Notre esprit de clocher s'est aussitôt réveillé !
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Les larmes d'émotion que nous a tirées le magnifique discours de Barak Omak n'étaient pas encore sèches qu'on se posait déjà la seule vraie question ici : c'est bon ou c'est mauvais pour Israël ?
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l´un après l'autre, analystes et politiciens, évidement presque tous alignés sur la même ligne de pensée, int joué les prophètes.
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Ils l'ont fait avec les précautions de circonstances, en marchant sur des œufs, essayant de prévenir doutes et inquiétudes.
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Ils ont cherché des signes : la promesse de nommer le fils d'un Israélien, ancien de Tsahal, émigré aux Etats-Unis, et peut-être, si Dieu le veut, inclure Dennis Ross, Dan Kurtzer Et Martin Indyk dans la nouvelle administration.
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Mais ça n'a pas dissipé le nuage menaçant.
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Attention, danger !
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Le noir qui s'est lié dans le passé avec des expatriés palestiniens de Chicago, qui invoque les droits de l'homme, qui préfère la diplomatie à la guerre, qui veut dialoguer même avec l'Iran, qui veut que le budget favorise davantage la couverture des besoins sociaux de l'Amérique plutôt que les exportations d'armes, risque de ne pas être "un ami d'Israël" comme ceux que nous aimons voir à Washington et auxquels l'Amérique nous a habitués.
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De quoi s'affole-t-on ?
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Il faut avouer la vérité, le fondement de cette inquiétude est la peur d'un président qui pousserait Israël à mettre fin à l'occupation et à se rapprocher de la paix.
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Dans ce cas, pourvu qu'Obama ne soit pas "l'ami d'Israël" !
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Que les grands changements qu'il promet vaillent aussi pour la politique de son pays à l'égard du Moyen-Orient.
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Qu'Obama ne soit pas seulement le Hérault d'une Amérique nouvelle mais aussi d'un Moyen-Orient nouveau.
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Chez nous, "ami d'Israël" est synonyme d'ami de l'occupation, de chantre de la course aux armements, d'allié du langage de la force, d'inconditionnel des initiatives délirantes dans la région.
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Chez nous, "ami d'Israël" signifie lui donner carte blanche chaque fois qu'il se lance dans une nouvelle aventure violente, chaque fois qu'il refuse la paix, chaque fois qu'il construit une nouvelle maison dans les Territoires occupés.
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Le meilleur ami de ce genre qu'Israël ait eu à la Maison-Blanche est le président sortant, Georges W. Bush.
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Cet homme qui a attiré une succession de désastre sur son pays et sur le reste de la planète, ne reçoit plus nulle part la moindre marque de considération et de respect.
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Sauf en Israël.
Il n'y a qu'en Israël qu'on trouve un portrait de Bush accroché dans le bureau de Premier ministre et à son domicile privé.
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Il n'y a que le premier ministre d'Israël pour lui rendre encore visite à la Maison Blanche.
C'est parce que Bush était l'ami d'Israël.
Le plus grand.
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Il l'a laissé s'embarquer dans une guerre inutile au Liban.
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Il ne s'est opposé à la construction d'aucun avant-poste, pas plus qu'il n'a réclamé le retrait d'un seul d'entre eux.
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Il n'a pas fait pression sur Israël pour qu'il fasse avancer les pourparlers de la paix, il a même gelé les négociations avec la Syrie et n'a jamais reproché à Israël sa politique d'assassinats ciblés.
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Il a même soutenu le blocus de Gaza et a participé au boycott du Hamas - pourtant choisi lors d'élections démocratiques encouragées par sa propre administration.
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C'est exactement le genre de présidents américains que nous aimons.
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Ceux qui nous laissent faire tout ce qui nous passe par la tête, nous financent, nous équipent et nous arment sans broncher.
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Cet "ami d'Israël" classique n'est qu'un ennemi, un ennemi de la paix et un ennemi d'Israël.
