DANGEREUX GRUGÉS
À l'époque des rivalités coloniales, la Grande-Bretagne appela à la formation d'un haut comité composé de sept Etats européens, qui remit à son premier ministre Henry Campbell-Bannerman, en 1907, un rapport dans lequel étaient soulignés les dangers potentiels représentés par les pays arabes, l'Empire ottoman et la population arabo-musulmane qui vivaient dans ces provinces.
AU RAPPORT !
Le rapport recommandait les mesures suivantes :
• Promouvoir des troubles, des dissensions et des divisions dans la région.
• Créer des micro-Etats artificiels et les placer sous la tutelle des puissances coloniales.
• Combattre toute vélléité d'unité, qu'elle soit intellectuelle, spirituelle ou historique, et trouver les moyens pratiques pour fractionner populations et territoires.
• Œuvrer pour la création d'un "Etat-tampon" en Palestine, par l'implantation d'une barrière humaine, allogène et solide, de sorte que celle-ci puisse former une puissance opposée aux populations autochtones et épouser les intérêts des Etats européens.
VISA D'ENTREE EN PALESTINE
Nul doute que les recommandations du comité Campbell-Bannerman délivrèrent aux Juifs une sorte ee visa d'entrée en Palestine.
FEU VERT AU NOYAU COLONIAL
C'était le feu vert donné à la politique britannique et au mouvement sioniste pour déraciner la Palestine de son milieu arabe et planter à la place un noyau colonial afin d'assurer l'hégémonie de ces puissances dans la région.
DÉFILÉ DE VAGUES
Les projets de colonisation de la Palestine se succédèrent alors.
La première guerre mondiale témoigna de l'importance que revêtait la Palestine aux yeux des deux colonisateurs sioniste et britannique.
Durant le conflit mondial, des contacts secrets se mirent en place, sous la forme d'une correspondance entre le chérif Hussein* et sir Henry Mac-Mahon.
Dans la première communication (datée du 14 juillet 1915), Hussein révélait à son correspondant les limites des États arabes auxquels la Grande-Bretagne se devait de reconnaître l'indépendance (en faisaient partie : la Péninsule arabique, L'Irak/la Mésopotamie, la Grande Syrie et les parties de la Turquie -Aden, en tant que base militaire britannique, en était exclue.)
Dans sa réponse (datée du 24 octobre 1915), Mac-Mahon en excluait certaines régions : le littoral syrien (situé à l'ouest des provinces de Damas, Homs, Hama et Alep) et les deux zones d'Alexandrette (Iskenderun) et Marsin.
La Palestine, elle, n'était pas exclue.
Cette seconde lettre constitue l'accord Hussein-Mahon.
LE COUP SYKES-PICOT
En mai 1916, la Grande-Bretagne et la France signèrent en secret l'accord Sykes-Picot*, par lequel les deux puissances se partageaient l'Orient arabe, en dépit de la correspondance britannique promettant au chérif Hussein l'indépendance de certains États de la région.
LE DÉPEÇAGE
La Grande-Bretagne et la France s'accordaient pour diviser les provinces ottomanes de la manière suivante :
• Le littoral syro-libanais serait attribué à la France (zone bleue).
• Le sud Et le centre de l'Irak seraient confiés à la Grande-Bretagne (zone rouge).
• La Palestine serait mise sous administration internationale (zone marron), excepté Haïfa et Saint-Jean d'Acre (zone rouge).
• Une zone d'influence française (zone A) couvrirait l'Etat syrien et la province de Mossoul.
• Une zone d'influence britannique (zone B) couvrirait la Transjordanie et le nord de Bagdad.
In, Histoire de l'autre, Liana Levy, 2004.
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Choix, découpage, notes, intertitres, Chapô, E'M.C.