Le bilan calamiteux de Hollande en matière de lutte contre le sida

En matière de lutte contre le sida, comme dans tant d’autres, le bilan de François Hollande après un an de mandat est calamiteux

Fermeture de services hospitaliers, précarisation accrue des malades et des personnes handicapées, maintien des franchises pour soins, baisse des subventions aux actions de prévention, de dépistage et d’aide aux personnes, répression maintenue, parfois accrue, sur des publics particulièrement exposés au VIH (étrangErEs, travailleurSEs du sexe, usagErEs de drogues),maintien en prison de personnes gravement malades, baisse de la contribution française à la lutte contre le sida dans les pays pauvres, maintien de l’interdiction des soins funéraires pour les séropos, maintien du dépistage obligatoire dans certaines situations, aucune action menée contre les discriminations dont souffrent les personnes malades, refus de faciliter le changement d’état civil des personnes trans, une des populations les plus frappées par l’épidémie, etc.

Celui qui avait promis « le changement maintenant » a continué la politique de son prédécesseur, quand il ne l’a pas accéléré. Au bout d’un an, Hollande a démontré qu’il se moquait du sida, qu’il n’était préoccupé que par la justification des politiques d’austérité qu’il rabâche contre toutes les évidences de terrain. En Grèce, les coupes menées au nom de l’austérité ont amené à une quasi-annulation des subventions à la lutte contre le sida. Résultat : une augmentation de 200 % du taux de prévalence en 2011 ! François Hollande sera-t-il prêt à assumer une augmentation des contaminations en France, d’une baisse de la qualité des soins, au nom de la politique qu’il mène depuis un an ? Ou, comme d’autres socialistes en leur temps, dira-t-il qu’il ne savait pas, qu’il est responsable, mais pas coupable ?

Entre les deux tours des présidentielles de 2012, nous avions appelé à voter François Hollande. Il s’agissait pour nous d’en finir au plus vite avec Nicolas Sarkozy. Le soir de sa victoire, le 6 mai 2012, nous brandissions une pancarte gigantesque place de la Bastille : « Hollande, le changement ce doit être vraiment maintenant". Nous n’avions aucune illusion sur le slogan de François Hollande. Nous avions dénoncé, au cours des mois précédents, l’indigence de son programme et de celui du PS en matière de santé, de droits humains et de lutte contre le sida. Nous avions par ailleurs dénoncé les engagements pris par lui ou son parti, désastreux en matière de santé, comme le maintien de la répression sur les sans-papiErEs, ou la pénalisation des clients de prostituéEs [1].

6 mai 2012 : pancarte brandie à Bastille

Bien sûr, le bilan calamiteux de François Hollande menace directement les responsables socialistes. Qui votera pour elles et eux aux prochaines élections ? Mais, si nous saurons au cours des prochains mois utiliser la menace électorale pour faire entendre à des personnes censées nous représenter ce qu’elles n’entendent pas autrement, nous nous soucions assez peu de l’avenir politique de ces gens. Car le bilan calamiteux a des conséquences bien plus graves et bien plus directes pour les personnes malades, handicapées et précaires. Et que François Hollande et sa majorité « socialiste » aient oublié cette évidence est une obscénité que nous ne sommes pas prêtEs d’accepter.

Act Up-Paris publiera lundi 6 mai une analyse des engagements, qui, parmi les 60 que François Hollande a pris, peuvent avoir un impact sur la lutte contre le sida.

 

Notes [1] Lire par exemple notre analyse du bilan du PS au pouvoir ou encore nos critiques après

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.