Manifestons le 27 février pour la suppression du ministère de l'identité nationale et de l'immigration

Dans le cadre de la 5e semaine anticoloniale, du 19 au 28 février, plusieurs personnalités, parmi lesquelles Gilles Manceron, historien, François Gèze, éditeur, ou encore Mgr Gaillot, lancent un appel à la suppression d'un ministère «digne du temps des colonies».

Dans le cadre de la 5e semaine anticoloniale, du 19 au 28 février, plusieurs personnalités, parmi lesquelles Gilles Manceron, historien, François Gèze, éditeur, ou encore Mgr Gaillot, lancent un appel à la suppression d'un ministère «digne du temps des colonies».

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pave.jpgLa création d'un ministère chargé de l'immigration et de l'identité nationale est une honte pour la France. Ce ministère met son administration au service de la diffusion d'une xénophobie d'État, qu'a parfaitement illustré l'ouverture du débat sur l'identité nationale, avec son lot des dérapages, qui n'ont été que l'explicitation de cette politique.

Désormais, il ne se passe pas une semaine sans qu'un élu de la République, un ministre, un responsable politique ne prononce des paroles de rejet et d'exclusion. Minarets, port du voile intégral, drapeaux dans les stades; le débat est transformé en machine à exclure et à stigmatiser.

anticolonial.jpgDepuis deux ans et demi, ce ministère s'est donné des objectifs chiffrés d'expulsion d'étrangers. Il a organisé des rafles de sans-papiers, instauré le délit de solidarité, décidé l'expulsion des exilés vers l'Afghanistan au mépris du droit d'asile. Il est à l'origine de la multiplication des contrôles d'identité au faciès, avec sa politique du chiffre, et de la naturalisation à la carte, préfecture par préfecture, rompant ainsi avec le principe d'égalité. La politique d'immigration choisie se traduit par un pillage des cerveaux, qui s'ajoute à l'exploitation des ressources naturelles des pays d'immigration.

Il est responsable d'un climat de soupçon où l'administration vient à réclamer à des citoyens français de prouver leur nationalité.

Nous avons une certaine idée de la France, que le ministère de l'identité nationale et de l'immigration souille chaque jour. Nous en avons assez de la politique du bouc-émissaire, qui s'abat sur des populations déjà fragilisées et reléguées, pour des simples raisons électoralistes. C'est pourquoi il est temps aujourd'hui de manifester tous ensemble notre attachement aux valeurs de fraternité et de solidarité, contre un ministère digne du temps des colonies.

Nous appelons à descendre dans la rue le 27 février à 15h00 de la Place de la Bourse au ministère de l'identité nationale et de l'immigration et partout en France devant les préfectures où se sont déroulés les débats nauséabonds sur l'identité nationale, pour manifester notre refus de cette politique et exiger la suppression de ce Ministère de la honte.

 

Premiers signataires :

Christine Delphy
Jean Pierre Dozon
, anthropologue, Directeur d'études à l'EHESS, Directeur de recherche à l'IRD,
Olivier Ferrand,
Monseigneur Jacques Gaillot,
Vincent Geisser,
François Gèze,
éditeur,
Éric Guichard,
Maître de conférences ENSSIB,
Jean Guiloineau,
auteur - traducteur,
Alain Joxe,
Olivier Lecour Grandmaison,
historien,
Gilles Manceron,
historien,
Alain Ruscio,
historien,
Christelle Taraud,
historienne,
Louis - Georges Tin,
Jérôme Valluy
, politiste, maître de conférences à Paris 1

Pour en savoir plus: www.anticolonial.net

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