favorables à un projet national. 

Dans les discussions politiques franco-britanniques, tout ceci est codé. (...)

Les Français parlent de Syrie 

(ce qui signifie la poursuite de la France du Levant,

qui se dilaterait pour former un vaste ensemble syrien culturellement francophile et même en partie francophone)

quand les Britanniques ont un projet Arabia, 

Arabie en Français. 

Aunsu quabd Messieurs Sykes et Picot commencent à se rencontrer

dans le second trimestre de l'année 1915, 

leur objectif est de fixer la limite géographique entre la Surie et l'Arabie,

qui sont donc à la fois des notions territoriales

et des projets politiques. (7)

(...) En 1915-1916, pendant les négociations Sykes-Picot,

les Français sont plutôt en position de force. 

Les Anglais ont connu plusieurs revers dans la régionaux et ont besoin d'une aide de la France.

De toute façon, en bons diplomates qu'ils sont, ils disent en substance :

"Pour l'instant on ne cède que du papier, c'est-à-dire un traité, un accord. 

Onncerra plus tard sur le terrain quelles seront les situations réelles."

C'est de la politique, de la diplomatie.

(...) une très belle définition dit : 

"La diplomatie c'est de la force en crédit."

Et, c'est un peu ce qui se passe entre Sykes et Picot. 

   LES  FRANÇAIS DIXIT LE "PARTI SYRIEN"

Lès Français que l'on désigne à l'époque sous le nom de "parti syrien" parce que l'idée d'une grande Syrie, ou "Syrie naturelle" est française, 

voudraient avoir toute la Syrie. 

Or, les Britanniques ne veulent pas de leur présence en Palestine.

La raison en est simple : les Anglais contrôlent le canal de Suez

et ont besoin de la Palestine pour faire tampon de protection. (8)

(...) Ces choses furent entre la France et la Grande-Bretagne depuis plus d'un siècle.

  INTERNATIONNALISATION DE PALESTINE

On trouve donc une solution transactionnelle qui consiste à internationaliser la Palestine. 

Une transaction qui est dans la perspective de Messœurs Sykes et Picot consiste en la création d'un condominium franco-britannique en Palestine,

avec éventuellement de hauts-commissaires français et anglais (...)

L'ITALIE ACCORD DE ST-J- DE-MAURIENNE 

Un peu plus tard, l'Italie s'y ajoute.

C'est l'accord de Saint-Jean-de-Maurienne

qu'on a tendance à oublier et dans lequel

l'Italie se trouvera associée à la gestion de cette future Palestine internationalisée.

           ARABES  ÉPICE ABORIGÈNE 

On y ajoutera aussi des représentants de la révolte arabe,

histoire de parfaire une véritable internationalisation, de plus en plus de gens y participant. 

Mais les choses évoluent en 1917, tout simplement parce qu'il a fallu à peu près deux ans à l'armée britannique pour traverser le désert du Sinaï.

Rappelons que c'est la Première GM.

[Une Guerre chenillée, sans pétrole] 

 

On progresse très lentement durant cette période.

(...)

...Au début de 1917, ils atteignirent Gaza.

Et il leur faudra encore attendre l'automne 1917

pour s'emparer de Jérusalem,

ayabt été battus successivement à la première et la seconde batailles de Gaza par les Turcs. 

Se pose alors la question du réel.

Les Français ont envoyé un haut-commisaire en Palestine internationalisée

qui n'est autre que Monsieur Picot,

avec entre autre comme adjoint

un certain capitaine Louis Massignon, 

futur professeur au collège de France.

             AUX ALÉAS DU PAPIER 

Monsieur Picot demande l'application des accords.

Le représentant anglais,

le général Allenby, lui répond qu'il n'en est pas question, 

qu'il s'agit d'une zone de guerre,

donc gouvernement militaire, 

donc britannique.

On transige un peu...

Quoiqu'il en soit,

après la prise de Jérusalem, le 9 décembre 1917, 

on ne bouge plus avant l'automne 1918,

tout ceci restant du papier. 

(...)

Si pendant la Première GM, (...) On avançait de trois kilomètres puis on s'arrêtait,

ce n'est déjà plus le cas en 1918.

(...)

Selon l'expression de l'homme d'État britannique,

"Les Alliés ont gagné la guerre sur un flot de pétrole "...

            MAIN BASSE SUR L'OR NOIR 

Cela signifie que Français et Anglais réfléchissent à l'avenir : 

il leur faut du pétrole dans leurs empires coloniaux. 

Le pétrole rapporté de l'argent,

mais il est surtout indispensable à faire la guerre.

Dans la pensée française, on glisse donc de la 

"Syrie intégrale"

à la "Syrie utile". 

La Palestine et la France de 1917 à nos jours, La Première Guerre mondiale : l'emprise Franck-britannique, Henry Laurens.

Notes :

(1) Protection paternaliste, autrement dit la Dhimmitude, en plus durement ruineux du protecteur "bienfaiteur et sournois" selon une expression du grand écrivain algérien Kateb Yacine, avec tout le tapin médiatico-suppléant que cela entraîne, nous dirions les "Empileuses de riz" de l'empire. 

(2) L'outrecuidant auto-étalonnage d'une minorité européenne qui s'adjuge le la de l'universel,

quid des prestigieuses civilisations multi-millénaires fondatrices de l'humanité, Afrique, Mésopotamie (Irak), Egypte, La Maison de la Sagesse Bagdad, l'Occident musulman Égérie de la Grèce antique, l'Occident musulman (Andalousie)  Inde, Chine, Aztèques... qu'une certaine France "civilisatrice" gaule à "son" mix, en apéricube de terroir. 

(3) Une Frankawisation du regard universalisant, quid du maelström d'apports diversiels. 

(4) Arabes, évacue la Civilisation musulmane, dont l'arabe (langue fulgurante) est le miraculeux geyser créatif.  

(5) assimilation française (cf. exemple de l'auteur les Fables de La Fontaine), autrement dit, pour les écoliers, l'apprentissage de leur culture perdue par le truchement du Français (Ibn Mouqafâ' en amont de La Fontaine, voir Plaute chez les Latins...)

(6) même climat d'affiliation. l'élève s'acculturant par réverbération. 

(7) D'où la formule de filiation controversée reprise par Jean Lacouture : "La géographie ça sert à faire la guerre."

La Bible aussi tel Atlas mythologique de combat (carte au trésor) voir Llyod Georges qui "connaît mieux la géographie de la Bible que celle de son propre pays" cf. H. Laurens. 

Voir, la retentissante remise en cause des affabulations extrêmistes juives de l'archéologue israélien, Israël Finkelstein, Directeur de l'Institut d'Archéologie de l'Université de Tel-Aviv, notamment La Bible dévoilée. 

(8) Notes au débotté :Palestine internationalisée, 1) dessein d'intromission onusienne, donc légiférante absolue à l'arbitrage des prétentions de mainmise 2) garantie intouchabilité aux poursuites juridiques pour crimes coloniaux, et autres génocides 3) tentative d'effacement de l'empreinte arabo-musulmane via le forcing israélien de l'européanisation de la région, voir le barbare bombardement intensif de la Syrie (déjà occupée par Israël, cf. Golan) dont chaque parcelle est un Musée d'Histoire de l'Humanité, voire la mise à sac de l'Irak et le pillage de ses Musés), etc. 

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Choix, découpage, notes, mise(s) entre crochets, chapō, E'M.C. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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