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Espérons qu'Obama ne soit pas comme ça.
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Espérons qu'il agisse en véritable ami d'Israël.
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Qu'il mobilise tout son pouvoir pour que l'Amérique s'implique sérieusement au Moyen-Orient, qu'il obtienne la levée du blocus de Gaza et du boycott du Hamas, qu'il pousse Israël et la Syrie à conclure la paix, qu'il presse Israël et les Palestiniens à trouver un accord.
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Espérons qu'Obama aide Israël à s'aider lui-même.
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C'est à cela qu'on reconnaît les vrais amis.
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Qu'il sache critiquer sa politique quand il le faut, à cela aussi on reconnaît un ami.
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Qu'il use de son influence pour qu'il soit mis fin à l'occupation et à la colonisation.
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Qu'il n'oublie pas que lorsqu'on parle des droits de l'homme et du citoyen, cela concerne aussi les Palestiniens, pas seulement les Noirs américains.
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Quant à la paix dans le monde, il faut qu'il commence par le conflit du Moyen-Orient, le plus dangereux de tous; un conflit qui menace La mais dans le monde depuis dejà un siècle et qui alimente le terrorisme international.
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Un ami véritable doit se rappeler qu'Israël est peut-être "la seule démocratie au Moyen-Orient", mais qu'elle devrait d'abord balayer devant sa porte.
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Qu'à côté de Sdérot, qu'il a visitée, il y a aussi Gaza.
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Que nos "valeurs communes" sont incompatibles avec une occupation féroce.
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Qu'amitié ne signifie pas soutien automatique et aveugle.
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Qu'il prenne langue avec l'Iran, le Hezbollah et le Hamas.
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Qu'il parle autant qu'il faudra, avec qui il faudra, mais avant la prochaine guerre et non après.
Qu'il se souvienne qu'il a le pouvoir de faire tout ça.
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Tous les présidents américains avaient le pouvoir de changer la donne au Moyen-Orient - ils auraient fait pression sur Israël, et c'en était fini de l'occupation - mais la plupart s'en sont bien gardés, comme s'ils allaient se brûler les mains, et tout ça au nom d'une merveilleuse amitié.
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Aussi donnez-nous un président américain qui ne soit surtout pas "l'ami d'Israël", un Obama qui ne suive pas aveuglément le lobby juif et le gouvernement israélien.
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Vous avez promis le changement, n'est-ce pas ?
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Noted
Avant-postes installés dans les Territoiresoccupés et insidieusement transformés en nouvelles colonies.
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Dennis Ross, Américain d'origine juive, a été l'émissaire spécial pour le Moyen-Orient de Bill Clinton.
Il est le cofondateur de l'Institut de Washington pour la Politique au Proche-Orient (Washington Institute for Near East Policy), vitrine du puissant lobby juif AIPAC (American Israel Public Affairs Committee).
Dans l'administration Obama, après avoir été conseiller spécizl pour la région du Golfe du Secrétariat d'Etat, Hilary Clinton, il est aujourd'hui assistant spécial du président au National Security Council.
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Dan Kurtzer, ancien ambassadeur des Etats-Unis en Israël, est titulaire de la chaire Middle EasT Politis à Princeton.
Il est effectivement aujourd'hui l'un des conseillers de Barak Obama pour les affaires du Proche-Orient.
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Martin Indyk, d'origine juive, né britannique, élevé en Australie, naturalisé Américain en 1993, deux fois ambassadeur des Etats-Unis en Israël, a crée l'Institut de Washington pour la Politique au Proche-Orient.
Il est directeur du Center for Middle East Policy à l'Institut Brookings de Washington.
Il est effectivement aujourd'hui l'un des conseillers de Barak Obama pour les affaires du Proche-Orient.
Gaza - articles pour Haaretz, Gideon Levy.
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Choix, découpage, points d'aposiopèse, titre, chapô, E'M.C.