XXVe Festival flamenco de Nîmes - El Lebrijano

Le chanteur El Lebrijano © Jo Le chanteur El Lebrijano © Jo

 

La soirée Lebrijano démonte merveilleusement une fantasmagorie qui fait flores aujourd'hui, la fusion. Nous en avons eu la démonstration ce jeudi soir. Le cantaor Juan Peña El Lebrijano est maintenant un vieux monsieur qui semble très malade. Il se déplace avec difficulté et sa voix a perdu de sa force et de son amplitude. Mais il est heureux d'être là. Il ouvre son récital par les chants qui font l'essence du flamenco, siguiriya, solea, buleria. Il le fait avec talent, malgré l'insuffisance de son guitariste. Cette première moitié est donc très flamenca et puis, arrive sur scène ses amis de la musique arabo-andalouse.

 

El Lebrijano, entouré de ses musiciens © Joss Rodriguez El Lebrijano, entouré de ses musiciens © Joss Rodriguez

Nous changeons de registre, c'est festif, gai, enlevé et ce n'est plus flamenco. Ne connaissant pas la musique arabo-andalouse, je ne m'aventurerais pas à dire qu'elle est, elle aussi, dénaturée. Mais on passe insensiblement du compás de buleria, extrêmement complexe, à un rythme de valse qui donne envie de se lever pour tourner un coup, comme dans une baloche. Le violoniste Alexis Maxima Lefevre est remarquable, et l'on sent que Juan Peña lui est très attaché. En l'écoutant, il irradie le bonheur. Et puis il a chanté son tube des années 80 qui enflammait mes fêtes de l'époque où les festaïres hurlaient en chœur d'une voix avinée le refrain qui donne son titre à la chanson « Dame la libertad ». J'ai pris un grand plaisir à cette soirée qui n'était pas excessivement flamenca, mais qui était pleine d'optimisme et de gaité.

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