Syriza et les autres : comparaison 2015/2012

La victoire de Syriza n'est pas le seul résultat notable des élections législatives du 25 janvier 2015 et une comparaison avec les résultats des élections de juin 2012 met en évidence d'autres enseignements...

Figurent ci-après :

les résulats défintifs des résultats d'hier (publiés aujourd'hui à 15h) provenant du ministère de l'intérieur grec. Figure dans le tableau la comparaison avec ceux de juin 2012. Il est également possible de faire apparaitre les résultats de chacune des 56 circonsriptions (en cliquant sur celles-ci) ou d'un parti donné dans celles-ci (en cliquant sur le nom de ce dernier) :  http://ekloges.ypes.gr/current/v/public/index.html?lang=en#{"cls":"level","params":{"level":"epik","id":1}}

- l'article wikipédia concernant les élections de juin 2012 dans lequel est expliqué le fonctionnement du système électoral grec et dans lequel sont également rappellés, à la fin de l'article, les résulats des élections de mai 2012 : http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_l%C3%A9gislatives_grecques_de_juin_2012

1) La participation électorale enregistrée hier est conforme à la normale.

Elle atteint 63,87%, soit un niveau est légèrement inférieur à celui enregistrée le 6 mai 2012 (65,10%) mais supérieur à celui des élections du 17 juin 2012 (62,47%).

Les bulletins blancs et nuls (qui sont comptabilisés à part) ont représenté 2,36% des votes, ce qui est supérieur aux élections de juin 2012 (0,98%) mais presque égal à celui des élections de mai 2012 (2,35%).

2) La progression de Syriza est particulièrement forte entre les deux élecions de 2012 et celle d'hier.

Syriza, devenu un parti unifié lors de son congrès fondateur de juillet 2013, obtient 36,34% des sufrrages exprimes contre 26,89% lors des élections de juin 2012 et 16,79% lors des élections de mai 2012. Syriza a donc progressé de 10 points depuis juin 2012, ce qui est un résulat remarquable. Je pensais pour ma part qu'il auraient beaucoup de mal à atteindre un tiers des suffrages. ce résulat est supérieur aux scores qui lui étaient attribués par les sondages d'opinion qui lui deveneaient de plus en plus favorables au cours de la campagne électorale. Il a manqué enviton 0,5% à Syriza pour atteindre la majorité absolue à l'assemblée, qu'il rate de deux sièges avec 149 députés.

3) Cette progression ne s'est pas faite au détriment d'autres forces de gauche, le parti communiste grec, KKE, voyant son score progresser.

Le KKE avait été l'une des prinicpales victimes de la recomposition bipartite qui s'était produite entre les élections de mai et de juin 2012 puisqu'au cours des premières, il avait obtenu 8,48% des suffrages et seulement 4,50% le 17 juin.

Le KKE regagne une partie, faible mais réelle, du terrain alors perdu, avec un score de 5,47%. Il gagne un siège, passant de 12 à 13 députés.

4) La droite grecque classique, Nea Dimokratia, ne perd que moins de 2 points par rapport aux élections de juin 2012

Etant donné l'approndissement de la crise économique et sociale depuis juin 2012 et une campagne jugée généralement médiocre car trop défensive, ND obtient malgré tout 27,81% des suffrages contre 29,66% aux dernières élections. La stabilisation de la situation économique depuis quelques trimestres lui a sans doute permis de limiter ses pertes. ND aura 76 députés contre 129 dans l'assemblée précédente.

Elle a également sans doute profité de la baisse de l'ANEL, les Grecs Indépendants, issu d'une scission de députés ND qui ont refusé de voter en faveur du mémorandum de la Troika en 2012 et qui avait alors crée leur propre parti. Ce parti souverainiste de droite avait alors obtenu 7,51% des suffrages et perd près de trois points, n'ayant recueilli que 4,75% des suffrages exprimés hier. Il perd 7 sièges, passant de 20 à 13. C'est avec ce parti souverainiste qui avait annoncé être prêt à collaborer avec Syriza que Tsipras a engagé des néociations en vue de l'obtention d'un vote de confiance majoritaire au parlement.

5) Les néo nazis d'Aube Dorée reculent légèrement

Face à l'aggravation de la crise, les Grecs ne se sont pas tournés vers les néo nazis. Ceux-ci reculent légèrement passant de 6,92% en juin 2012 à 6,28% hier. Ils perdent un siège de députés et seront 17. 

6) Le nouveau parti centriste To Potami ("la Rivière") enrgistre un résultat significatif et fait son entrée au Parlement

La Rivière a été fondée en mars 2014 par Stávros Theodorákis, journaliste sur la chaîne télévisée Mega, avec pour ambition de se présenter aux élections européennes de 2014, et d'y incarner le centre de l'échiquier politique. Ils sont très européistes.

Ils avaient obtenu 6,6% des suffrages aux élections européennes (obtenant alors 2 sièges) et confirment leur position en obtenant hier 6,05% avec partiquement le même nombre de suffrages qu'aux élections européennes ou la participation avait été un peu plus faible qu'hier. Ils arrivent donc en 4ème position, derrière Aube Dorée, et s'étaient déclaré prêt à travailler avec soit ND, soit Syriza selon le résulat des élections. Ils auront 17 députés.

Dans un mouvement significatif, Tsipras a préféré engager des négociations avec les Grecs Indépendants, pourtant plus à droite que To Potami, plutôt qu'avec ces derniers, à l'avidence compte tenu de leur europhilie.

7) Une déroute pour le PASOK

Le PASOK qui fut le grand parti de la gauche grecque et qui obtenait encore 43,2% des suffrages en 2009 a d'abord subi les conséquences électorales de sa politique en perdant 60% de ses voix aux élections de 2012, passant à 13,18% en mai, puis 12,28% en juin 2012 mais la descente aux enfers continue puisque le PASOK n'a obtenu que 4,68% hier. Il n'aura plus que 13 députés contre 33 dans l'Assemblée précédente.

Le PASOK est le 7ème et dernier parti à obtenir des sièges de députés. Son ex-leader qui l'a amené au désatre, Papandréou, a crée son propre parti dissident du PASOK enmenant son clan avec lui, mais n'étant pas parvenu à franchir la barre des 3% puisqu'ils n'ont recueilli que 2,45% des suffrages, ils n'auront pas de députés. L'élimination de Papandréou de la vie politique est l'un des symboles de cette élection. 

La baisse de 7,5 points du PASOK dont l'aile gauche avait rejoint Syriza il y a quelques années, s'est faite, probablement, essentiellement au profit de Syriza et de To Potami.

L'avenir du parti semble désormais compromis même si le mode de scrutin lui permet de maintenir en vie quelques uns de ses leaders.

8) Les partis non représentés au Parlement

Les autres partis, très nombreux et très divers, de même que des personalités indépendantes, ont rassemblé hier 8,61% des suffrages exprimés. Aucun n'a franchi la barre des 3% et ils n'auront donc aucun siège. le premier d'entre eux est le parti crée par Papandréou (2,45%), suivi par Enosi Kentroo (1,79%) et Teliea Apostolos Gkletsos (1,77%) et Laikos Orthodoxos Synagermos (1,03%), ces deux derniers étant des partis orthodoxes, puis un petit parti anticapitaliste (0,64%). Aucun autre ne dépasse 0,5%.

Le parti éclogiste grec Oikologoi Prasinoi, OP, avait encore obtenu 2,9% en mai 2012, 0,9% en juin 2012, 0,9% lors des dernières élections européennes et n'était pas présent hier.  

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.