Antonia Fudez
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Billet de blog 22 janv. 2015

XXVe Festival flamenco de Nîmes - El Pele

Antonia Fudez
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Rafael Rodriguez © Murielle Timsit - Flamenco Culture

Samedi, la douceur des jours précédents laisse place à une grisaille froide. Mais le mano a mano des guitaristes Rafael Rodriguez et Manolo Franco réchauffe l'atmosphère. Rafael Rodriguez El Cabeza, petit homme sympathique et chaleureux, artiste de la guitare, est très étonné d'être là. Comme il le dit avec humilité, il accompagne le chant et la danse et n'est pas un habitué des récitals en solo. Il s 'en excuse presque. Il tient sa guitare à l'ancienne, presque droite. Durant quarante minutes, il a entrainé le public dans son univers précis, classique et d'une grande simplicité. Il a terminé sur une jolie rondeña qu'il a écrite pour son épouse Isabel. Manolo Franco lui succédait sur la scène de l'institut d'Alzon. On sent le vieux routard du récital, tout est parfait, rôdé, et, malgré tout, inspiré. Mais Rafael Rodriguez crée un univers poétique, Manolo Franco de la belle musique. Je choisis l'univers de El Cabeza.

Le cantaor El Pele © Murielle Timsit - Flamenco Culture

En deuxième partie, soirée de gala au Grand théâtre. La ville de Nîmes ouvrait ses bras au cantaor Manuel Moreno Maya El Pele. Après quinze ans d'absence, le cantaor cordobes revenait pour souffler ses bougies d'anniversaire, quarante sept ans de cante et soixante et un d'âge. Ce récital est une déception pour moi. J'attendais beaucoup de cette soirée de chant. J'ai vu El Pele il y a quinze ans. Sa force, son énergie, sa capacité à passer d'un registre à un autre dans le même mouvement étaient sa marque de fabrique. Il prenait ses spectateurs à l'estomac et ne les lâchaient qu'à la fin du concert. Un grand bonhomme au sale caractère qui mettait toute sa générosité dans le chant. Aujourd'hui, la voix n'a pas changé, mais tout a changé. Il n'a plus les moyens physiques de passer d'un registre à un autre. Là où tout s'enchainait sans heurt de grands blancs apparaissent. Alors qu'il était brut de décoffrage, il est aujourd'hui plein de minauderies et d’afféteries. Mais reste un grand moment, l'entame de la siguiriya qu'il a offerte au maestro Jose-Mari Manzanares, disparu brutalement à l'automne. A travers ce cri, il a montré qui il était, comme si l'hommage aux morts le ramenait à l'essentiel. Il était accompagné par son pays, Manolo Silveria, qui le tient et le soutient sans faille. C'est un guitariste qu'on voit rarement et c'est dommage. Au cajón, son fils Jose Moreno qui a été d'une discrétion exemplaire.

Soirée en demi-teinte.

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