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Billet de blog 12 janv. 2015

XXVe Festival flamenco de Nîmes - Espiral de David Coria

Antonia Fudez
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Fêter les 25 ans du festival de Nîmes est un moment excitant. Quinze jours de récitals, de spectacles, de juergas jusqu'au bout de la nuit. Et depuis mercredi dernier, une vraie douleur s'est emparée de la majorité d'entre nous, le flamenco semblant bien loin des locaux de Charlie ou de la superette casher de la porte de Vincennes. Pourtant, il est bon de rappeler que le flamenco n'est pas seulement un art qui semble institutionnalisé par la scène. C'et un art vivant qui irrigue encore toute l'Andalousie. A l'instar du blues, le flamenco s'est construit dans le travail, celui de la forge, celui des champs, celui de la mine. Encore aujourd'hui, les letras (paroles) racontent l'oppression, la misère et la douleur quotidiennes. Ces bulerias ou ces tangos (type de chants), qui se chantaient le samedi soir dans les patios de vecinos (cour de voisins), disent le labeur dans les champs, la dureté de la vie, les amours contrariées, avec une apparente gaité, humour et dignité. Ces coplas peuvent magnifier les héros, brocarder les envahisseurs, tels les Français des guerres napoléoniennes. Cette culture est un tel espace de liberté que le franquisme l'avait bien compris. Dans tous les cafés ou endroits publics, une simple affichette annonçait « Prohibido el cante », « Il est interdit de chanter ».

Chanter et danser c'est ce que ferons les artistes pendant ces deux semaines.

Hier, après la manifestation qui allait du Jean Jau, comprendre le boulevard Jean Jaurès, à l'esplanade des arènes, rendez-vous pour certains au théâtre Bernadette Lafont pour le premier spectacle du festival, traditionnellement dédié aux enfants. Cette année c'est David Coria qui présente Espiral. Ce spectacle revisite parait-il « le tourbillon des styles anciens et modernes de la danse andalouse ».

Le chanteur El Galli, accompagné par Ismaël de Begoña, en février 2014 © Christian Bamale

Et là patatrac. Une scène noire, un éclairage noir, et pour peaufiner la luminosité, du brouillard lancé par intermittence. Hommage sans doute à Charlie, Ana Morales avait une robe noire et un jupon blanc, seul éclair dans toute cette « sombritude ». Je dois dire que je n'aurai jamais imaginé le mot tourbillon pour définir ce spectacle. Le pire a sans doute été une danse sans musique dans la pénombre et la fumée !!! Pour être dans l'air du temps, probablement, David Coria a aussi dansé pieds nus, clochettes aux pieds et aux poignets. Le seul moment intéressant a été la solea por buleria dansée par Ana Morales qui est une magnifique danseuse. Elle danse avec beaucoup de grâce et d'expressivité. Je n'en dirai pas autant de David Coria. J'étais venue pour écouter El Galli, qui n'y mettait pas beaucoup d'entrain, et El Mati, qui le lui rendait bien. Pour arranger le tout, une sono à décoiffer tous les toros de Camargue. La guitare de l'excellent Jesus Guerrero était saturée à un point tel que j'ai cru à une guitare électrique les premières secondes. Je ne dirai rien du percussionniste qui a tapé sur ses tambours sans effort de nuance. A sa décharge, il a peut être été sursonorisé.

Comment peut-on s'entourer d'aussi bons artistes et les mettre aussi peu en valeur ? Froideur et ennui sont, pour moi, le bilan de ce spectacle.

Renseignements et location sur le site du théâtre Bernadette Lafont : http://www.theatredenimes.com/fest-35-festival_flamenco_2015.html

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