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Billet de blog 20 janv. 2015

XXVe Festival flamenco de Nîmes - Segundo Falcón, Paco de Lucia et Franito

Ce vendredi, troisième jour de festival, prend des allures de marathon. Au programme, récital acoustique de Segundo Falcón, soirée hommage à Paco de Lucia, et pour finir « Franito » à l'Odéon. 

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Ce vendredi, troisième jour de festival, prend des allures de marathon. Au programme, récital acoustique de Segundo Falcón, soirée hommage à Paco de Lucia, et pour finir « Franito » à l'Odéon. 

Segundo Falcón et Manolo Franco © Murielle Timsit - Flamenco Culture

Sur le papier, le récital de Segundo Falcón ne m'attirait guère. Je ne l'ai vu qu'en accompagnement de la danse et il ne m'avait jamais semblé particulièrement original, ni transmis quoi que ce soit. Selon ma vieille théorie du « on ne sait jamais », j'allais donc à l'Institut d'Alzon. Et là, divine surprise. Rien de convenu dans sa manière de chanter. Il a une façon très originale, très personnelle de construire les palos (chants). Par exemple, il chante un cante de Levante, plus précisément d'Almeria, terminé par des tangos extremeños. C'est fait naturellement, avec aisance. Mais pour moi, le grand moment a été sa solea de Triana, terminée par une solea petenera. Il faut préciser que Segundo était accompagné par le brillantissime Manolo Franco. Une après-midi de mucha alma qui ne laissait pas beaucoup de place à la respiration.

Niño Josele et Jose Maria Gaztelu © Muriel Timsit - Flamenco Culture

Ensuite venait la soirée convenue d'hommage au grand musicien qu'était Paco de Lucia. Il y a un avant et un après Paco. Et le festival de Nîmes ne pouvait pas faire l'impasse sur une telle disparition. Il a révolutionné la guitare flamenca. Et le monde flamenco est en deuil. José-Maria Gaztelu a parlé de Paco de Lucia intime, montré les archives de Rito y geografica del cante, la série culte de TVE, dont il est le créateur. Niño Josele a joué à sa façon, brillante et légèrement détachée. Tout le monde était content. Un bémol quand même, et de taille, la traduction. La bonne idée avait été de trouver une traductrice simultanée, mais la dame fait ça dans des colloques où les participants ont des oreillettes. Mais la traduction simultanée en doublage direct du discours en espagnol donne un sabir assez réjouissant et inaudible. Espagnols et Français confondus tendant l'oreille vers sa langue n'ont pas compris grand chose.

Fran Espinosa et Patrice Thibaud dans Franito © Muriel Timsit - Flamenco Culture

Troisième spectacle et là, vraie bonne surprise. Le théâtre Bernadette Lafont a demandé au comédien Patrice Thibaud, artiste en résidence, de monter une pièce en lien avec le festival. C'était une gageure. Mais de sa rencontre avec Fran Espinosa, bailaor originaire de Cordoue, est née une pièce tendre et drôle à la fois, « Franito ». Petit bonhomme obsédé par la danse et le chant, Franito est poursuivi par sa mère, habitée par Patrice Thibaud. Situations cocasses et burlesques s'enchaînent sans temps mort. Franito danse avec bonheur, ses jolis souliers rouges aux pieds, comme si sa vie commençait et finissait dans ce zapateado. Il chante aussi fort bien. Sa « Nana » du début est très émouvante. La mamita Patrice Thibaud écrase ce petit Fran de toute sa taille, elle a une tête de plus que lui, et de tout son amour. Cedric Diot en Blues brothers impeccable et imperturbable accompagne le duo à la guitare, juste ce qu'il faut avec une grande délicatesse. Ce « Franito » est pour tous ceux qui ont un faible pour les Marx Brothers, Buster Keaton ou Laurel et Hardy, et pour toutes celles et ceux qui aiment rire tendrement. Une création complètement réussie. C'était au théâtre de l'Odéon.

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