« Le bien-être social n’est pas une chose chimérique ; il existe pour chaque homme sur ce morceau de terre une somme de jouissances proportionnée à son travail », écrivait l’abbé Sieyes avant la Révolution. L’idée a fait son chemin, semble-t-il, car près d’un siècle plus tard, en 1880, Paul Lafargue s’étonnait : « Une étrange folie possède les classes ouvrières [...] ; cette folie est l’amour du travail, la passion moribonde du travail ». Comment se définit et se qualifie aujourd’hui le « travail » dans une société où il est devenu un luxe, quels sont ses liens avec l’aliénation et l’émancipation, quels problèmes fondamentaux pose-t-il ? 4ème séance du séminaire de la Fondation Copernic.

Avec Bertrand LAFORGE, physicien des particules, professeur à l’Universté Pierre et Marie Curie (Paris 6), membre de l’association Nouvelle Gauche et du collectif Roosevelt 2012,

Gérard MAUGER, sociologue, directeur de recherche émérite au CNRS, directeur-adjoint du Centre de sociologie européenne (CSE). Il est membre de l’association Raisons d’Agir. Ses recherches portent sur la jeunesse, la déviance, les pratiques culturelles et les intellectuels,

et Marie PEZÉ, psychanalyste et docteur en psychologie, initiatrice de la première consultation « Souffrance au travail » en milieu hospitalier (à Nanterre) en 1997, créatrice en 2010 du site Souffrance-et-travail.com et auteure de Ils ne mouraient pas tous mais tous étaient frappés (Person, 2008) et de Travailler à armes égales (Person, 2011).

 

La séance a eu lieu le 11 décembre 2012, en présence des trois invité-e-s annoncé-e-s et d’Astrid HERBERT-RAVEL, ex-directrice des ressources humaines des services financiers et du réseau grand-public de La Poste en Ile-de-France (voir les articles de L'Humanité et de Politis). Les enregistrements sonores et vidéos sont consultables à ce lien.

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Bonjour,

 

Le "travaul" est un effet du "progrès". A l'origine, l'être humain ne travaille pas plus que la vache qui paît dans son pré, il cueille, chasse et pêche pour se nopurrir et nourrir ceux qui ne peuvent pas cueillir, chasser et pêcher (ses enfants et ceux qui les gardent, ses vieux, ses handicapés, les malades).

Encore aujourd'hui, si l'on a de la terre cultivable (non affectée comme exploitation agricole) on peut échapper en partie au "travail". Mais c'est une goutte d'eau dans l'océan, nous sommes bel et bien enfoncés jusqu'au ras de la lèvre inférieure dans cette matière dont on écrit difficilement le nom. Il n'y a pas, il n'y a plus, il n'y aura jamais plus autant d'offres de travail que de demandes de la part de personnes au statut sans avenir de salarié.

La politique de l'autruche ne nous mènera qu'au cahos et aux famines.