COMMENT ISRAËL MANIPULE LA LUTTE CONTRE L’ANTISÉMITISME » 2

De l’antisémitisme hémiplégique ressassé à l’écœure tel «outil de propagande et d’intimidation» - ignoble bâillon néo-colonial, volontiers engoulé par d’aucuns pyromanes de la liberté triturée d’oukases, calomnie désormais consacrée à crocheter la conscience de l’impudicité du fait récurrement accompli - au glaçant naufrage des «Justes» disparaissant de la digue - noir regain de naguère? E’M.C.

UN OUTIL DE PROPAGANDE ET D’INTIMIDATION 

... Voilà une définition indigente,

mais non contraignante sur le plan juridique »,

toutefois associée à des exemples très contestables qui n’ont cependant pas été adopté par l’IHRA ...

Vu de loin,

tout cela n’a guère de sens et ne serait peut-être pas si grave ?

Ce serait oublier que n’avons pas affaire à une contrainte juridique,

mais à un outil de propagande et d’intimidation.

Ce qui importe, pour les inconditionnels de la politique israélienne, ce n’est pas d’avoir raison sur le plan juridique, 

c’est d’insuffler le doute et la crainte d’être traité d’antisémite,

de provoquer des discussions à n’en plus finir,

de bloquer toute tentative ...

et de ruiner la réputation de quiconque ne s’y plierait pas. 

L’exemple du Royaume Uni qui a adopté la définition de l’IHRA dès la fin de 2016, le prouve 

Sur la base d’une simple déclaration gouvernementale,

le lobby a fait pression pour que le maximum d’universités, de municipalités et de partis politiques adoptent aussi cette définition. 

(...)

Nombre de réunions publiques ont été annulées dans les universités,

un professeur a fait l’objet d’une enquête sans aucun fondement, 

une personnalité travailliste a été exclue du parti ...

l’association britannique Free Speech on Israel a  sélectionné et documenté huit cas particulièrement caractérisées sur l’année 2017. 

La campagne la plus scandaleuse du lobby pro-israélien en Angleterre a été dirigée contre Jeremy Corbyn:

face aux accusations infondées d’antisémitisme dont son leader a été la cible, la pression pour l’adoption de la «définition IHRA» et des exemples  associés a été telle que la parti travailliste a finalement cédé.

À ce jour huit États européens ont adopté la «définition IHRA» de l’antisémitisme:

La Roumanie, l’Autriche, l’Allemagne, la Bulgarie, la Slovaquie, l’Italie, le Royaume Uni, 

ainsi que hors UE la Macédoine.

Les dégâts, déjà visibles au Royaume Uni et en Allemagne sont encore à venir dans nombre de ces pays.

                                       •

Dominique Vidal et Bertrand Heilbronne, Orient XXI, 13 février 2019. 

 

 

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