Billet de blog 4 févr. 2010

Géraldine Delacroix
Journaliste.
Journaliste à Mediapart

Identité nationale: une soirée de contre-débat

Mardi 9 février, de 18h30 à 21h30, le 104 (Paris, 19e) accueille la 30ème rencontre publique du réseau scientifique TERRA. Un contre-débat sur l'identité nationale. Trois questions à Olivier Le Cour Grandmaison, membre du réseau,

Géraldine Delacroix
Journaliste.
Journaliste à Mediapart

Mardi 9 février, de 18h30 à 21h30, le 104 (Paris, 19e) accueille la 30ème rencontre publique du réseau scientifique TERRA. Un contre-débat sur l'identité nationale. Trois questions à Olivier Le Cour Grandmaison, membre du réseau, qui enseigne les sciences politiques et la philosophie politique à l'université d'Evry-Val-d'Essonne.

La rencontre s'intitule «les périls de l'identité nationale». Quels sont-ils, selon vous?
Voyons les faits: ce pseudo-débat ressemble à la démocratie comme la justice militaire ressemble à la justice civile. Un débat contrôlé par les censeurs et dirigé par les préfets et sous-préfets aux ordres n'est pas un débat. Comme disait De Gaulle, c'est un «machin». Et ses effets se nomment islamophobie, populisme et xénophobie. Et pas seulement exprimés par «la France d'en bas», mais assumés par les promoteurs et organisateurs de ce débat qui l'ont instrumentalisé dans le but de conserver les voix du Front national captées en 2007. Ce débat a des objectifs électoralistes à long terme, pas seulement les régionales, mais au delà, la présidentielle de 2012.
Comment fonctionne le réseau Terra?
Terra est un réseau de scientifiques et de militants, un réseau à la fois national et international de juristes, philosophes, historiens... qui travaillent sur l'immigration, les flux migratoires, le droit d'asile... Tous les jours, le réseau fait circuler un grand nombre d'informations sur les politiques xénophobes menées en France et en Europe. Le réseau de chercheurs aide les militants sur le terrain et, réciproquement, les militants politiques, syndicaux ou associatifs informent les chercheurs.
Notre lutte conjugue deux aspects: la critique et l'analyse scientifique des discours et procédés juridiques, et la mobilisation des associations et syndicats la plus large possible pour demander notamment la suppression du ministère de l'immigration et de l'identité nationale.
La soirée a pour but de réunir des spécialistes afin de faire surgir la complexité de ces affaires. Proposer une déconstruction pluridisciplinaire de la politique d'immigration.
Cette situation est-elle propre à la France?
Hélas, ce que nous considérons comme l'avènement de la xénophobie d'Etat, avec un plan quinquennal d'expulsions, peut être constaté ailleurs, comme en Italie, et jusque dans l'Union européenne elle-même en tant qu'institution: voyez «la directive de la honte» adoptée par l'UE, qui prévoit 18 mois de rétention pour les étrangers en situation irrégulière et l'interdiction d'accès pendant 5 ans à tout pays de l'Union. L'étranger en situation irrégulière est perçu comme la cause de maux divers. Ceci s'articule avec la mise en œuvre de politiques publiques qui constituent un lepénisme réformé et rendu compatible avec la Constitution française et le droit européen. Les premières victimes en sont les étrangers en situation irrégulière et leurs conjoints, compagnes et compagnons français, dans la mesure où leurs concubins sont expulsés. Sont poursuivis aussi ceux qui s'opposent à cette politique en aidant les étrangers. Tout cela porte atteinte à un certain nombre de principes élémentaires de l'Etat de droit et de la démocratie.
Toutes les infos: http://www.reseau-terra.eu/

Bienvenue dans Le Club de Mediapart

Tout·e abonné·e à Mediapart dispose d’un blog et peut exercer sa liberté d’expression dans le respect de notre charte de participation.

Les textes ne sont ni validés, ni modérés en amont de leur publication.

Voir notre charte