VIR#1 :Du Service Civique Obligatoire au Volontariat Inter-Régional

On l'a un peu oublié aujourd'hui, mais le 17 Novembre 2005, en pleine crise des banlieues, l'hebdomadaire catholique La Vie appelait à la création d'un service civique obligatoire.Le 2 Février 2006, La Vie annonçait que 10.000 citoyens avaient signé cet appel, y compris 443 parlementaires dont il publiait la liste. En prime, des interviews pleine page avec photo de signataires éminents( C.Boutin, F.Bayrou, L.Fabius,DSK, Y.Cochet).

On l'a un peu oublié aujourd'hui, mais le 17 Novembre 2005, en pleine crise des banlieues, l'hebdomadaire catholique La Vie appelait à la création d'un service civique obligatoire.Le 2 Février 2006, La Vie annonçait que 10.000 citoyens avaient signé cet appel, y compris 443 parlementaires dont il publiait la liste. En prime, des interviews pleine page avec photo de signataires éminents( C.Boutin, F.Bayrou, L.Fabius,DSK, Y.Cochet). On y retrouve les idées de service dû en échange des droits du citoyen, de liens à retisser avec la nation, du renforcement de la cohésion sociale et de grands chantiers d'aménagement du territoire pour occuper les jeunes. On ne peut s'empêcher de rapprocher cette dernière idée de l'organisation des chantiers de jeunesse du Maréchal Pétain, et toutes les autres de l'évocation subliminale de la remise au pas des jeunes de banlieue. En 2006, le discours sécuritaire est déjà dans l'air de la campagne présidentielle . En 2007.Nicolas Sarkozy prendra moins de gants pour s'en servir.

Autre point qui ne semble préoccuper aucun des anciens ministres interviewés : le coût de l'orientation, de la formation,de l'encadrement et de la subsistance pendant 6 mois de toute une classe d'âge, à savoir 750.000 jeunes h/f par année budgétaire.

La réaction des organisations étudiantes fut pour le moins réservée. Pas plus que leurs aînés en leur temps, les jeunes concernés ne sont convaincus ni de la vertu égalitaire, ni de l'utilité du service national obligatoire .Rappelons que les soldats de l'an II étaient volontaires, tout comme les jeunes hommes et femmes qui ont participé à la libération du territoire avec les FFL et FFI en 1944.

Le Service Volontaire à la Chirac-Borloo et similaires

Plus pragmatique, le décret du 12 Juillet 2006 voulu par le Président Chirac a institué un service volontaire avec un objectif plus modeste de 50.000 volontaires par an, soit 1/15 de la classe d'âge. Malheureusement, l'Agence pour la cohésion sociale chargée d'organiser ce service n'avait pas de moyens propres pour le financer et se borne à orienter les jeunes volontaires vers les structures d'accueil qu'elle avait agréé, tels que le volontariat de prévention, sécurité et défense civile ou les cadets de la République, option police nationale. Si bien qu'au lieu des 50.000 volontaires espérés, on pourra en comptabiliser seulement 3000 au bout d'un an.

Dans la même veine, la loi du 10 Mars 2010 préparée par Martin Hirsch crée une agence du service civique chargée "d'assurer la gestion des agréments et du soutien financier apporté par l'état aux volontaires". Cette agence nationale regroupe entre autres institutions l'agence pour la cohésion sociale précédemment citée. Elle conserve le principe d'agrément des structures d'accueil et le recrutement de volontaires de 16 à 25 ans. Ce qui laisse aux structures d'accueil la faculté de sélectionner des candidats sous-payés et surdiplomés, à l'opposé de l'idée originale de renforcement de la cohésion sociale et de l'égalité des chances. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, il est permis de douter que ce nouvel habillage permettra d'atteindre les objectifs annoncés de 10.000 volontaires en 2010 et 75.000 en 2014.

 

Le volontariat inter-régional comme opportunité de formation citoyenne

Pour restaurer un lien de confiance entre les jeunes et la société civile, il faut d'abord que les jeunes reconnaissent que la société civile leur fait confiance. Les tentatives précédentes ne sont pas de nature à les en convaincre. Dans la suite de ces articles nous voulons montrer que les Régions, autorités de proximité, sont à même de redonner confiance aux jeunes à une étape décisive de leur intégration dans le corps social.

Le moyen : des commissions régionales du volontariat co-finançant des stages dans les associations et les services territoriaux. Pour assurer un brassage géographique et social, il suffit que les Régions participent à un réseau d'échange de volontaires, chacune d'elles se chargeant d'orienter les volontaires « extérieurs »qu'elle accueille vers les postes de stage qu'elle a validé sur son propre territoire.

Nous montrerons dans les articles qui suivent comment ce schéma d’organisation assure aux jeunes volontaires l’égalité des chances et la liberté du choix de leur poste de stage, aux associations et aux services territoriaux des auxiliaires motivés et à la Région un contrôle rigoureux du budget et du déroulement des stages.


 

Suite: Comment le financer

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