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Le Club de Mediapart ven. 30 sept. 2016 30/9/2016 Dernière édition

L’économie sociale et solidaire est-elle soluble dans le capitalisme ?

L'économie sociale et solidaire constitue-t-elle une réelle alternative au capitalisme ou est-elle condamnée à lui être subordonnée, à en être un faire-valoir ? Nous en avons débattu avec Laurent Fraisse, Madeleine Hersent et Alain Lipietz (lien son et vidéo en fin d'article).

L'économie sociale et solidaire constitue-t-elle une réelle alternative au capitalisme ou est-elle condamnée à lui être subordonnée, à en être un faire-valoir ? Nous en avons débattu avec Laurent Fraisse, Madeleine Hersent et Alain Lipietz (lien son et vidéo en fin d'article).

 

Les mouvements alternatifs ou contestataires se sont souvent constitués et érigés, directement ou indirectement, en opposition à l’hégémonie du système capitaliste. Cependant, au fur et à mesure de leur apparition et de leur succès, le capitalisme est parvenu non seulement à leur résister, mais à les récupérer, à les intégrer à son tour, pour s’en faire une vertueuse plus-value.

Ce processus est frappant concernant la protection de l’environnement ou du vivant, nouveaux mots-fétiches, totems officiels - assez inefficients, au demeurant. Pourtant, les problèmes qu’ils désignent et recouvrent ont été, pour l’essentiel, créés et entretenus par le système capitaliste lui-même. Nous aimerions analyser ce type de processus à propos de l’économie sociale et solidaire : constitue-t-elle une réelle alternative au modèle dominant, ou est-elle condamnée à devenir une nouvelle cerise sur le même gâteau ?

 

6èmeséance de notre séminaire, avec :

 

Laurent Fraisse, socio-économiste, membre du Laboratoire interdisciplinaire pour la sociologie économique (LISE / CNAM-CNRS) et du Centre de recherche et d’information sur la démocratie et l’autonomie (CRIDA). Il est notamment l'auteur de l'ouvrage collectif Pour une autre économie publié par Alternatives économiques (2010).

 

Madeleine Hersent, consultante et chercheuse, co-fondatrice de l’Institut de recherches économiques et sociales (IRES) et du Mouvement pour l’économie solidaire (MES), elle dirige depuis 1983 l'Agence pour le développement de l'économique locale (ADEL).


et Alain Lipietz, économiste, membre d'Europe Ecologie - Les Verts (EELV) et de la Fondation Copernic, il a notamment publié Pour le tiers secteur. L'économie sociale et solidaire : pourquoi, comment (La Découverte - La Documentation française, 2001) - voir son site personnel.

 

La séance a eu lieu le 12 février 2013. Les enregistrements sonores et vidéos sont consultables à ce lien.

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L'hégémonie du capitalisme sur la société, empêche de voir une partie importante de l'économie réelle. Pour les néo-libéraux  le capitalisme est présenté comme le seul modèle possible.There is no alternative (TINA, « il n'y a pas de solution alternative » en français) martelait Margareth Thatcher  signifiant que la mondialisation, le marché et le capitalisme  sont des phénomènes indispensables et bénéfiques et que tout régime qui prend une autre voie court à l'échec.

Comme le souligne mon maître de recherche Jean-Louis Laville, cette prétention est aujourd'hui très contestée, en particulier par le mouvement de l'altermondialisation. (Dictionnaire de l'autre économie avec Antonio David Cattani, Desclée de Brouwer, 2005, 364 p.). L'économie sociale et solidaire ne se réduit pas à la seule critique du capitalisme, elle est en capacité de produire des propositions concrètes pour promouvoir plus de solidarité et de démocratie, ce dont le capitalisme est totalement étranger voire hostile.L'économie domestique, l'économie sociale et solidaire apportent leurs contributions respectives indispensables, dès lors qu'une économie réduite au  seul capitalisme s'avère nuisible et dangereuse et dont il a  été prouvé ses dernières années, la vacuité et les limites: celle d'une marchandisation poussée à l'extrême.Ce qui n'est ni favorable à l'environnement ni au développement du bien-être humain.

Je profite de ce commentaire pour saluer Laurent Fraisse qui fut membre du jury lors de mon Master II au CNAM (2006)

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L'auteur

Fondation Copernic

La Fondation Copernic regroupe des militant-e-s associatifs, syndicaux, politiques, des praticiens et des chercheurs de la gauche anti-libérale et écologiste. Elle s’adresse à toutes celles et ceux qui ne se résignent pas à l’ordre néolibéral

L'édition

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Pensées et pratiques d’émancipation

À propos de l'édition

La saison 2012-2013 du séminaire Copernic, soutenue par la revue Mouvements et le programme ANR UTOPIES19, est centrée sur les « Pensées et pratiques d’émancipation », avec le souci d’aménager

des rencontres, souvent inédites sinon improbables, entre historiens, philosophes, sociologues, économistes, d’une part, élu-e-s, syndicalistes, cadres associatifs, acteurs politiques et sociaux, d’autre part, pour permettre que les théories anciennes ou modernes visant à "l’émancipation" (sous tous ses aspects, juridique, social, écologique, économique, technologique, de genre...) sortent de l’oubli ou de l’ombre où elles sont d’ordinaire reléguées.

Il s’agira d’engager la construction d’un cadre de réflexion générale et historique qui permette une meilleure appréhension de pratiques alternatives souvent mal connues et qualifiées d’utopiques. Nous voulons, chaque mois, débattre sans exclusive des utopistes du XIXe siècle ou des formes alternatives d’entreprise imaginées au XXe, des modalités de l’organisation du travail, d’économie et de gestion, jusqu’aux problématisations neuves sur les relations entre humains et non humains. Les analyses croisées dans le cadre de ce dispositif d’échange devraient apporter de nouvelles perspectives pour interroger et inventer la "modernité".

Les séances du séminaire, qui ont lieu un mardi par mois, de 19 heures à 21 heures 30, à la Bourse du travail (Salle Louise Michel, 3, rue du Château d’eau, 75010 Paris, M° République - entrée libre dans la limite des places disponibles), seront relayées sur notre site (enregistrements sonores et videos), ainsi que - si possible - dans cette édition.