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Palestine

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Billet de blog 14 févr. 2019

«COMMENT ISRAËL MANIPULE LA LUTTE CONTRE L’ANTISÉMITISME»

L’éternelle lutte hémiplégique contre l’antisémitisme - cf. nos posts précédents- si justifiée est-elle censée être, est d’emblée biaisée par l’injustice du regard cyclopéen qui lui est assigné, ne tenant en considération que l’élément judaïque minoritaire au dam de l’Autre entité chassée (Arabe-Palestinien-musulman) du focus de la justice internationale sous mortel séquestre «Occidental» E’M.C.

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Ce qui intéresse le gouvernement israélien (1) et nombre de ses soutiens n’est pas le combat, tout à fait justifié contre l’antisémitisme (2),

comme le prouve le flirt de Benyamin Netanyahu (3) avec les forces d’extrême droite en Europe.

Il s’agit avant tout de dévoyer ce combat (4) 

pour discréditer la solidarité avec les Palestiniens, 

comme le prouve le débat sur la définition de l’antisémitisme. (5) 

                                         •

le 6 décembre 2018, le conseil Justice et affaires intérieures de l’Union européenne (UE)

adoptait, sans débat, une déclaration sur la lutte contre l’antisémitisme 

et la protection des communautés juives en Europe.

Louable intention, sauf que l’article 2 de cette déclaration invite les États membres à adopter la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

Pendant la présidence autrichienne de l’UE, de juillet à décembre 2018, 

Israël et le puissant lobby pro-israélien se sont activés 

dans le plus grand secret 

et n’ont ménagé aucun effort pour obtenir ce résultat. 

Quelle est donc cette définition qu’Israël et ses soutiens inconditionnels veulent imposer ? (6) 

                                     • 

En 2015, au lendemain de l’offensive meurtrière israélienne contre la population de Gaza 

massivement condamnée par l’opinion mondiale,

le lobby israélien relance une offensive avortée dans les années 2000 

visant à promouvoir une définition de l’antisémitisme 

                   intégrant la critique d’Israël.

Sa cible l’IHRA, un organisme intergouvernemental regroupant 31 États,

au sein duquel le lobby pro-israélien dispose d’un relais. 

En mai 2016, l’IHRA a adopté sa «définition» de l’antisémitisme: 

«l’antisémitisme est une certaine perception des Juifs,  qui peut s’exprimer par la haine envers les Juifs. 

Les manifestations rhétoriques et physiques de l’antisémitisme sont dirigées contre des personnes juives ou non-juives et/ou leur propriété, contre les institutions de la communauté juives où les lieux religieux.»

Traduction de l’Association France-Palestine solidarité (AFPS) 

Présentée comme «non contraignante sur le plan juridique» »,

elle est parfaitement indigente, 

se bornant à préciser que l’antisémitisme « est une certaine perception des Juifs, qui peut être exprimée comme de la haine envers les Juifs. »

                    Rien là pourtant d’innocent. 

Car le communiqué de presse de mai 2016, ajoute:

« Pour guider l’IHRA dans son travail, les exemples suivants peuvent servir d’illustration.

Jamais adoptés par l’IRHA, lesdits exemples servent pour la plupart à assimiler la critique d’Israël a de l’antisémitisme:

>> « Les manifestations [d’antisémitisme] peuvent inclure le ciblage de l’État d’Israël »

tout en précisant plus loin que:

la critique d’Israël similaire à celle qui peut être fait à un autre pays ne peut pas être considérée comme antisémite. »

Similaire qu’est-ce qu cela veut dire,

quand les réalités sont spécifiques,

ou pour des associations dédiées à La Défense des droits du peuple palestinien ? 

>> • « Accuser des citoyens juifs d’être plus loyaux à l’égard d’Israël (...) qu’aux intérêts de leur propre nation ».

« Les » ou « des » ...

On n’aurait donc plus le droit de dire que le Conseil Représentatif des Juifs de France (CRIF) 

est devenu une annexe de l’Ambassade d’Israël ?

>> • « Nier au peuple Juif le droit à l’autodétermination, en prétendant par exemple que l’État d’Israël est une entreprise raciste. »

La nouvelle loi fondamentale réserve le droit à l’autodétermination au seul  «peuple juif» -

On n’aura donc plus le droit de la combattre ?

>> • « Faire preuve d’un double standard en exigeant de sa part [l’État d’Israël] un comportement qui n’est attendu ni requis d’aucun autre pays démocratique »

Les situations sont différentes, que seraient les critères ? 

                                         •

Dominique Vidal et Bertrand Heilbronne pour Orient XXI, 13 février 2019. 

Choix, découpage, chapô, notes ultérieures, E’M.C. 

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